Trois mélodies sur des poèmes de Théophile Gautier

Song Cycle by Anna François

Word count: 0

1. Paysage [sung text not yet checked]

    ...omnia plenis
    Rura natant fossis.
        --P. VIRGILUS MARO.

Pas une feuille qui bouge,
Pas un seul oiseau chantant ;
Au bord de l'horizon rouge
Un éclair intermittent ;

D'un côté, rares broussailles,
Sillons à demi noyés,
Pans grisâtres de murailles,
Saules noueux et ployés ;

De l'autre, un champ que termine
Un large fossé plein d'eau,
Une vieille qui chemine
Avec un pesant fardeau,

Et puis la route qui plonge
Dans le flanc des coteaux bleus,
Et comme un ruban s'allonge
En minces plis onduleux.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. La dernière feuille [sung text not yet checked]

Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu'une pauvre feuille oubliée,
Rien qu'une feuille et qu'un oiseau,

Il ne reste plus [dans]1 mon âme
Qu'un seul amour pour y chanter;
Mais le vent d'automne [qui]2 brame
Ne permet pas de l'écouter.

L'oiseau s'en va, la feuille tombe,
L'amour s'éteint, car c'est l'hiver.
Petit oiseau, viens sur ma tombe
Chanter, quand l'arbre sera vert.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "The last leaf", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
Text first published as "L'hiver" in the journal "Don Quichotte", April 30, 1837.
1 Chausson: "en"
2 Pedrell: "que"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Prière [sung text not yet checked]

Comme un ange gardien prenez-moi sous votre aile ;
Tendez, en souriant et daignant vous pencher,
À ma petite main votre main maternelle,
Pour soutenir mes pas et me faire marcher !

Car Jésus le doux maître, aux célestes tendresses,
Permettait aux enfants de s'approcher de lui ;
Comme un père indulgent il souffrait leurs caresses,
Et jouait avec eux sans témoigner d'ennui.

Ô vous qui ressemblez à ces tableaux d'église
Où l'on voit, sur fond d'or, l'auguste Charité
Préservant de la faim, préservant de la bise
Un groupe frais et blond dans sa robe abrité ;

Comme le nourrisson de la Mère divine,
Par pitié, laissez-moi monter sur vos genoux,
Moi pauvre jeune fille, isolée, orpheline,
Qui n'ai d'espoir qu'en Dieu, qui n'ai d'espoir qu'en vous !

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]