Chansons tendres du XIIème au XVIIIème siècle, remises au jour et harmonisées par E. Moullé

by Édouard Moullé (1845 - 1923)

Word count: 1188

1. Mignonne, allons voir si la rose [sung text not yet checked]

Subtitle: Chanson ancienne (16ème siècle)

  Mignonn', allon voir si la rose
Qui ce matin avoit declose
Sa robe de pourpr' au soleil,
A point perdu, cette vesprée,
Le plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

  Las, voyés comm' en peu d'espace,
Mignonn', ell' a dessus la place,
Las, las, ses beautés laissé cheoir!
Ô vrayement maratre nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

  Donc, si vous me croiés, mignonne:
Tandis que vostr' age fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillés, cueillés vostre jeunesse,
Comm' à cette fleur, la viellesse
Fera ternir vostre beauté.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Mignonne", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
Modernized version (used by Chaminade, Manduell, Wagner, and perhaps others):
Mignonne, allons voir si la rose,
Qui ce matin avait desclose
Sa robe de pourpre au soleil,
N'a point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a, dessus la place,
Las! Las! ses beautés laissé cheoir!
Ô vraiment marâtre nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

[Or donc, écoutez-moi,]1 Mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
[En]2 sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
[Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.]3
1 Chaminade, Manduell: "Donc, si vous m'en croyez" (So if you believe me)
2 Chaminade: "Dans"
3 Manduell: "Comme à ceste fleur la vieillesse/ Fera ternir vostre beauté."

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Lisette est faite pour Colin [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Lisette est fait pour Colin
Et Colin pour Lisette.
Il est volage, il est badin,
Elle est vive et coquette.
Colin tolère ses rivaux,
Lisette ses rivales.
Il prima parmi ses rivaux,
Elle, entre ses rivales.

Sans soupirer et sans languir
Ils amusent l'absence
Par les plaisirs du souvenir
Et ceux de l'espérance ;
Ou s'ils dissipent leur chagrin
Par quelqu' autre amourette,
Lisette revient à Colin
Et Colin à Lisette.

Lisette amuse mille amants,
Colin toutes les belles.
Tous deux en amour sont constants
Et tous deux infidèles.
Il est le plus beau du hameau,
Elle en est la plus belle.
Colin ressemble au franc moineau,
Lisette à l'hirondelle.

S'il naît quelque dispute entre eux,
C'est un léger orage,
Qui, bien loin de briser leurs nœuds,
Les serre davantage.
Quel tort pourraient ils se donner,
Également coupables ?
Ah ! pour ne pas se pardonner,
Tous deux sont trop aimables.

Les soupçons jaloux, les soupirs
Ne troublent point leurs chaînes ;
D'amour ils goûtent les plaisirs,
Sans en sentir les peines.
Amants, qui voulez vivre heureux,
Prenez les pour modèles ;
Et n'imitez plus dans vos feux
La triste tourterelle !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

8. Ma belle blonde au cœur si gent [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 15ème siècle

Ha ! belle blonde au corps si gent,
Perle du monde que j'aime tant,
D'une chose ai bien grand désir,
C'est un doux baiser vous tollir.
Oui, belle blonde au corps si gent,
Perle du monde que j'aime tant,
Si par fortune courrouceriez,
Cent fois pour une le vous rendrais volontiers,
Belle blonde au corps si gent,
Perle du monde que j'aime tant !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

12. Je rêvais l'autre jour [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Je rêvais l'autre jour
Qu'avec vous et l'amour
Je jouais sur l'herbette
A certain jeu Nanette
Où on va jusqu'à neuf 
En comptant tour à tour.
« Je te tiens, » dit ce Dieu,
Suivant la loi commune,
« De trois choses tu dois
Pour le moins en faire une.
Aime Nanette tendrement,
Aime moi sans partage,
Aime moi constamment,
Tout autre soumis à l'usage.
N'eut rempli qu'une de ces lois,
Pour moi volontiers je m'engage
A les accomplir toutes trois ! »

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

13. Les plaisirs du village [sung text not yet checked]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Je sens pour la jeune Lisette
 . . . . . . . . . .

— The rest of this text is not
currently in the database but will be
added as soon as we obtain it. —

Authorship

14. Si ung oeuvre parfait doit chacun contenter [sung text not yet checked]

Subtitle: Chanson ancienne 16ème siècle

Si un œuvre parfait doit chacun contenter,
Il ne faut qu'un seul jour voir ma mie et hanter ;
Car qui la verroit moins, perdroit un trop grand bien ;
Et qui la verroit plus, mourroit pour estre sien.

Authorship

Confirmed with Bibliothéque choisie des poètes françois jusqu'à Malherbe, Tome III, edited by Pierre René Auguis, Paris: Crapelet, 1824.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

15. Ardents soupirs [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 16ème siècle

Ardents soupirs, parcelles de mon âme,
Qui de mon deuil seuls la cause entendez,
Si vous voyez ma fin plaire à madame,
Volez au ciel et là-haut n'attendez,
Mais si son œil, comme vous prétendez,
De quelque espoir mous daigne secourir,
Tournez à moi, et l'esprit me rendez,
Je n'aurai plus volonté de mourir.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

16. Dans un bosquet près d'un hameau [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Dans un bosquet près d'un hameau,
Colin caressait Isabeau,
La jeune bergère,
D'une main sévère.
Le repoussait,
Le nommant téméraire,
Et lui jurait,
Qu'elle appellerait
Sa chienne, qui voyait cela, 
Croyant l'obliger, aboya.
La belle inquiète saisit sa boulette
Et l'en frappa
Maudissant l'indiscrète.
Jugez par là
Comme elle appela.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

17. Bacchus et Sylvie  [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Bacchus et Silvie
Ont partagé ma vie.
Bacchus et Silvie
M'occupaient tour à tour.
Mais à mon âge
On devient sage,
Et sans partage
Mon dernier jour
Doit se consacrer à l'amour.

18. Enfin la charmante Lisette [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Enfin la charmante Lisette,
Sensible à mon cruel tourment,
A bien voulu dessus l'herbette
M'accorder un heureux moment.

Pressé d'une charge si belle,
Tendre gazon, relevez-vous.
Il ne faut qu'une bagatelle
Pour alarmer mille jaloux.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

20. Tircis vous apprend des chansons [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Tircis vous apprend des chansons,
Où le cœur s'intéresse ;
On dit qu'il y joint des leçons
Qui parlent de tendresse.

Fuyez ce charme séducteur ;
C'est un plaisir funeste.
L'oreille est le chemin du cœur
Et le cœur l'est du reste.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

21. Hélas ! Qu'est-ce donc que je sens [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Hélas ! Qu'est ce donc que je sens !
Rêveuse, languissante en secret je soupire.
La raison sur mon cœur a perdu son empire,
Rien ne rend le calme à mes sens.

Je veux, je me repens,
J'espère, je désire
En proie à des troubles naissants
Je pleure et ne fais que redire.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

24. Chanson de Thibault [sung text not yet checked]

Las ! si j'avois pouvoir d'oublier
Sa beauté, sa beauté, son bien dire,
Et son très-doux, très-doux regarder,
  Finirois mon martyre :
Mais las ! mon cœur je n'en puis ôter,
  Et grand affolage1
  M'est d'espérer :
  Mais tel fervage
  Donne courage
  A tout endurer.
Et puis, comment, comment oublier
Sa beauté, sa beauté, son bien dire,
Et son très-doux, très-doux regarder ?
  Mieux aime mon martyre.

Authorship

Go to the single-text view

View original text (without footnotes)

Confirmed with Annales poétiques, ou Almanach des Muses, depuis l'origine de la Poésie Françoise, tome premier, Paris, Delalain, 1778, page 9.

1 Grand affolage, grande folie (a note from the source edition)

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

25. Dans un détour [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson ancienne 18ème siècle

Dans un détour,
Me promenant au bois un jour,
J'aperçus l'Amour
Assis au pied d'un tilleul,
Seul.
A l'aspect du trompeur
Je recule en tremblant de frayeur ;
Mais il a l'air si doux,
Qu'ai-je à craindre ? approchons, sauvons-nous !
O sort heureux !
Le traître fort, tout sert mes vœux ;
Ses yeux dangereux
Sont couverts d'un voile épais ...
Paix ...

Va, dieu malin.
Je me ris de ton air mutin,
Maudis ton destin !
Je suis pour prendre tes traits,
Prêt,
Vite, ne tardons pas,
Enchaînons Cupidon dans des lacs,
Et là, sur le gazon,
Prisonnier, qu'il demande pardon.
Mais qu'ai-je fait
S'il s'éveillait,
S'il s'échappait
Et s'il se vengeait ! ...
Dépêchons-nous, car il dort
Fort !

Le voilà pris,
Serrons le bien malgré ses cris,
En ses nœuds surpris
L'Amour s'éveille et se plaint,
Geint.
Amour, tyran des cœurs,
Reçois donc le prix de tes rigueurs !
Toi qu'on vit sans pitié,
Te voilà maintenant à mes pieds.
Je veux ici
A ma merci
Te voir ainsi
Rongé de souci,
En pleurs, mais je te tiens :
Viens !

Lors en émoi
L'Amour se prosterne vers moi
Et dit : « Votre loi,
Je veux la suivre en ami,
Oui !
Je le jure à genoux,
Il ne faut plus de guerre entre nous ! »
« Je suis bon, je te crois,
J'oublierai tous mes maux d'autrefois ;
Si désormais
Tu me promets
De vivre en paix
Sans être mauvais
Comme tu fus jusqu'ici ! »
« Oui ! »

Peut-on vraiment
Voir souffrir ce naïf enfant !
Ma main doucement
Délivre alors le captif,
Vif.
Il bondit tout à coup
Et s'étire en riant comme un fou.
Puis saisissant un dard
Le coquin, m'aveuglant d'un regard,
Vise mon sein,
Et de sa main
Vole soudain
Un fer assassin,
Qui m'avait frappé déjà.
Ah ! ...

Dieu, quel malheur !
Connais de nouveau la douleur,
O mon pauvre cœur !
Car l'Amour qui te meurtrit,
Rit !
Je me sens pénétrer
D'une ardeur ... et ne puis respirer ...
Quel est donc ce poison
Qui me trouble et détruit ma raison ?
Cruel Amour,
Tous tes discours
ne sont toujours
Que de faux détours,
Ainsi que toi tout amant
Ment !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler