Deux poèmes de Rimbaud et deux poèmes d'Apollinaire

Song Cycle by Jean Rivier (1896 - 1987)

Word count: 452

1. Larme [sung text not yet checked]

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Je buvais, accroupi dans quelque bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Par un brouillard d'après-midi tiède et vert.

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.
Que tirais-je à la gourde de colocase ?
Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.

Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge.
Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.
Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,
Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

L'eau des bois se perdait sur des sables vierges,
Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares...
Or ! tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages,
Dire que je n'ai pas eu souci de boire !

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2. Tête de faune [sung text not yet checked]

Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
dans la feuillée incertaine et fleurie
de fleurs splendides où le baiser dort,
vif et crevant l'exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux 
el mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux
sa lèvre éclate en rires sous les branches. 

Et quand il a fui -- tel qu'un écureuil --
son rire tremble encore à chaque feuille, 
et l'on voit épeuré par un bouvreuil
le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.

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3. Les colchiques [sung text not yet checked]

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

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4. Le Pont Mirabeau [sung text not yet checked]

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
  Et nos amours
 Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.
  Vienne la nuit sonne l'heure
  Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
  Tandis que sous
 Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
  Vienne la nuite sonne l'heure
  Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
  L'amour s'en va
 Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
  Vienne la nuit sonne l'heure
  Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
  Ni temps passé
 Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
  Vienne la nuit sonne l'heure
  Les jours s'en vont je demeure

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "A Mirabeau híd", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Mirabeau hídja", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Mirabeau híd", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

First published in the revue Les Soirées de Paris, no. 1, February 1912.


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