Trois poèmes de Baudelaire

Song Cycle by Gérard Bertouille (1898 - 1981)

Word count: 0

1. Harmonie du soir [sung text not yet checked]

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
-- Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige ;
-- Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ;
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Harmonie večera"
  • ENG English (Peter Low) , "Evening harmony", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Evening Harmony", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Esti harmónia", written 1920
  • ROM Romanian (Română) (Alexandru I. Philippide) , "Armonie în amurg"
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "Armonía del atadecer", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 101-102. Note: this was number 43 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but 47 or 48 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. Le jet d'eau [sung text not yet checked]

Tes beaux yeux sont las, pauvre amante!
Reste longtemps, sans les rouvrir,
Dans cette pose nonchalante
Où t'a surprise le plaisir.
Dans la cour le jet d'eau qui jase
Et ne se tait ni nuit ni jour,
Entretient doucement l'extase
Où ce soir m'a plongé l'amour.
 
[  La gerbe épanouie
 En mille fleurs,
  Où Phoebé réjouie
 Met ses couleurs,
  Tombe comme une pluie
 De larges pleurs.]1
 
Ainsi ton âme qu'incendie
L'éclair brûlant des voluptés
S'élance, rapide et hardie,
Vers les vastes cieux enchantés.
Puis, elle s'épanche, mourante,
En un flot de triste langueur,
Qui par une invisible pente
Descend jusqu'au fond de mon coeur.
 
[  La gerbe épanouie
 En mille fleurs,
  Où Phoebé réjouie
 Met ses couleurs,
  Tombe comme une pluie
 De larges pleurs.]2
 
Ô toi, que la nuit rend si belle,
Qu'il m'est doux, penché vers tes seins,
D'écouter la plainte éternelle
Qui sanglote dans les bassins!
Lune, eau sonore, nuit bénie,
Arbres qui frissonnez autour,
Votre pure mélancolie
Est le miroir de mon amour.
 
[  La gerbe épanouie
 En mille fleurs,
  Où Phoebé réjouie
 Met ses couleurs,
  Tombe comme une pluie
 De larges pleurs. ]2

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Vodotrysk"
  • ENG English (Peter Low) , "The fountain", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Juan Henríquez Concepción) , "El chorro de agua", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Debussy:
 La gerbe d'eau qui berce
 Ses mille fleurs,
 Que la lune traverse
 De ses pâleurs,
 Tombe comme une averse
 De larges pleurs.
2 omitted by Debussy.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Obsession [sung text not yet checked]

Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.

Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.
 
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
 
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 178-179. Note: this was number 79 in the 1861 edition of Les Fleurs du mal but number 81 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]