by Francis Jammes (1868 - 1938)
Son Souvenir emplit l'air si clair Matches original text
Language: French (Français)
Our translations: ENG
Son souvenir emplit l'air si clair que j'ai cru que l'ombre d'un oiseau me tombait sur la tête. Le tulipier d'un parc est d'un vert noir et cru. Une bonté sans nom emplit l'azur, du faîte des pignons enfumés au plus loin horizon. Dans la salon où elle vint, dans le salon où il y avait des lilas sombres comme la nuit, il y a maintenant des roses dans un verre et un bouton de magnolia que ma mère a posé sur le piano creux et verni. Cette fleur ne s'est pas encore épanouie, mais elle s'est gonflée comme pour éclater, et se soulève hors du vase, et l'on dirait qu'elle va s'envoler au milieu de l'Été. Je ferme ma croisée pour mieux enfermer l'ombre. Je songe. J'ai souffert. Je ne sais plus. Je songe. La pompe grince et mon chien dort sur le parquet. Quand donc viendra le jour où, poussant le loquet de la porte d'entrée qui rêve sous le cèdre, sa main fera jaillir sur les dalles usées tout ce que sa présence amène de lumière?
Composition:
- Set to music by Darius Milhaud (1892 - 1974), "Son Souvenir emplit l'air si clair", op. 355 no. 8 (1956), published 1957 [ baritone and piano ], from Tristesses, no. 8, Paris, Éd. Heugel
Text Authorship:
- by Francis Jammes (1868 - 1938), no title, appears in Clairières dans le ciel, in Tristesses, no. 7, first published 1906
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
This text was added to the website: 2014-07-12
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