by Conrad Ferdinand Meyer (1825 - 1898)
Translation © by Pierre Mathé

Lethe
Language: German (Deutsch) 
Available translation(s): FRE
Jüngst im Traume sah ich auf den Fluten
Einen Nachen ohne Ruder ziehn.
Strom und Himmel stand in matten Gluten
Wie bei Tages Nahen oder Fliehn.

Saßen Knaben drin mit Lotoskränzen,
Mädchen beugten über Bord sich schlank,
Kreisend durch die Reihe sah ich glänzen
Eine Schale, draus ein jedes trank.

Jetzt erscholl ein Lied voll süßer Wehmut,
Das die Schar der Kranzgenossen sang -
Ich erkannte deines Nackens Demut,
Deine Stimme, die den Chor durchdrang.

In die Welle taucht' ich. Bis zum Marke
Schaudert' ich, wie seltsam kühl sie war.
Ich erreicht' die leise zieh'nde Barke,
Drängte mich in die geweihte Schar.

Und die Reihe war an dir zu trinken,
Und die volle Schale hobest du,
Sprachst zu mir mit trautem Augenwinken:
"Herz, ich trinke dir Vergessen zu!"

Dir entriß in trotz'gem Liebesdrange
Ich die Schale, warf sie in die Flut,
Sie versank, und siehe, deine Wange
Färbte sich mit einem Schein von Blut.


Flehend küßt' ich dich in wildem Harme,
Die den bleichen Mund mir willig bot,
Da zerrannst du lächelnd mir im Arme
Und ich wußt' es wieder - du bist tot.

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)

Available translations, adaptations, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Pierre Mathé) , title 1: "Léthé", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission


Researcher for this text: Harry Joelson

This text was added to the website: 2007-07-03
Line count: 28
Word count: 184

Léthé
Language: French (Français)  after the German (Deutsch) 
Je vis récemment en rêve sur les flots
Passer une nacelle sans rame.
Il y avait sur le fleuve et au ciel une lueur opaline
Comme à l'approche ou à la fuite du jour

Des enfants couronnés de lotus s'y tenaient,
De sveltes jeunes filles se penchaient sur son bord,
Je voyais miroiter une coupe qui circulait
Dans leurs rangs et où chacun buvait.

Soudain retentit un chant empli d'une douce nostalgie
Que chantait ce groupe de personnes couronnées --
Je reconnus la prostration de ta nuque,
Ta voix qui pénétrait le chœur.

Je plongeai dans l'onde. Saisi jusqu'à la moelle,
Je frissonnai, tant elle était étrangement froide.
J'atteignis la barque qui passait  sans bruit
Et me poussai dans l'assemblée bénite.

Et ce fut ton tour de boire,
Et tu soulevas la coupe pleine,
Et du coin de l'œil, tu t'adressas à moi :
« Cœur, je bois à ton oubli ! »

Dans un élan d'amour obstiné je t'arrachai
La coupe et la jetai dans les flots,
Elle coula et je vis tes joues
Prendre une couleur aux reflets de sang.

Implorant, éperdu de douleur, je t'embrassai,
À l'invite de la bouche blême consentante,
Alors en souriant tu t'évanouis dans mes bras
Et je le sus à nouveau -- tu es morte.

Authorship

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2011 by Pierre Mathé, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
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Based on

 

This text was added to the website: 2011-10-10
Line count: 28
Word count: 211