Six poésies de Paul Verlaine

Song Cycle by Paul Bonneau (1918 - 1995)

Word count: 660

1. Green [sung text not yet checked]

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright ©
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Green", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

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2. J'ai peur d'un baiser [sung text not yet checked]

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J'ai peur d'un baiser!

Pourtant j'aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate,
Aux longs traits pâlis.
Oh! que j'aime Kate!

C'est Saint-Valentin!
Je dois et je n'ose
Lui dire au matin...
La terrible chose
Que Saint-Valentin!

Elle m'est promise,
Fort heureusement!
Mais quelle entreprise
Que d'être un amant
Près d'une promise!

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J'ai peur d'un baiser!

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3. En sourdine [sung text not yet checked]

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

[Fondons]1 nos âmes, nos cœurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme tes yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton cœur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient, à tes pieds, rider
Les ondes des gazons roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

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  • CAT Catalan (Català) (Anna Brull Piñol) , "Calms, dins el capvespre", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Emily Ezust) , "Muted", copyright ©
  • ENG English (Laura Claycomb) (Peter Grunberg) , "Muted", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Elaine Marie Ortiz-Arandes) (Julie Nezami-Tavi) , copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Gedämpften Tons", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission
  • GRE Greek (Ελληνικά) [singable] (Christakis Poumbouris) , "Απαλή αγάπη", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Pablo Sabat) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission

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1 Fauré: "Mêlons"

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4. Chevaux de bois [sung text not yet checked]

Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours,
Tournez, tournez au son des hautbois.

Le gros soldat, la plus grosse bonne
Sont sur vos dos comme dans leur chambre ;
Car, en ce jour, au bois de la Cambre,
Les maîtres sont tous deux en personne.

Tournez, tournez, chevaux de leur cœur,
Tandis qu'autour de tous vos tournois
Clignote l'œil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur.

C'est ravissant comme ça vous soûle
D'aller ainsi dans ce cirque bête !
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.

Tournez, tournez, sans qu'il soit besoin
D'user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds,
Tournez, tournez, sans espoir de foin

Et dépêchez, chevaux de leur âme :
Déjà voici que la nuit qui tombe
Va réunir pigeon et colombe,
Loin de la foire et loin de madame.

Tournez, tournez ! le ciel en velours
D'astres en or se vêt lentement.
Voici partir l'amante et l'amant.
Tournez au son joyeux des tambours !

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5. Nevermore [sung text not yet checked]

Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
"Quel fut ton plus beau jour?" fit sa voix d'or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

-- Ah! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées !
Et qu'il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !

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  • ENG English (Laura L. Nagle) , "Nevermore", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Nevermore", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

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6. Dansons la gigue [sung text not yet checked]

   Dansons la gigue!

 J'aimais surtout ses jolis yeux
 Plus clairs que l'étoile des cieux,
 J'aimais ses yeux malicieux.

   Dansons la gigue!

 Elle avait des façons vraiment
 De désoler un pauvre amant,
 Que c'en était vraiment charmant!

   Dansons la gigue!

 Mais je trouve encore meilleur
 Le baiser de sa bouche en fleur
 Depuis qu'elle est morte à mon coeur.

   Dansons la gigue!

 Je me souviens, je me souviens
 Des heures et des entretiens,
 Et c'est le meilleur de mes biens.

   Dansons la gigue!

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