Sept chansons érotiques

Song Cycle by Michel Decoust (b. 1936)

Word count: 1241

1. Les incertitudes de Psyche [sung text not yet checked]

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2. Le mot et la chose [sung text not yet checked]

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose

Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose

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Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

3. Aux creux des ailes repliées [sung text not yet checked]

Aux creux des ailes repliées
 . . . . . . . . . .

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4. Baise m'encor [sung text not yet checked]

Baise m'encor, rebaise moy & baise :
 Donne m'en un de tes plus sauoureus,
 Donne m'en un de tes plus amoureus :
 Ie t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal i'apaise.
 En t'en donnant dix autres doucereus.
 Ainsi meslans nos baisers tant heureus
 Iouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suiura.
 Chacun en soy & son ami viura.
 Permets m'Amour penser quelque folie :

Tousiours suis mal, viuant discrettement,
 Et ne me puis donner contentement,
 Si hors de moy ne fay quelque saillie.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 103.

Somewhat modernized spelling version:
Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus :
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de I'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. L'arbre  [sung text not yet checked]

Je me suis dévêtue pour monter à un arbre ; 
mes cuisses nues embrassaient l'écorce lisse et humide ; 
mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles 
et à l'ombre de la chaleur, 
je me suis mise à cheval sur une fourche écartée 
en balançant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d'eau tombaient et coulaient sur ma peau. 
Mes mains étaient tachées de mousse, 
et mes orteils étaient rouges, 
à cause des fleurs écrasées.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers ; 
alors je serrais mes jambes davantage 
et j'appliquais mes lèvres ouvertes 
sur la nuque chevelue d'un rameau.

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Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

6. L'amante macabre [sung text not yet checked]

Elle était toute nue assise au clavecin ;
Et tandis qu'au dehors hurlaient les vents farouches
Et que Minuit sonnait comme un vague tocsin,
Ses doigts cadavéreux voltigeaient sur les touches.

Une pâle veilleuse éclairait tristement
La chambre où se passait cette scène tragique,
Et parfois j'entendais un sourd gémissement
Se mêler aux accords de l'instrument magique.

Oh ! magique en effet ! Car il semblait parler
Avec les mille voix d'une immense harmonie,
Si large qu'on eût dit qu'elle devait couler
D'une mer musicale et pleine de génie.

Ma spectrale adorée, atteinte par la mort,
Jouait donc devant moi, livide et violette,
Et ses cheveux si longs, plus noirs que le remord,
Retombaient mollement sur son vivant squelette.

Osseuse nudité chaste dans sa maigreur !
Beauté de poitrinaire aussi triste qu'ardente !
Elle voulait jeter, cet ange de l'Horreur,
Un suprême sanglot dans un suprême andante.

Auprès d'elle une bière en acajou sculpté,
Boîte mince attendant une morte fluette,
Ouvrait sa gueule oblongue avec avidité
Et semblait l'appeler avec sa voix muette.

Sans doute, elle entendait cet appel ténébreux
Qui montait du cercueil digne d'un sanctuaire,
Puisqu'elle y répondit par un chant douloureux
Sinistre et résigné comme un oui mortuaire !

Elle chantait : « Je sors des bras de mon amant.
« Je l'ai presque tué sous mon baiser féroce ;
« Et toute bleue encor de son enlacement,
« J'accompagne mon râle avec un air atroce !

« Depuis longtemps, j'avais acheté mon cercueil :
« Enfin ! Avant une heure, il aura mon cadavre ;
« La Vie est un vaisseau dont le Mal est l'écueil,
« Et pour les torturés la Mort est un doux havre.

« Mon corps sec et chétif vivait de volupté :
« Maintenant, il en meurt, affreusement phtisique ;
« Mais, jusqu'au bout, mon cœur boira l'étrangeté
« Dans ces gouffres nommés Poésie et Musique.

« Vous que j'ai tant aimés, hommes, je vous maudis !
« À vous l'angoisse amère et le creusant marasme !
« Adieu, lit de luxure, Enfer et Paradis,
« Où toujours la souffrance assassinait mon spasme.

« Réjouis-toi, Cercueil, lit formidable et pur
« Au drap de velours noir taché de larmes blanches,
« Car tu vas posséder un cadavre si dur
« Qu'il se consumera sans engluer tes planches.

« Et toi, poète épris du Sombre et du Hideux,
« Râle et meurs ! Un ami te mettra dans la bière,
« Et sachant notre amour, nous couchera tous deux
« Dans le même sépulcre et sous la même pierre.

« Alors, de chauds désirs inconnus aux défunts
« Chatouilleront encor nos carcasses lascives,
« Et nous rapprocherons, grisés d'affreux parfums,
« Nos orbites sans yeux et nos dents sans gencives ! »

Et tandis que ce chant de la fatalité
Jetait sa mélodie horrible et captivante,
Le piano geignait avec tant d'âpreté,
Qu'en l'écoutant, Chopin eût frémi d'épouvante.

Et moi, sur mon lit, blême, écrasé de stupeur,
Mort vivant n'ayant plus que les yeux et l'ouïe,
Je voyais, j'entendais, hérissé par la Peur,
Sans pouvoir dire un mot à cette Ève inouïe.

Et quand son cœur sentit son dernier battement,
Elle vint se coucher dans les planches funèbres ;
Et la veilleuse alors s'éteignit brusquement,
Et je restai plongé dans de lourdes ténèbres.

Puis, envertiginé jusqu'à devenir fou,
Croyant voir des Satans qui gambadaient en cercle,
J'entendis un bruit mat suivi d'un hoquet mou :
Elle avait rendu l'âme en mettant son couvercle !

Et depuis, chaque nuit, -- ô cruel cauchemar ! --
Quand je grince d'horreur, plus désolé qu'Électre,
Dans l'ombre, je revois la morte au nez camard,
Qui m'envoie un baiser avec sa main de spectre.

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Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

7. Pensionnaires [sung text not yet checked]

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre
C'était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre,
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa sœur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises.
Et, rose, sourit avec innocence.

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