Quatre Mélodies

Song Cycle by Pierre (Onfroy) de Bréville (1861 - 1949)

Word count: 322

1. Les deux enfants de Roi [sung text not yet checked]

Il était deux enfants de roi
Que séparaient des eaux profondes,
Et rien là-bas, qu’un pont de bois,
Là-bas, très loin, au bout du monde.

Ils s’aimèrent, — sait-on pourquoi ?
Parce que l’eau coulait profonde,
Et qu’il était, le pont de bois,
Si loin, là-bas, au bout du monde.

Authorship

Confirmed with Les Blés Mouvants par Émile Verhaeren, Paris, Georges Crès et Cie, 1912, page 130.


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2. L'heure mystique [sung text not yet checked]

Tout se tait ; plus rien qu'un murmure. 
Ce soir, debout dans les grands blés, 
j'entends s'écouter la Nature. 
Quelle heure vient de s'envoler?... 
Tout se tait ; plus que ce murmure. 

Quelle heure, du clocher lointain, 
vient mourir au creux de ma main, 
contre mon oreille attentive ? 
ou revivre en mon cœur aimant, 
doucement, dans ses battements ? 

Plus rien, la terre est une église. 
L'hostie de la lune s'est levée. 
Les blés murmurent un ave 
que renvoie au clocher la brise, 
émue et large et envolée 

des grands blés même agenouillés.

Authorship

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3. Cœur ardent [sung text not yet checked]

Vents, dénouez mes longs cheveux
Et brûlez-en mes amoureux.

Mouillez mes mains, fraîche rosée,
Et qu’aussitôt mille désirs
Se rassemblent pour les saisir
Quand je les tends de ma croisée.

Pluie aimante, lavez mes yeux
Pour qu’ils soient clairs comme l’audace
Et que les bourgs par où je passe
Sentent flamber mon cœur en feu.

Et vous, soleil, dorez ma tête,
Dorez mes seins, et tout mon corps
À l’heure où l’amant le plus fort
Courbe ma chair sous sa conquête.

Vents, dénouez mes longs cheveux
Et brûlez-en mes amoureux.

Authorship

Confirmed with Les Blés Mouvants par Émile Verhaeren, Paris, Georges Crès et Cie, 1912, pages 137-138.


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4. J'allais dans la campagne [sung text not yet checked]

J'allais dans la campagne avec le vent d'orage,
Sous le pâle matin, sous les nuages bas;
Un corbeau ténébreux escortait mon voyage,
Et dans les flaques d'eau retentissaient mes pas.

La foudre à l'horizon faisait courir sa flamme
Et l'Aquilon doublait ses longs gémissements;
Mais la tempête était trop faible pour mon âme,
Qui couvrait le tonnerre avec ses battements.

De la dépouille d'or du frêne et de l'érable
L'Automne composait son éclatant butin,
Et le corbeau toujours, d'un vol inexorable,
M'accompagnait sans rien changer à mon destin.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Bertram Kottmann) , "Romantic air", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Linda Godry) , "Romantic song", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Romantische Weise", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Linda Godry) , "Romantische Weise", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

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