by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
Translation © by Pierre Mathé

Das Lied der Witwe
Language: German (Deutsch) 
Available translation(s): FRE
Am Anfang war mir das Leben gut.
Es hielt mich warm, es machte mir Mut
Daß es das allen Jungen tut,
wie konnt ich das damals wissen.
Ich wußte nicht, was das Leben war -,
auf einmal war es nur Jahr und Jahr,
nicht mehr gut, nicht mehr neu, nicht mehr wunderbar,
wie mitten entzwei gerissen.
 
Das war nicht Seine, nicht meine Schuld;
wir hatten beide nichts als Geduld,
aber der Tod hat keine.
Ich sah ihn kommen (wie schlecht er kam),
und ich schaute ihm zu wie er nahm und nahm:
es war ja gar nicht das Meine.
 
Was war denn das Meine; meines, mein?
War mir nicht selbst mein Elendsein
nur vom Schicksal geliehn?
Das Schicksal will nicht nur das Glück,
es will die Pein und das Schrein zurück
und es kauft für alt den Ruin.
 
Das Schicksal war da und erwarb für ein Nichts
jeden Ausdruck meines Gesichts
bis auf die Art zu gehn.
Das war ein täglicher Ausverkauf
und als ich leer war, gab es mich auf
und ließ mich offen stehn.

Confirmed with Das Buch der Bilder von Rainer Maria Rilke, Leipzig, Iminsel-Verlag, 1920, page 138.


Authorship:

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive):

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Pierre Mathé) , "La chanson de la veuve", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

This text was added to the website: 2012-06-10
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Word count: 176

La chanson de la veuve
Language: French (Français)  after the German (Deutsch) 
Au début la vie était bonne pour moi,
Elle me tenait chaud, elle rendait courageuse,
Ce qu'elle fait à tous les jeunes,
C'est ce que je croyais à cette époque.
Je ne savais pas ce qu'était la vie,
et tout à coup ce ne fut qu'une année après l'autre,
pas meilleure, pas plus différente, pas plus merveilleuse,
comme déchirée en deux par le milieu.

Ce n'était pas de sa faute ni de la mienne ;
nous n'avions tous deux rien d'autre que la patience,
mais la mort n'en avait pas.
Je la vis venir (comme elle vint avec méchanceté),
et je la regardais prendre et prendre :
certes, ce n'était pas à moi.

Mais alors, qui était le mien ; était mien, à moi?
N'avais-je en propre que ma misérable existence,
tout juste prêtée par le destin ?
Le destin, n'offre pas que le bonheur ;
il reçoit en retour la souffrance et les pleurs,
et il achète les ruines en seconde main.

Le destin était là, et il acquit pour rien
chaque expression de mon visage,
jusqu'à ma façon de marcher.
C'étaient des soldes quotidiens
et lorsque je fus vidée, il m'abandonna
et me laissa à découvert.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2016 by Pierre Mathé, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
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This text was added to the website: 2016-02-15
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