Feuillets de guerre chantés (1914-1918), Receuil no. 2

by Jacques Pillois (1877 - 1935), as Jacques Desky

Word count: 311

1. Les trois chansons de Rosève, I [sung text checked 1 time]

Subtitle: Esquisse pour Rosève drame lyrique

Depuis le début du printemps,
Celui que j'aime, je l'attends 
A l'ombre des rameaux chantants.

On dit que toujours il voyage,
Et que parfois dans ce bocage
Luit son œil oblique et sauvage.

Aux étreintes accoutumé,
De fleurs lascives, parfumé
Il m'aime, je crois mon aimé,

Et si, près de l'orme ou du hêtre
Je n'ai pas encor vu paraître
Ses deux cornes, c'est que, peut-être,

Tantôt là-haut, tantôt là-bas,
Portant la fourche de ses pas
Il me cherche où je ne suis [pas.]1

Authorship

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1 Pillois: "pas, / Il me cherche sans me connaître."

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2. Les trois chansons de Rosève, II [sung text checked 1 time]

Subtitle: Esquisse pour Rosève drame lyrique

Souvent, par les midis d'été, 
Je m'endors au creux d'une roche. 
Le chèvre-pied de moi s'approche. 
Il [se penche]1 avec volupté. 

Sur mes yeux clos, ma bouche close. 
Errent ses regards caressants ; 
Et son haleine, je la sens 
Passer sur moi comme une rose. 

Il me parle. La voix qu'il a 
Semble un murmure de feuillage. 
Je crois qu'à le suivre il m'engage ; 
Et je m'éveille : il n'est plus là. 

Authorship

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1 Pillois: "s'incline"

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3. Les trois chansons de Rosève, III [sung text checked 1 time]

Subtitle: Esquisse pour Rosève drame lyrique

Toujours, [en]1 ces bois, j'eus le même songe, 
Et ce fut toujours le même mensonge. 

L'odeur évoquant un parfum de fleur, 
C'était d'une rose en effet l'odeur. 

La voix qui semblait un bruit de ramure, 
D'un arbre en effet c'était le murmure. 

L'aigipan lascif, l'aigipan cornu, 
Mon amant divin n'est jamais venu.

Authorship

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1 Pillois: "dans"

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4. Poème [sung text checked 1 time]

Moi qui suis l'Amour, mon cœur est trop brûlant !
Même si je ne fais que passer dans les âmes,
Toute la vie suffit pas à fermer la blessure que j'y laisse.
Je passe, mais la trace de mon pas reste éternellement.

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5. Le portrait [sung text checked 1 time]

L'amour n'est plus, mais ton portrait,
C'est sur mon cœur que je le garde !
De mes jours, les meilleurs doux et pâle reflet
Mon âme s'éjouit lorsque je le regarde.

C'est encor lui que je contemple,
Même en brûlant de nouveaux feux,
Un temple abandonné n'en est pas moins un temple.
Une idole brisée est à jamais un Dieu.

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