Poèmes lyriques, 2ème livre

by Auguste Guéroult (1836 - 1911)

Word count: 1948

1. Nuit de Mai [sung text not yet checked]

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LE POÈTE
 S'il ne te faut, ma sœur chérie,
 Qu'un baiser d'une lèvre amie 
 Et qu'une larme de mes yeux, 
 Je te les donnerai sans peine ; 
 De nos amours qu'il te souvienne, 
 Si tu remontes dans les cieux. 
 Je ne chante ni l'espérance, 
 Ni la gloire, ni le bonheur, 
 Hélas ! pas même la souffrance. 
 La bouche garde le silence 
 Pour écouter parler le cœur.

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Authorship

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First published in Revue des Deux Mondes, June 15, 1835.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Idylle [sung text checked 1 time]

Il est un vallon paré 
De rose bruyère,
Un frais vallon parfumé 
De verte fougère.
Dans cet aimable séjour
Je veux errer tout le jour
Et rêver à mon amour
Discret et sincère.

Il est un gentil ruisseau, 
Chanson des prairies,
Qui coule sous le fluteau
Les menthes fleuries.
Il caresse les roseaux
Courbés sous leurs doux fardeaux.
Au murmure de ses eaux
Je pense à ma mie.

Il est un charmant berceau
Là, sous la ramée,
Où la liane à l'ormeau
S'est vite enlacée.
Ce nid propice aux heureux
Sous le seul regard des cieux
Entendra nos doux aveux,
O ma bien aimée !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

3. Parfois, lorsque tout dort [sung text not yet checked]

Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie
Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie ;
J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit ;
Et l'heure vainement me frappe de son aile
Quand je contemple, ému, cette fête éternelle
Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit.

Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme 
Dans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme ;
Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné ;
Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne,
Le roi mystérieux de la pompe nocturne ;
Que le ciel pour moi seul s'était illuminé !

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Tak někdy, vše když spí…", Prague, first published 1877

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Adieu [sung text not yet checked]

Adieu ! je crois qu'en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t'appelle et m'oublie ;
En te perdant je sens que je t'aimais.

Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
Je sais respecter l'avenir.
Vienne la voile qui t'emmène,
En souriant je la verrai partir.

Tu t'en vas pleine d'espérance,
Avec orgueil tu reviendras ;
Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve
Et t'enivrer d'un plaisir dangereux ;
Sur ton chemin l'étoile qui se lève
Longtemps encor éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d'un coeur qui nous comprend,
Le bien qu'on trouve à le connaître,
Et ce qu'on souffre en le perdant.

Authorship

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First published in Revue des Deux Mondes, January 1, 1843.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]