Obsessions

Song Cycle by Gordon Kerry (b. 1961)

Word count: 0

1. La musique [sung text not yet checked]

La musique [parfois]1 me prend comme une mer !
	Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un [pur]2 éther,
	Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et [gonflant mes poumons
	De toile pesante,
Je monte et je descends sur le dos des grands monts
	D'eau retentissante ;]3

Je sens vibrer en moi toutes les passions
	D'un vaisseau qui souffre
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

	Sur l'immense gouffre
Me [bercent, et parfois le calme, -- grand]4 miroir
	De mon désespoir !

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

View original text (without footnotes)

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 174-175. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 158-159. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 192. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 76 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 69 or 71 in subsequent editions.

1 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "souvent"
2 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "vaste"
3 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "les poumons gonflés / Comme de la toile, / J'escalade le dos des flots amoncelés / Que la nuit me voile ;"
4 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "bercent. D'autres fois, calme plat, grand"

Researcher for this text: Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. Le parfum [sung text not yet checked]

Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une église,
Ou d'un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

Authorship

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Obsession [sung text not yet checked]

Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.

Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.
 
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
 
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 178-179. Note: this was number 79 in the 1861 edition of Les Fleurs du mal but number 81 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

4. Les plaintes d'un Icare [sung text not yet checked]

Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.

C'est grâce aux astres nonpareils,
Qui tout au fond du ciel flamboient,
Que mes yeux consumés ne voient
Que des souvenirs de soleils.

En vain j'ai voulu de l'espace
Trouver la fin et le milieu ;
Sous je ne sais quel œil de feu
Je sens mon aile qui se casse ;

Et brûlé par l'amour du beau,
Je n'aurai pas l'honneur sublime
De donner mon nom à l'abîme
Qui me servira de tombeau.

Authorship

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Le Parnasse contemporain : receuil de vers nouveaux, premier receuil, [Paris?]: Alphonse Lemerre, 1866, pages 79-80.

First published by Alphonse Lemerre in Le Parnasse contemporain : receuil de vers nouveaux, premier receuil, 1866; also appears under Spleen et Idéal as number 103 in the 1868 edition of Les Fleurs du mal.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]