Sept Rondeaux nach französischen Gedichten von Charles d'Orléans

Song Cycle by Wilhelm Killmayer (1927 - 2017)

Word count: 431

1. La vraie histoire de douleur [sung text not yet checked]

Dedens mon Livre de Pensee, 
J'ay trouvé escripvant mon cueur 
La vraye histoire de douleur, 
De larmes toute enluminee, 
En deffassant la tresamee 
Ymage de plaisant doulceur, 
Dedens mon Livre de Pensee.

Helas ! ou l'a mon cueur trouvee ? 
Lez grossez gouttez de sueur 
Lui saillent, de peinne et labeur 
Qu'il y prent, et nuit et journee, 
Dedens mon livre de Pensee.

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  • ENG English [singable] (Gertrude Norman)

Modernized version:
Dedans mon Livre de Pensée, 
J'ai trouvé écrivant mon cœur 
La vraie histoire de douleur, 
De larmes toute enluminée,
En effaçant la très aimée 
Image de plaisant douceur, 
Dedans mon Livre de Pensée !
Hélas ! où l'a mon cœur trouvée ? 
Les grosses gouttes de sueur 
Lui saillent, de peine et labeur 
Qu'il y prend, de nuit et journée, 
Dedans mon Livre de Pensée !

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Les fourriers d'Esté sont venus [sung text not yet checked]

Les fourriers d'Este sont venus
Pour appareillier son logis,
Et ont fait tendre ses tappis,
De fleurs et verdure tissus.

En estandant tappis velus,
De vert herbe par le pais,
Les fourriers d'Este sont venus
Pour appareillier son logis.

Cueurs d'ennuy pieca morfondus,
Dieu mercy, sont sains et jolis ;
Alez vous en, prenez pais,
Yver, vous ne demourres plus ;
Les fourriers d'Este sont venus.

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Modernized version:
Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis,
Et ont fait tendre ses tapis,
De fleurs et verdure tissus.

En étendant tapis velus,
De vert herbe par le pays,
Les fourriers d'Eté sont venus
Pour appareiller son logis.

Cœurs d'ennui piéça morfondus,
Dieu merci, sont sains et jolis ;
Allez-vous-en, prenez pays,
Hiver, vous ne demeurez plus ;
Les fourriers d'Eté sont venus.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Le tourment caché [sung text not yet checked]

Plus penser que dire 
Me convient souvent,
Sans monstrer comment
N'à quoy mon cueur tire.

Faignant de soubzrire,
Quant suis tresdolent,
Plus penser que dire
Me convient souvent.

En toussant, souspire
Pour secretement 
Musser mon tourment. 
C'est privé martire,
Plus penser que dire.

Authorship

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Le temps a laissié son manteau [sung text not yet checked]

Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil [luisant]1 clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie".

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent d'orfèvrerie
Chacun s'habille de nouveau.

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1 Amiet: "riant"
The text above has been modernized. The original text is as follows:
Le temps a laissié son manteau
De vent de froidure et de pluye
Et s'est vestu de broderye,
De soleil raiant, cler et beau.

Il n'y a beste ne oisieau
Qui en son jargon ne chante ou crye.
Le temps a laissié son manteau,
De vent de froidure et de pluye.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolye
Goultes d'argent d'orfaverie
Chascun s'abille de nouveau.

Researcher for this text: Ted Perry

5. Dans la maison de Doleur [sung text not yet checked]

Dedens la maison de Douleur,
Où estoit trespiteuse dance,
Soussy, Vieillesse et Desplaisance
Je vy dancer comme par cueur. 

Le tabourin nommé Mal Eur 
Ne jouoit point par ordonnance,
Dedens la maison de Douleur,
Où estoit trespiteuse dance.

Puis chantoient chançons de Pleur,
Sans musicque ne accordance;
D'ennuy, comme ravy en trance,
M'endormy lors, pour le meilleur,
Dedens la maison de Douleur.

Authorship

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Les petits enfançonnets [sung text not yet checked]

Quant n'ont assez fait dodo
Ces petitz enfanchonnés 
Ilz portent soubz leurs bonnés
Visages plains de bobo.

C'est pitié s'ilz font jojo
Trop matin, les doulcinés, 
Quant n'ont assez fait dodo
Ces petitz enfanchonnés.

Mieux amassent à gogo
Gesir sur molz coissinés, 
Car ilz sont tant poupinés ! 
Helas ! c'est gnogno, gnogno
Quant n'ont assez fait dodo. 

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Confirmed with Poésies complètes de Charles D'Orléans : Revues sur les manuscrits avec préface, notes et glossaire par Charles d'Héricault, Tome II, Paris, Alphonse Lemerre, 1874, page 70.

Modernized version, as set by Frank Martin:

Quant n'ont assez fait dodo
Ces petits enfançonnets,
Ils portent sous leurs bonnets
Visages pleins de bobos.

C'est pitié s'ils font jojo
Trop matin, les doulcinets,
Quant n'ont assez fait dodo
Ces petits enfançonnets.

Mieux aimassent à gogo
Gésir sur mols coussinets,
Car ils sont tant poupinets!
Hélas! Quels gnogno, gnogno,
Quant n'ont assez fait dodo.

Researcher for this text: Tino Brütsch

8. Retour de Melancolie [sung text not yet checked]

En verray je jamais la fin 
De voz euvres, Merencolie ? 
Quant au soir de vous me deslie,
Vous me ratachez au matin.

J'amasse mieulx autre voisin
Que vous, qui si fort me guerrie.
En verray je jamais la fin 
De vos euvres, Merencolie? 

Vers moy venez en larrecin,
Et me robez Plaisance Lie ;
Suis je destiné, en ma vie, 
D'estre tousjours en tel hutin ? 
En verray je jamais la fin ?

Authorship

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]