Chansons d'Enfance et de Jeunesse

by Louis-Charles-Bonaventure-Alfred Bruneau (1857 - 1934)

Word count: 908

1. Pour endormir l'enfant [sung text not yet checked]

Ah ! si j'étais le cher petit enfant 
Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent, 
Gai comme un charme, 
Sans une larme, 
J'écouterais chanter l'heure et le vent… 
(Je dis cela pour le petit enfant).

Si je logeais dans ce mouvant berceau, 
Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau, 
Je serais sage 
Comme une image, 
Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau... 
(Je dis cela pour l'enfant du berceau).

Ah ! Si j'étais le blanc nourrisson, 
Pour qui je fais cette belle chanson, 
Tranquille à l'ombre, 
Comme au bois sombre, 
Je rêverais que j'entends le pinson… 
(Je dis cela pour le blanc nourrisson).

Ah ! si j'étais l'ami des blancs poussins 
Dormant entre eux, doux et vivants coussins 
Sans que je pleure, 
J'irais sur l'heure 
Faire chorus avec ces petits saints... 
(Je dis cela pour l'ami des poussins).

Si le cheval demandait à nous voir, 
Riant d'aller nager à l'abreuvoir, 
Fermant le gîte, 
Je crierais vite : 
« Demain l'enfant pourra vous recevoir !… » 
(Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir).

Si j'entendais les loups hurler dehors 
Bien défendu par les grands et les forts, 
Fier comme un homme 
Qui fait un somme, 
Je répondrais : « Passez, Messieurs, je dors !… » 
(Je dis cela pour les loups du dehors).

On n'entendit plus rien dans la maison, 
Ni le rouet, ni l'égale chanson ; 
La mère ardente, 
Fine et prudente, 
Fit l'endormie auprès de la cloison, 
Et suspendit tout bruit dans la maison.

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2. Aux nouveaux nés heureux [sung text not yet checked]

Petits enfants heureux, que vous savez de choses
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3. Selon Dieu [sung text not yet checked]

Mère, un cheval est à la porte
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4. L'enfant au miroir [sung text not yet checked]

Si j’étais assez grande, 
Je voudrais voir 
L’effet de ma guirlande 
Dans le miroir. 
En montant sur la chaise, 
Je l’atteindrais ; 
Mais sans aide et sans aise, 
Je tomberais. 

La dame plus heureuse, 
Sans faire un pas, 
Sans quitter sa causeuse, 
De haut en bas, 
Dans une glace claire, 
Comme au hasard, 
Pour apprendre à se plaire 
Jette un regard. 

Ah ! c’est bien incommode 
D’avoir huit ans ! 
Il faut suivre la mode 
Et perdre un temps !… 
Peut-on aimer la ville 
Et les salons ! 
On s’en va si tranquille
Dans les vallons ! 

Quand ma mère qui m’aime 
Et me défend, 
Et qui veille elle-même 
Sur son enfant, 
M’emporte où l’on respire 
Les fleurs et l’air, 
Si son enfant soupire, 
C’est un éclair ! 

Les ruisseaux des prairies 
Font des psychés 
Où, libres et fleuries, 
Les fronts penchés 
Dans l’eau qui se balance, 
Sans nous hausser, 
Nous allons en silence 
Nous voir passer. 

C’est frais dans le bois sombre, 
Et puis c’est beau 
De danser comme une ombre 
Au bord de l’eau ! 
Les enfants de mon âge, 
Courant toujours, 
Devraient tous au village 
Passer leurs jours !

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First published in Les anges de la famille, 1849 under the title "Les enfants et les miroirs", then in Poésies inédites, 1860, as "L'enfant au miroir".


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5. Ouvrez aux enfants [sung text not yet checked]

Les enfants sont venus vous demander des roses
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6. La vallée [sung text not yet checked]

Non ! je ne verrai plus de si belle vallée, 
Que celle où sur tes pas je descendis un jour ; 
Où l'eau, parmi les fleurs lentement écoulée, 
Trouve une eau qui la cherche et s'y joint sans retour. 
J'étais bien ! tout parlait à mon âme ravie. 
Ah ! les derniers rayons du jour et de la vie 
Répandront sur mes yeux leur mourante langueur, 
Avant que ce tableau s'efface de mon cœur.

Et, pourtant, ce n'est pas cette belle verdure, 
Ces ruisseaux murmurants sous les jeunes roseaux, 
Ni cette ombre des bois, cette ombre où la nature 
Mêlait son harmonie au doux chant des oiseaux ; 
Non, ce n'est pas du ciel la lumière enchantée, 
Ni l'onde éblouissante, où ma vue arrêtée 
Ne pouvait soutenir l'éclat d'un sable d'or, 
Qui fait en y rêvant que je tressaille encor : 
C'était toi, mon amour, mon avenir, mon âme ! 
C'était toi, qui m'aimais ; toi, qui semblais heureux ! 
C'était ton regard pur qui répandait sa flamme 
Sur notre plus beau jour réfléchi dans tes yeux. 
Le veux-tu ? retournons sous ces paisibles ombres, 
Loin d'un monde orageux, loin de nos cités sombres ; 
Viens ! cachés dans les fleurs, nos destins, nos amours, 
Comme les deux ruisseaux se confondront toujours !

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7. La Vie et la Mort du ramier [sung text not yet checked]

De la colombe au bois c'est le ramier fidèle
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8. L'image dans l'eau [sung text not yet checked]

Fontaine, fontaine,
Ton eau coûte cher!
Quand tu seras pleine
Du flot rare et clair
Que je te vins prendre
Un soir de l'été,
Pourrais-tu me rendre
Ce qu'il m'a coûté?

Fontaine attirante,
Sur ton frais miroir
Quand la lune errante
Passa pour te voir,
Qu'ai-je vu paraître
À ce doux flambeau?
Un rêve, peut-être;
Mais qu'il était beau!

Fontaine enchantée,
N'as-tu que pour moi
La force aimantée
Qui ramène à toi?
Ou bien, quel dommage!
Au fond de tes fleurs,
Retiens-tu l'image
Que troublent mes pleurs?

Fontaines railleuses
Qui troublez nos pas,
Aux voix curieuses
Dites-vous tout bas:
"La lune qui passe
Sur deux fronts élus,
Deux fois dans l'espace
Ne les revoit plus."

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9. Ma chambre [sung text not yet checked]

Ma demeure est haute
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10. La sincère [sung text not yet checked]

Veux-tu l'acheter ?
Mon cœur est à vendre.
Veux-tu l'acheter,
Sans nous disputer ?

Dieu l'a fait d'aimant ;
Tu le feras tendre ;
Dieu l'a fait d'aimant
Pour un seul amant !

Moi, j'en fais le prix ;
Veux-tu le connaître ?
Moi, j'en fais le prix ;
N'en sois pas surpris.

As-tu tout le tien ?
Donne ! et sois mon maître.
As-tu tout le tien,
Pour payer le mien ?

S'il n'est plus à toi,
Je n'ai qu'une envie ;
S'il n'est plus à toi,
Tout est dit pour moi.

Le mien glissera,
Fermé dans la vie ;
Le mien glissera,
Et Dieu seul l'aura !

Car, pour nos amours,
La vie est rapide ;
Car, pour nos amours,
Elle a peu de jours.

L'âme doit courir
Comme une eau limpide ;
L'âme doit courir,
Aimer ! et mourir.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Sergey Rybin) , "A confession", copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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