Six mélodies sur des poèms Symbolistes

Song Cycle by Henri-Pierre Poupard (1901 - 1989), as Henri Sauguet

Word count: 802

1. Renouveau [sung text checked 1 time]

Le printemps maladif a chassé tristement 
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide, 
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne 
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau, 
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las, 
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve, 
Mordant la terre chaude où poussent les lilas, 

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève... 
-- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil 
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

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First published in Le Parnasse contemporain, May 12, 1866.


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2. Tristesse d'été [sung text checked 1 time]

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, 
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux 
Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, 
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. 

Dans ce blanc Flamboiement l'immuable accalmie 
T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux, 
«Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l'antique désert et les palmiers heureux!»

Mais ta chevelure est une rivière tiède, 
Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède 
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas! 

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières, 
Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas 
L'insensibilité de l'azur et des pierres.

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  • ENG English (Garrett Medlock) , "Summer's sadness", copyright © 2021, (re)printed on this website with kind permission

First published in Le Parnasse contemporain, June 30, 1866.


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3. Crépuscule de mi-juillet, huit heures [sung text checked 1 time]

Après un temps d'averse pas trop épaisse, 
l'eau d'un boueux verdâtre laisse aller du 
même train ses rides et ses moires. Il y a 
trois notes uniques et monotones dans 
l'espace, les siflets de la gare, les flûtis 
éveillés d'un merle dans les bas feuillages 
de la terrasse, et des clochettes de vaches 
qui passent. Tout le reste est masse 
immobile de côteaux, espace et ciel blafard.

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First published in La revue blanche, Volume 8, 1895.


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4. Clair de lune de novembre [sung text checked 1 time]

Voyez un clair de lune de Novembre dans 
le plein enchantement d'une brume fine 
immobile au dessus du fleuve large qu'on 
devine aux feux réfléchis et sa berge effacée 
d'une ligne de plusieurs lieues de collines 
avec leur feux mobiles. Et là-haut la lune 
comme la clef énigmatique de cet 
enchantement immobile, et qu'un souffle 
semble-t-il ferait redevenir cruel et cru.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "November moonlight", copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission

First published in La revue blanche, Volume 7, 1894.


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5. Le chat I [sung text checked 1 time]

                   I
Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux!

[ ... ]

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Kot", Prague, J. Otto, first published 1919
  • SPA Spanish (Español) (Juan Henríquez Concepción) , "El gato", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

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6. Le chat II [sung text checked 1 time]

[ ... ]

                   II
De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il dieu?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime,
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Kot", Prague, J. Otto, first published 1919
  • SPA Spanish (Español) (Juan Henríquez Concepción) , "El gato", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

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