Trois chants

Song Cycle by Luctor Ponse (1914 - 1998)

Word count: 312

1. Appareillage [sung text not yet checked]

Le flot clapote, un homme auprès de nous chantonne,
Des voiles passent comme un vol d'oiseux blessés.
O phare, ô port! Demain nous vous aurons laissés
Fuyant derrière nous
Sous la mer qui moutonne . . .

Vois déja près du môle, au soleil froid d'automne,
Notre vaisseau halé par les haleurs lassés.
Ils tirent pas à pas, et leurs chants cadencés
Font un thrène d'adieux lointain et monotone . . . 
Car tout déjà parle d'adieux!

Des matelots
Dans les vergues, bercés sur le péril des flots,
Hissent la voile avec un cri mélancolique;
Et triste comme les adieux, de toute part
Flotte dans l'air humide et le soleil oblique
Le vent qui gonflera nos voiles, au départ.

Authorship

Researcher for this text: Malcolm Wren [Guest Editor]

2. Reflets [sung text not yet checked]

Sous l'eau du songe qui s'élève 
Mon âme a peur, mon âme a peur. 
Et la lune luit dans mon cœur
Plongé dans les sources du rêve !

Sous l'ennui morne des roseaux.
Seul [les reflets profonds]1 des choses,
Des lys, des palmes et des roses
Pleurent encore au fond des eaux.

Les fleurs s'effeuillent une à une
Sur le reflet du firmament.
Pour descendre, éternellement
[Dans]2 l'eau du songe et dans la lune.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Bernard Miall) , first published 1915
  • ENG English (Korin Kormick) , "Reflections", copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Franziska Heinzen) , "Widerspiegelungen", copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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First published in the revue La Pléiade, June 1886, and later in Serres Chaudes, 1889.

1 Boulanger: "le reflet profond"
2 Boulanger: "Sous"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Guêpe [sung text not yet checked]

Un sourd bourdonnement de guêpe qui maraude
Par bonds légers se heurte à la vitre sonore
Diminue et s'arrête un peu, s'acharne encore,
Puis s'éloigne et, parmi l'ardent silence, rôde.

Le soleil sur les prés lumineux d’émeraude
Décline chauds rayons dont la chambre se dore ;
Toute la maison vibre ainsi qu'une mandore
De ce bruit qui sans fin la vrille et la taraude.

Et longtemps ce vol fou par toute la maison,
Comme une âme qui bat les murs de sa prison,
S'exaspère à l’écho lointain du corridor ;
Mais j'ouvre tout à coup la vitre au frais jardin,
Et la guêpe, en un bruit renflé qui meurt soudain,
S'échappe et monte au ciel, comme une bulle d'or!

Authorship

Research team for this text: Guy Laffaille [Guest Editor] , Malcolm Wren [Guest Editor]