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Enterré vif

Word count: 2511

by Othmar Schoeck (1886 - 1957)

Original language: Lebendig begraben: 14 Gesänge nach der gleichnamigen Gedichtfolge von Gottfried Keller

1. Quel vacarme ! horrible éboulis

Language: French (Français) after the German (Deutsch)

Authorship

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2010 by Pierre Mathé, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.

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Quel vacarme ! horrible éboulis
De décombres et de terre, d'ossements putréfiés !
Je ne puis ni rire ni pleurer,
Et pourtant je me demande comment cela va finir !

Maintenant ça se calme. Ils s'en retournent à la maison
Et me laissent là, étendu sept pieds sous terre :
Alors imagination ! laisse voler tes aigles
Ils ne pourront jamais me balancer hors d'ici !

Il fait maintenant un temps merveilleux !
Dans un sombre tombeau ni pluie ni mouvement
Tandis que l'esprit se plait à divaguer comme un vers
Dans le bois du sapin - n'est-ce pas l'éternité ?

Les hommes sont une race de menteurs
Et à l'intérieur du tombeau ils ont menti,
Avec moi ils ont indignement berné la vraie pourriture
Malheur, attendez que le mensonge lui-même se venge !

Les menteurs sortent d'ici impunis,
Mais moi, hélas, le mensonge, je dois rester là
Pour que la mort déchaînée puisse se frotter à moi
Et goutte à goutte boire mes forces vitales !


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2. Alors je suis étendu ici, impuissant compagnon

Language: French (Français) after the German (Deutsch)

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Alors je suis étendu ici, impuissant compagnon,
Jeté dans le trou, comme un héros de pacotille,
Hurlant, sur la vague de l'indignation,
Une taupe aveugle dans un champ saccagé !

Eh bien je vais attendre ce qui doit venir,
Après tout, c'est ici une paisible demeure ;
Je ne sens plus mes membres, ils sont gelés,
Pourtant mon âme sereine brasille gaiment !

Si seulement j'avais une pensée éternelle
À laquelle on pourrait se frotter sans fin,
Alors je pourrais rester dans cette caisse exiguë
En rêvassant confortablement jusqu'au jour du Jugement.

Peut-être, qui sait, un volcan pourrait enfler
Jusqu'à une taille telle que sa puissance
Engloberait ce tombeau dans une explosion de flammes
Et mettrait en lumière une nouvelle voie pour ma vie.

Comme c'est étrange ! quand au-dessus de ma tête
La rosée du soir rafraîchit les fleurs étiolées
Je me demande si le prêtre en promenade croirait
Qu'en-dessous de lui éclatent des fulgurations ?

Que brillant dans la radiance de sa propre lumière
L'âme d'un homme pense là-dessous ?
Peut-être sont-ce là les tourments de la damnation  :
Briller secrètement, enseveli pour l'éternité.


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3. Ah ! qu'est-ce ?

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Ah ! qu'est-ce ? mes tendons se remettent à frétiller,
Mon sang se réveille et à nouveau coule comme une fontaine au printemps !
Mes membres dégelés s'étirent,
Et une jeune force vitale enfle ma poitrine.

Maintenant ça y est, maintenant ma misère s'évanouit !
Mes abattis grincent sous ma nuque
À tâtons je mesure les dimensions de ma chambre mortuaire
Et je mesure aussi mon horrible destin !

Arrête ô folie ! car je suis encore le maître
Et le resterai jusqu'au dernier souffle !
Alors rassemblez-vous , pauvres esprits vitaux,
Fidèles autour de ma bannière que je porte fièrement !

Alors ouvrez-vous, poings fermés et crispés,
Et pliez vous humblement sur la poitrine !
Même si la torture enserrait dix fois mon cœur,
Je resterais fermement conscient de moi-même.

De ce poste perdu par ceux qui souffrent sur terre
Je veux combattre, à la porte de l'enfer ;
Je veux goûter à l'amer calice de la souffrance.
Ô Humour, tends-moi le verre, consolateur de l'âme !


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4. Si je gisais dans le sable

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Si je gisais dans le sable, là où rodent les hyènes,
Comme j'attendrais la nuit submergé par le désespoir,
Jusqu'à ce que l'une d'elles, affamée, arrive
Et en hurlant me déterre de ce caveau disjoint !

Comme je lutterais infatigablement et joyeusement
Pour ma vie contre cet animal glouton !
Je me battrais dans le sable contre elle
Et je sais avec certitude que je la materais.

Et je balancerais le fauve sur le dos
Et, dans mon linceul, je bondirais comme un nouveau-né
Et rentrerais à la maison en chantant, et avec joie
Je flanquerais le déterreur de cadavre sur l'oreille du médecin !


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5. Écoute ! des voix et des cris

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Écoute ! des voix et des cris, pourtant à peine audibles ;
Cela sonne sourd et embrouillé, comme venant de loin,
Et je reconnais ce qui perturbe toutes les nuits
Le sommeil des morts, le silencieux cours des étoiles.

Le sacristain ivre qui arrive du cabaret,
S'assoit au clair de lune devant sa maison,
Braille un psaume ; mais à peine l'a-t-elle entendu
Que sa femme se précipite dehors et le prend par le bras,

Lui signifie de rentrer et le houspille furieusement,
Le gaillard infatigable chante d'une voix stridente ;
Ainsi se mêlaient doublement assortis et exercés
Ses miaulements de chats et ses aboiements à la lune.

Elle doit être tout près, car je peux l'entendre
Envahir mon vieux trou de tout repos ;
Voyons si l'on peut déranger la vermine :
Crie autant que tu peux, ô âme ensevelie !

La porte se ferme, - le vacarme a disparu,
Cela n'aurait servi à rien que je crie à en mourir !
De peur ils ont bouché leurs grandes oreilles
À ce cri de la vie venant des profondeurs.


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6. Quand finalement ils ont déposé là le cercueil

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Quand finalement ils ont déposé là le cercueil
Et pour la toute dernière fois ouvert le couvercle,
À cet instant j'ai vu
Que le soleil allait se coucher.

Éclairés par les rayons rouges du soir
Je vis encore une fois tous les visages,
Le bulbe du clocher la-haut dans le calme doré -
Juste un éclair et ils refermèrent.

Entre ouverture et fermeture, je vis aussi
La neige de mars qui entourait la tombe ;
Depuis lors le temps a dû se détériorer
Car l'humidité filtre dans ce léger coffre.

J'entends un craquement, comme lorsque la terre
Se libère lentement et doucement de la glace d'hiver ;
Aussi, moi le plus malheureux ami du printemps suis-je éveillé
Et ne peux pas bouger dans cette nuit noire !

Comme toute semence se raidit avec force,
Comme le jeune plant qui tend vers la chaude lumière,
Moi, prisonnier, j'étire mon corps
Mais c'est une cruelle et infructueuse perte de temps.

N'entend-on pas palpiter fortement vers le haut
Mon cœur si prêt à fleurir ici ?
On ne sait pas ce qui se passe là-dessous,
Et aucune baguette de sourcier n'indique ce sang.

Même si un vieux chercheur de trésor ou de source
Se glissait ici par hasard
Avec son bâton cherchant argent ou richesse
Il ne sentirait pas ma rouge et chaude petite source.


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7. Écoute : finalement ça vibre à travers mes planches !

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Écoute : finalement ça vibre à travers mes planches !
Quel bruit métallique enchanteur,
Quel est donc cet orage souterrain
Qui m'ébranle et me pénètre les oreilles ?

Il a brutalement interrompu mes plaintes apeurées,
J'écoutais en comptant, calme, presque sans espoir :
Onze -- douze -- c'est sûr,douze coups ont sonné,
C'était le clocher qui résonnait ainsi.

C'est la grosse cloche, l'enfant des airs
Qui sonne jusqu'au plus profond des fondations,
Se fraie un chemin à travers murs et cryptes
Et chante son chant dans mon tombeau abandonné.

Il est certain que maintenant les toit sont chaudement éclairés
Par le printemps ensoleillé, par le lumineux azur ;
Maintenant les volutes de fumée montent des cheminées,
Invitant les gens à rentrer de la verte campagne.

Cloche, pourquoi te moques-tu de moi dans mon tombeau,
Toi qui appelles à la salle à manger du Seigneur,
Me rappelant, sans y être prié, que j'ai faim
Et que je ne puis sortir pour le plus minable repas.


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8. Alors j'ai même mangé la rose

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Alors j'ai même mangé la rose
Qu'ils avaient mise dans ma main engourdie !
Que je pourrais un jour manger une rose,
Je ne l'aurais jamais cru de toute ma vie !

Je voudrais juste savoir si elle était rouge,
Ou bien si elle était blanche ?
Donne-nous, ô Seigneur, de ton pain quotidien,
Et si tu veux, épargne-nous le mauvais !


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9. Douze coups ont sonné -- pourquoi, est-ce midi ?

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Douze coups ont sonné -- pourquoi, est-ce midi ?
Peut-être voulaient-ils annoncer minuit,
Quand les étoiles sont la-haut dans le ciel :
Je ne sais pas et ne peux rien voir du tout !

Ah minuit ! Un lumineux rayon d'espoir !
Celui qui la nuit a déjà dévalisé de nombreuses tombes,
Le fossoyeur, va peut-être se glisser par-ici,
Et effrayé, me rendre aux vivants !

Pourtant quelle sorte de bijou chercherait-il ici ?
Il sait bien qu'il ne trouverait rien chez moi !
Maintenant un petit anneau d'or me sauverait,
Pourtant la seule chose gratuite est la mort !


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10. Oui, si seulement j'avais laissé une petite amoureuse

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Oui, si seulement j'avais laissé une petite amoureuse,
Qui viendrait avant l'aube se lamenter,
Sur mon frais oreiller se reposer,
Et avec une douce horreur percevoir mon appel !

Pourquoi n'ai-je pas dit à l'une d'elles
Qu'un amour naissant se levait en mon cœur ?
J'hésitais et je n'ai pas osé -
La maladie vint et cette folle bouffonnerie !

Si elle est seule et peut-être sans amour,
Si parfois ses yeux se baissent pensivement,
Alors, ô si elle savait qu'il y a un cœur
Qui bat sous la pelouse et qui pense à elle !


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11. Comme ce serait magnifique, sapin abattu

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Comme ce serait magnifique, sapin abattu,
Si tu t'élançais dans les bleus espaces du ciel
Tel un mince mât pavoisé
Devant les portes d'un port ensoleillé !

Et comme nous devions un jour être réunis
Je me suis appuyé sur toi dans ma soute vacillante :
Toi partant de la Forêt Noire, moi du Rhin,
Camarades, nous avons pris le large.

Et si le navire se brise en mille morceaux
Et si toi, brisé, tu tombes par-dessus bord,
Je t'agripperais d'un main de fer :
Ainsi nous nagerions tous deux jusqu'au bout du monde.

Le mieux serait que tu restes debout, haut et libre
Dans la sapinière, la tête emplie des chants d'oiseaux,
Et moi je baguenauderais devant toi,
Allant à ma guise, au pied de la verte montagne !


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12. Le premier sapin que j'ai vu

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Le premier sapin que j'ai vu
Était un arbre de Noël dans la lumière des bougies ;
Je vois encore devant moi, charmante et brillante,
Cette verte merveille dans la pièce illuminée.

J'étais alors chaque jour parmi les premiers levés
Pour dérober naïvement la décoration de leurs branches ;
Mais lorsque je cassai le dernier fruit sucré,
Il en fut de même de mes croyances aux merveilles.

Mais ensuite, quand pour la première fois au printemps
Je me suis perdu dans une forêt de résineux,
Je vagabondais parmi les hautes futaies silencieuses,
Jusqu'à ce que le bois s'éclaircisse :

Ô joie ! Quand à l'insu de tous
Je jouai dans une plantation d'arbres de Noël,
Le léger souffle de leurs cimes sur mes cheveux
Me rafraîchissant le crâne.

Un petit géant dans une petite sapinière,
Cela me réjouit de voir où poussent les arbres de Noël ;
J'empoignai un tout petit sapin
Et le courbai vigoureusement jusqu'à mes pieds.

Et au-dessus de moi il n'y avait que le bleu de l'espace
Pourtant lorsque je me blottis tout contre la terre,
Je vis en-dessous, à travers la lisière de petits troncs étroits
Comment la terre et la mer se balançaient dans l'air argenté.

Alors que j'étais ainsi allongé  un bruyant tourbillon s'approcha
Et un courant d'air m'ébouriffa.
Venant des hauteurs un busard plongeait à la verticale
Et me claquait un coup d'aile dans les oreilles.

Tandis qu'il planait tout près au-dessus de ma tête
Ses yeux jetaient des éclairs pareils à de noires gemmes
Près de la fine bordure externe de ses ailes,
Je vis luire le soleil à travers ses rémiges.

Son ombre reposait sur mon visage
Et rafraîchissait mes joues enflammées -
Je me demande quel prince indien au sang chaud
On pourrait abriter avec une telle ombrelle ?

Alors que j'étais ainsi allongé, apparut soudain tout près
Comme un lézard au regard curieux,
Il me regardait dans les yeux, perché sur une branche,
Comme un enfant regarde le courant sur un pont branlant.

Je n'ai jamais plus vu pareil aimable regard,
Si vif, fixe, aigu et étincelant ;
Il était vert clair, je voyais son haleine sortir
De sa délicate poitrine, pâle comme une rose en fleur.

Peut-être mes yeux bleus l'attiraient-ils ?
Il se laissa tomber de la branche sur mon front,
Descendit de quelques pas jusqu'à mon cou
Pour me l'entourer du fin collier de ses pattes

Je me tenais sans bouger et sentais la douce pression
De son léger pouls battre sur mon cou ;
Ce fut le seul et plus joli bijou
Que j'ai jamais porté de ma vie !

J'étais autrefois un petit panthéiste
Et je dormais béatement sous les arbrisseaux ;
Mais je n'avais jamais pressenti en ce temps là
Que ces petits troncs deviendraient de telles planches !


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13. Le plus beau sapin que j'ai vu

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Le plus beau sapin que j'ai vu
Était un arbre de la liberté de soixante aunes
À un concours de tir, des faveurs violette à la cime,
De son tronc coulait une onde claire.

Quatre tuyaux déversaient la source vive
Dans une vasque ronde de granite sculpté ;
Les tireurs hâlés se pressaient à cet endroit
Et agitaient leurs gobelets d'argent.

À l'évidence le flot de personnes enflait,
De tous les coins retentissaient des chœurs d'homme,
Du dôme céleste coulait la braise du soleil de juillet
Brillant comme l'honneur de ma patrie.

Au sein de la foule, là-bas au bord du bassin,
Je chantais fort avec un adolescent de quinze ans ;
Face à moi, il y avait près de la fontaine
Une séduisante fille de langue romanche.

Elle venait de la dernière vallée des Grisons,
Des fleurs de rhododendron ornaient sa tresse noire
Et elle remplissait le gobelet du vainqueur de son père.
Ses yeux y luisaient comme l'étoile d'une nuit d'été.

Avec un calme naturel et enfantin, elle laissait
La source claire déborder du gobelet,
En y regardant le reflet du soleil,
Jusqu'à ce qu'il lui plaise de le vider entièrement.

Puis me remarquant, elle jeta joyeusement
Dans la fontaine une des fleurs de ses cheveux,
Agita l'eau pour y provoquer des vaguelettes
Jusqu'à ce que j'attrape avec bonheur ce salut fleuri.

C'est là que je ressentis le juvénile plaisir de liberté,
Que germa en mon cœur l'amour du pays ;
Cela soufflait et balançait dans ma poitrine d'enfant,
Comme une tempête de printemps dans les grands sapins.


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14. Et ça sonne encore, d'abord le quart, puis douze coups !

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Et ça sonne encore, d'abord le quart, puis douze coups !
Que Dieu me vienne en aide, c'est juste un petit quart d'heure
Qui s'est écoulé depuis que j'ai pu à nouveau bouger !
J'avais rêvé que déjà plusieurs jours étaient passés !

Cependant je suis libre, le mal s'est détourné.
Celui qui projette ses rayons dans tout l'univers
A aussi libéré le temps et l'espace dans ce sépulcre -
Je suis isolé et néanmoins pas seul !

Je suis séparé de mes âpres souffrances
Et comme une mer dont je veux me séparer
Je laisse gronder mon sang bouillant et brûlant
Et je me tiens sur la rive comme un homme courageux.

Alors grondez maintenant, vagues infidèles
J'ai bien assez longtemps navigué avec vous !
Je chante plus fort que vous, comme un passeur sur la plage
Et vous échange pour un bon pays.

Je vois déjà le temps étincelant s'écouler dans le temps,
Se perdre dans des horizons sans limites
Paysage, sommets de montagnes, trains de nuages :
L'éternité le temps d'une inspiration !

Le dernier souffle un océan de vie qui ondule
Où les pensées fuyantes s'échappent de moi !
Pars, ô moi-même ! Éphémère idole,
Qui que tu sois, adieu, bon voyage !


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