Au Jardin de l'Infante

by Marguerite Canal (1890 - 1978)

Word count: 866

1. Mon âme est une Infante [sung text not yet checked]

Mon Âme est une infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

[ ... ]

Rien n'émeut d'un frisson l'eau pâle de ses yeux,
Où s'est assis l'Esprit voilé des Villes mortes ;
Et par les salles, où sans bruit tournent les portes,
Elle va, s'enchantant de mots mystérieux.

L'eau vaine des jets d'eau là-bas tombe en cascade,
Et, pâle à la croisée, une tulipe aux doigts,
Elle est là, reflétée aux miroirs d'autrefois,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

Mon Âme est une infante en robe de parade.

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2. Lentement, doucement [sung text not yet checked]

Lentement, doucement, de peur qu’elle se brise,
Prendre une âme ; écouter ses plus secrets aveux,
En silence, comme on caresse des cheveux ;
Atteindre à la douceur fluide de la brise ;

Dans l’ombre, un soir d’orage, où la chair s’électrise,
Promener des doigts d’or sur le clavier nerveux ;
Baisser l’éclat des voix ; calmer l’ardeur des feux ;
Exalter la couleur rose à la couleur grise ;

Essayer des accords de mots mystérieux
Doux comme le baiser de la paupière aux yeux ;
Faire ondoyer des chairs d’or pâle dans les brumes ;

Et, dans l’âme que gonfle un immense soupir
Laisser, en s’en allant, comme le souvenir
D’un grand cygne de neige aux longues, longues plumes.

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3. J'ai rêvé d'un jardin primitif [sung text not yet checked]

J'ai rêvé d'un jardin primitif, où des Ames 
Cueillaient le trèfle d'or en robes de candeur; 
Où des souffles d'azur, veloutés de tiédeur, 
Berçaientdes fleurs d'argent,sveltes comme des femmes. 

A l'ombre, au bord des eaux, sous des arbres légers. 
Les mystiques Amants rêvaient leur solitude; 
Et tout était extase, et joie, et plénitude, 
Et las agneaux de Dieu paissaient dans les vergers. 

L'Amour sanctifié, sans hâtes et sans fièvres, 
Buvait à l'urne exquise et profonde des lèvres, 
O songe d'un désir parfumé par le ciel! 

Et j'étais lu, debout parmi les marjolaines, 
Virginal, et l'archet des blanches cantilènes 
A mes doigts efiilés d'ange immatériel.

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4. Les gondoles sont là [sung text not yet checked]

[ ... ]

Les gondoles sont là, fragiles et cambrées
Sur l'eau dormeuse et sourde aux enlacis mourants,
Les gondoles qui font, de roses encombrées,
Pleurer leurs rames d'or sur les flots odorants.

Les nefs d'amour, avec leurs velours de simarres,
Captives en tourment, se meurent sur les eaux...
Oh ! quels doigts fins viendront dénouer les amarres,
Un soir, parmi la chevelure des roseaux ?

[ ... ]

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