by Charles Baudelaire (1821 - 1867)

À une passante
Language: French (Français) 
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

[Un éclair... puis la nuit !]1 -- Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait [soudainement]1 renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

[Ailleurs,]1 bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
[Car]1 j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

R. Piacentini sets stanzas 3-4

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Confirmed with Les Fleurs du mal, Tableaux parisiens, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 216-217. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Tableaux parisiens, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 270. Note: this was number 93 in the 1861 edition of Les Fleurs du mal but number 117 in subsequent editions.

First published October 15, 1860 in L'Artiste.

1 omitted by Piacentini

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

This text was added to the website: 2008-11-24
Line count: 14
Word count: 115