Soirées d'automne

by Auguste Charles Cœdès (1835 - 1884)

Word count: 765

1. L'absence - Romance [sung text not yet checked]

Reviens, reviens, ma bien-aimée !
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée,
Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs [tant de]1 distance ;
Tant d'espace entre nos baisers.
Ô sort amer! ô dure absence !
Ô grands désirs inapaisés !

D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
À lasser le pied des chevaux !

Au pays qui me prend ma belle,
Hélas! si je pouvais aller ;
Et si mon corps avait une aile
Comme mon âme pour voler !

Par-dessus [les]2 vertes collines,
Les montagnes au front d'azur,
Les champs rayés et les ravines,
J'irais d'un vol rapide et sûr.

Le corps ne suit pas la pensée;
Pour moi, mon âme, va tout droit,
Comme une colombe blessée,
[T'abattre]3 au rebord de son toit.

Descends dans sa gorge divine,
Blonde et fauve comme de l'or,
Douce comme un duvet d'hermine,
Sa gorge, mon royal trésor ;

Et dis, mon âme, à cette belle :
«[Tu sais bien qu'il compte les jours!]4
Ô ma colombe! à tire d'aile,
Retourne au nid de nos amours.»

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Absence"
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Assenza", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 283.

1 Berlioz: "quelle"
2 Bizet, David, Lavigne: "nos"
3 Berlioz, Pedrell: "S'abbatre"
4 Lavigne: appears as the last line of this verse.

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4. Carmen [sung text not yet checked]

Carmen est maigre, -- un trait de bistre
Cerne son œil de gitana ;
Ses cheveux sont d'un noir sinistre ;
Sa peau, le diable la tanna.

Les femmes disent qu'elle est laide,
Mais tous les hommes en sont fous :
Et l'archevêque de Tolède
Chante la messe à ses genoux ;

Car sur sa nuque d'ambre fauve
Se tord un énorme chignon
Qui, dénoué, fait dans l'alcôve
Une mante à son corps mignon,

Et, parmi sa pâleur, éclate
Une bouche aux rires vainqueurs,
Piment rouge, fleur écarlate,
Qui prend sa pourpre au sang des cœurs.

Ainsi faite, la moricaude
Bat les plus altières beautés,
Et de ses yeux la lueur chaude
Rend la flamme aux satiétés ;

Elle a, dans sa laideur piquante,
Un grain de sel de cette mer
D'où jaillit, nue et provocante,
L'âcre Vénus du gouffre amer.

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5. Dernier vœu [sung text not yet checked]

Voilà longtemps que je vous aime :
-- L'aveu remonte à dix-huit ans ! --
Vous êtes rose, je suis blême ;
J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri ;
J'aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l'horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !

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7. L'enfant Jésus [sung text not yet checked]

Le ciel est noir, la terre est blanche.
Cloches, carillonnez gaîment!
Jésus est né; la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
 
Pas de courtines festonnées
Pour préserver l'enfant du froid;
Rien que les toiles d'araignées
Qui Pendent des poutres du toit.
 
Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l'échauffer dans sa crèche
L'âne et le bœuf soufflent dessus.
 
La neige au chaume pend ses franges,
Mais sur le toit s'ouvre le Ciel,
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers: "Noël! Noël!"

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  • ENG English (David Wyatt) (Emily Wyatt) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

First published in the journal "Le Papillon" (January 10, 1861) under the title "Le Jésus des Neiges"; later published in 1863 in Émaux et Camées under the title "Noël"


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11. Plaintive tourterelle - Romance [sung text not yet checked]

Plaintive tourterelle,
Qui roucoule toujours,
Veux-tu prêter ton aile
Pour servir mes amours !

Comme toi, pauvre amante,
Bien loin de mon ramier,
Je pleure et me lamente
Sans pouvoir l'oublier.

Vole, et que ton pied rose
Sur l'arbre ou sur la tour
Jamais ne se repose,
Car je languis d'amour.

Évite, ô ma colombe,
La halte des palmiers
Et tous les toits où tombe
La neige des ramiers.

Va droit sur sa fenêtre,
Près du palais du roi ;
Donne-lui cette lettre
Et deux baisers pour moi.

Puis sur mon sein en flamme,
Qui ne peut s'apaiser,
Reviens, avec son âme,
Reviens te reposer.

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First published within the setting by Allyre Bureau.

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14. Tristesse [sung text not yet checked]

Avril est de retour,
La première des roses,
De ses lèvres mi-closes,
Rit au premier beau jour,
La terre bien heureuse
S'ouvre et s'épanouit ;
Tout aime, tout jouit.
Hélas ! j'ai dans le cœur une tristesse affreuse.

Les buveurs en gaîté, 
Dans leurs chansons vermeilles,
Célèbrent sous les treilles
Le vin et la beauté ;
La musique joyeuse,
Avec leur rire clair
S'éparpille dans l'air.
Hélas ! j'ai dans le cœur une tristesse affreuse.

En [déshabillés blancs]1
Les jeunes demoiselles
S'en vont sous les tonnelles
Au bras de leur [galants]2 ;
La lune langoureuse
Argente leurs baisers
Longuement appuyés,
Hélas ! j'ai dans le cœur une tristesse affreuse.

Moi, je n'aime plus rien,
Ni l'homme, ni la femme,
Ni mon corps, ni mon âme,
Pas même mon vieux chien.
Allez dire qu'on creuse,
Sous le pâle gazon
Une fosse sans nom.
Hélas ! j'ai dans le cœur une tristesse affreuse.

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  • ENG English (Peter Low) , "Sadness", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

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See also Albert Grimault's Angoisse !.

1 Fauré: "déshabillé blanc"
2 Fauré: "galant"

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