by Johann Wolfgang von Goethe (1749 - 1832)
Translation by Gérard Labrunie (1808 - 1855), as Gérard de Nerval

Herbei, herbei! Herein, herein!
Language: German (Deutsch) 
Available translation(s): ITA
(Großer Vorhof des Palasts. Fackeln.)

Mephistopheles
 (Als Aufsehrer voran)
 Herbei, herbei! Herein, herein!
 Ihr schlotternden Lemuren,
 Aus Bändern, Sehnen und Gebein
 Geflickte Halbnaturen.
 
Lemuren
 (Im Chor)
 Wir treten dir sogleich zur Hand,
 Und wie wir halb vernommen,
 Es gilt wohl gar ein weites Land,
 Das sollen wir bekommen.
 Gespitzte Pfähle, die sind da,
 Die Kette lang zum Messen;
 Warum an uns den Ruf geschah,
 Das haben wir vergessen.
 
Mephistopheles:
 Hier gilt kein künstlerisch Bemühn;
 Verfahret nur nach eignen Maßen!
 Der Längste lege längelang sich hin,
 Ihr andern lüftet ringsumher den Rasen;
 Wie man's für unsre Väter tat,
 Vertieft ein längliches Quadrat!
 Aus dem Palast ins enge Haus,
 So dumm läuft es am Ende doch hinaus.

Lemuren:
 (Mit neckischen Gebärden grabend)
 Wie jung ich war und lebt' und liebt',
 Mich deucht, das war wohl süße;
 Wo's fröhlich klang und lustig ging,
 Da rührten sich meine Füße.
 Nun hat das tückische Alter mich
 Mit seiner Krücke getroffen;
 Ich stolpert' über Grabes Tür,
 Warum stand sie just offen!

Faust:
 (Aus dem Palaste tretend, tastet an den Türpfosten)
 Wie das Geklirr der Spaten mich ergötzt!
 Es ist die Menge, die mir frönet,
 Die Erde mit sich selbst versöhnet,
 Den Wellen ihre Grenze setzt,
 Das Meer mit strengem Band umzieht.

Mephistopheles:
 (beiseite)
 Du bist doch nur für uns bemüht
 Mit deinen Dämmen, deinen Buhnen;
 Denn du bereitest schon Neptunen,
 Dem Wasserteufel, großen Schmaus.
 In jeder Art seid ihr verloren; -
 Die Elemente sind mit uns verschworen,
 Und auf Vernichtung läuft's hinaus.

Faust:
 Aufseher!

Mephistopheles:
 Hier!

Faust:
 Wie es auch möglich sei,
 Arbeiter schaffe Meng' auf Menge,
 Ermuntere durch Genuß und Strenge,
 Bezahle, locke, presse bei!
 Mit jedem Tage will ich Nachricht haben,
 Wie sich verlängt der unternommene Graben.

Mephistopheles:
 (halblaut)
 Man spricht, wie man mir Nachricht gab,
 Von keinem Graben, doch vom Grab.

Faust:
 Ein Sumpf zieht am Gebirge hin,
 Verpestet alles schon Errungene;
 Den faulen Pfuhl auch abzuziehn,
 Das Letzte wär' das Höchsterrungene.
 Eröffn' ich Räume vielen Millionen,
 Nicht sicher zwar, doch tätig-frei zu wohnen.
 Grün das Gefilde, fruchtbar; Mensch und Herde
 Sogleich behaglich auf der neusten Erde,
 Gleich angesiedelt an des Hügels Kraft,
 Den aufgewälzt kühn-emsige Völkerschaft.
 Im Innern hier ein paradiesisch Land,
 Da rase draußen Flut bis auf zum Rand,
 Und wie sie nascht, gewaltsam einzuschießen,
 Gemeindrang eilt, die Lücke zu verschließen.
 Ja! diesem Sinne bin ich ganz ergeben,
 Das ist der Weisheit letzter Schluß:
 Nur der verdient sich Freiheit wie das Leben,
 Der täglich sie erobern muß.
 Und so verbringt, umrungen von Gefahr,
 Hier Kindheit, Mann und Greis sein tüchtig Jahr.
 Solch ein Gewimmel möcht' ich sehn,
 Auf freiem Grund mit freiem Volke stehn.
 Zum Augenblicke dürft' ich sagen:
 Verweile doch, du bist so schön!
 Es kann die Spur von meinen Erdetagen
 Nicht in äonen untergehn. -
 Im Vorgefühl von solchem hohen Glück
 Genieß' ich jetzt den höchsten Augenblick.
 
(Faust sinkt zurück, die Lemuren fassen ihn auf und legen ihn auf den Boden
 
Mephistopheles:
 Ihn sättigt keine Lust, ihm gnügt kein Glück,
 So buhlt er fort nach wechselnden Gestalten;
 Den letzten, schlechten, leeren Augenblick,
 Der Arme wünscht ihn festzuhalten.
 Der mir so kräftig widerstand,
 Die Zeit wird Herr, der Greis hier liegt im Sand.
 Die Uhr steht still --

Chor
 Steht still! Sie schweigt wie Mitternacht.
 Der Zeiger fällt.

Mephistopheles:
 Er fällt, es ist vollbracht.

Chor:
 Es ist vorbei.

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Authorship

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Researcher for this text: Ferdinando Albeggiani

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La mort de Faust
Language: French (Français)  after the German (Deutsch) 
Grand vestibule du palais. -- Des flambeaux.

MÉPHISTOPHÉLÈS,
comme gardien, en tête.
Venez, venez ! entrez, entrez !
Lémures paresseuses,
Formées de fibres, de veines et d'os
Rajustés et ranimés à demi.

LÉMURES,
en chœur.
Nous voilà prêtes à l'instant ;
Car, d'après ce que nous avons appris,
Il s'agit d'une vaste contrée
Que nous devons occuper.
Les pieux pointus sont prêts,
Et la chaîne aussi, pour mesurer.
Quant à la cause de ton invocation,
C'est ce que nous avons oublié.

MÉPHISTOPHÉLÈS.
Une s'agit pas ici de travaux artificiels ;
procédez d'après les règles ordinaires.
Le plus grand s'y couchera de toute sa grandeur ;
vous autres, vous creuserez le gazon autour de lui.
Comme on l'a fait à nos pères,
faites une excavation oblongue et carrée ;
hors du palais, une maison étroite ;
c'est là la fin imbécile de tout le monde.

LÉMURES,
creusant avec des gestes moqueurs.
Oh ! que j'étais jeune ! je vivais, j'aimais.
Et c'était si doux, ce me semble !
Partout où des sons joyeux frappaient mes oreilles.
Mes pieds se remuaient d'eux-mêmes.
Voilà que la vieillesse sournoise
M'a frappé de ses béquilles ;
J'ai bronché à travers la porte de la tombe.
Pourquoi aussi la porte était-elle justement ouverte ?

FAUST.
sortant du palais en tâtonnant aux piliers de la porte.
Comme le cliquetis des pelles me réjouit ;
c'est la foule qui me flatte,
qui réconcilie la terre avec elle-même,
qui met des bornes aux vagues
et qui entoure la mer d'une sorte de chaîne.

MÉPHISTOPHÉLÈS.
à part.
Tu ne travailles que pour nous
avec tes digues et tes bords ;
car tu apprêtes par là un grand repas
au démon de la mer, à Neptune.
Tu es perdu dans tous les cas.
Les éléments ont pactisé avec nous,
et le tout n'aboutit qu'à la destruction.

FAUST.
Gardien !

MÉPHISTOPHÉLÈS.
Me voici.

FAUST.
Travailleur, travaille de ton mieux.
Encourage-les par la jouissance et la sévérité ;
paye, leurre ; pousse-les.
Je veux, chaque jour,
avoir des nouvelles du fossé
et des progrès qu'il fait par la longueur.

MÉPHISTOPHÉLÈS.
à demi-voix.
On parle, à ce que j'ai appris,
non d'un fossé, mais d'une fosse,

FAUST.
Un marais se traîne le long des montagnes
et infecte tout ce que nous avons acquis jusqu'à présent.
Dessécher ce marais méphitique,
ce serait le couronnement de nos travaux.
J'offrirais de vastes plaines à des millions d'hommes
pour qu'ils y vivent librement, sinon sûrement.
Voici des champs verdoyants et fertiles ;
hommes et troupeaux se reposent à leur aise sur la nouvelle terre,
attachés par la ferme puissance des collines
qu'ils élèvent par leurs travaux ardents.
Un paradis sur terre !
Que dehors les flots bruissent jusqu'aux bords :
à mesure qu'ils les lèchent pour faire une voie,
nous nous empressons de remplir nous-mêmes la brèche.
Oui, je m'abandonne à la foi de cette parole,
qui est la dernière fin de la sagesse.
Celui-là seul est digne de la liberté comme de la vie,
qui, tous les jours, se dévoue à les conquérir,
et y emploie, sans se soucier du danger, d'abord son ardeur d'enfance,
puis sa sagesse d'homme et de vieillard.
Puissé-je jouir du spectacle d'une activité semblable
et vivre avec un peuple libre sur une terre de liberté !
À un tel moment, je pourrais dire :
» Reste encore ! tu es si beau ! «
La trace de mes jours terrestres
ne pourrait plus s'envoler dans le temps...
Dans le pressentiment d'une telle félicité,
je jouis maintenant du plus beau moment de ma vie.

Faust tombe, les lémures le saisissent et le placent dans le tombeau.

MÉPHISTOPHÉLÈS.
Aucune joie ne le rassasie, aucun bonheur ne lui suffit.
Il s'élance ainsi toujours après des images qui changent.
Le dernier instant, si vide et si méprisable qu'il fût,
le malheureux eût voulu le saisir et l'arrêter.
Le temps est resté le maître.
Le vieillard gît là sur le sable.
L'heure s'arrête...

LE CHŒUR.
Elle s'arrête ; elle se tait comme minuit.
L'aiguille tombe.

MÉPHISTOPHÉLÈS.
Elle tombe ! Tout est accompli.

LE CHŒUR.
Tout est passé !

Authorship

Based on

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Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

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