Quatre Poèmes de Ronsard

Song Cycle by Florent Schmitt (1870 - 1958)

Word count: 380

1. Si... [sung text checked 1 time]

Si mille oeillets, si mille lys j'embrasse,
Entortillant mes bras tout alentour,
Plus fort qu'un cep, qui d'un amoureux tour
La branche aimée, en mille plis enlace :

Si le souci ne jaunit plus ma face,
Si le plaisir fait en moi son séjour,
Si j'aime mieux les Ombres que le jour,
Songe divin, ce bien vient de ta grâce.

En te suivant je volerais aux cieux :
Mais ce portrait qui nage dans mes yeux,
Fraude toujours ma joie interrompue.

Et tu me fuis au milieu de mon bien,
Comme un éclair qui se finit en rien,
Ou comme au vent s'évanouit la nue.

The text shown is a variant of another text.
It is based on

Go to the single-text view

Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

2. Privilèges [sung text checked 1 time]

Les épis sont à Cérès,
Aux [Dieux bouquins]1 les forêts,
À Chlore l'herbe nouvelle,
À Phoebus le vert laurier,
À Minerve l'olivier,
Et le beau pin à Cybèle ;
Au Zéphires le doux bruit,
À Pomone le doux fruit,
L'onde aux Nymphes est sacrée,
À Flore les belles fleurs ;
Mais les soucis et les pleurs
Sont sacrés à Cythèrée.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "Attributes", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English ((Edward) Robert Bulwer-Lytton) , "Les espices sont a Ceres"
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Schmitt: "chèvre-pieds"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Ses deux yeux [sung text checked 1 time]

Ses doux yeux bruns, deux flambeaux de ma vie,
Dessus les miens répandant leur clarté,
Ont esclavé ma jeune liberté
Pour la damner, en prison asservie.

Pas ses yeux bruns ma raison fut ravie,
Et quelque part qu'Amour m'ait arrêté,
Je ne sus voir ailleurs d'autre beauté,
Tant ils sont seuls mon bien et mon envie.

D'autre éperon mon maître ne me point,
Autres pensers en moi ne logent point,
D'un autre feu ma Muse ne s'enflamme ;
Ma main ne sait cultiver autre nom,
Et mon papier de nulle ne s'émaille, sinon,
De leurs beautés que je sens dedans l'âme.

The text shown is a variant of another text.
It is based on

Go to the single-text view

Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

4. Le soir qu'Amour [sung text checked 1 time]

Le soir qu'Amour vous fit en la salle descendre
Pour danser d'artifice un beau ballet d'amour,
Vos yeux, bien qu'il fût nuit, ramenèrent le jour,
Tant ils surent d'éclairs par la place répandre.

Le ballet fut divin, qui se soulait reprendre,
Se rompre, se refaire et, tour dessus retour,
Se mêler, s'écarter, se tourner à l'entour,
Contre-imitant le cours du fleuve de Méandre.

Ores il était rond, ores long, or' étroit,
Or en pointe, en triangle, en la façon qu'on voit
L'escadron de la grue évitant la froidure.

Je faux, tu ne dansais, mais ton pied voletait
Sur le haut de la terre; aussi ton corps s'était
Transformé pour ce soir en divine nature.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "The night that Eros in the Ballet Room", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: LaDonna Manternach