Dix poèmes pour chant et piano

by Philippe Gaubert (1879 - 1941)

Word count: 554

1. La cloche fêlée [sung text not yet checked]

Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, 
D'écouter près du feu qui palpite et qui fume 
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux 
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, 
Jette fidèlement son cri religieux, 
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis 
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits, 
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie 
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts, 
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Corinne Orde) , "The cracked bell", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "The Broken Bell", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Terese Robinson, née Therese Langenbach) , "Die zersprungene Glocke", first published 1925

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 136-137.

First published 1851-04-09 in Le Messager de l'Assemblée under the title "Le Spleen"; also appears published June 1855 in Revue des Deux Mondes under the title "La Cloche". The title "La Cloche fêlée" is used in all editions of Les Fleurs du mal.


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2. Parfum exotique [sung text not yet checked]

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, 
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, 
Je vois se dérouler des rivages heureux 
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone :

Une île paresseuse où la nature donne 
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, 
Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne. 

Guidé par ton odeur vers de charmants climats, 
Je vois un port rempli de voiles et de mâts 
Encor tout fatigués par la vague marine, 

Pendant que le parfum des verts tamariniers, 
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, 
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Cizokrajná vůně"
  • ENG English (Emily Wyatt) , "Exotic perfume", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Exotic Perfume", appears in The Flowers of Evil, first published 1909
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Varázsos illat", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Exotikus illat"

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 54-55.


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3. Notre chaumière en Yveline [sung text not yet checked]

Chaumière, vos parures sont marguerites, roses:
à vos pieds ces blancheurs, et sur vous ces couleurs.
Chaumière, la nature est bonne à quelque chose:
elle abrite os coeurs dans un bouquet de fleurs.
Chaumière, cela dure autant que le bonheur.

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  • ENG English (Laura Prichard) , "Our cottage in Yveline", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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4. Voici les plus doux soirs [sung text not yet checked]

Voici les plus doux soirs que l'on donne à l'amour
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Authorship

5. Hallali [sung text not yet checked]

Va ! les derniers sons du cor
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6. L'abreuvoir de Vélizy [sung text not yet checked]

C'est la grâce de Vélizy
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Authorship

7. Le regard éternel [sung text not yet checked]

Cette nuit, j'ai rêvé que mon amie était morte.
Mon amie était morte, couchée dans le tombeau.

Moi, aussi, j'étais mort, et j'étais là, près d'elle.
Alors, j'ai rêvé que nous nous regardions.

Mon amie était morte, j'étais couché près d'elle.
Cette nuit, j'ai rêvé que je vivais enfin !

Couché dans le tombeau, ses yeux tout près des miens, 
cette nuit, j'ai rêvé que nous nous regardions,

que nous nous regardions d'un regard éternel,
que nous nous regardions, que nous nous regardions...

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8. Le cœur blessé [sung text not yet checked]

Venez, beau cœur blessé, sur ce cœur qui vous aime, 
Et que votre sanglot s'apaise dans le sien, 
Car dans toute douleur chacun souffre de même : 
Le mal le plus récent vaut le plus ancien. 

Venez, cher cœur blessé, reposer votre plainte 
Sur ce cœur qui jadis connut votre tourment 
Et qui retrouve en vous, avec sa flamme éteinte. 
L'ardeur dont il brûla si douloureusement. 

Venez. La nuit farouche est faite de silence. 
Voici l'acier du glaive et le fer de la lance ; 
Le coup qui vous transperce autrefois m'a percé ; 

Écoutons votre sang à mon sang qui se mêle, 
Goutte à goutte, couler dans un même passé 
Où le caillot s'avive à la pourpre nouvelle. 

Authorship

Confirmed with Henri de Régnier, Vestigia Flammæ, Paris, Mercure de France, 1921, page 193.


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9. Va-t'on songer à l'Automne [sung text not yet checked]

Va-t-on songer à l’Automne,
À l’Aquilon détesté,
Quand la lumière environne
La vie et le fier Été !

De l’arbre au profond feuillage,
Des parterres du jardin,
La brise tire un langage
D’allégresse et de dédain.

Authorship

Confirmed with Jean Moréas, Les Stances, Paris, Société du Mercure de France, 1905, page 197.


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10. Coupez le myrte blanc [sung text not yet checked]

Coupez le myrte blanc aux bocages d’Athènes,
    À Nîmes le jasmin ;
À Lille et dans Paris, que les roses hautaines
    Tombent sous votre main,
Aux Martigues d’azur allez cueillir encore
    La flore des étangs,
Pour former la couronne, amis, qui me décore
    Et me garde du temps.

Authorship

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Confirmed with Jean Moréas, Les Stances, Paris, Société du Mercure de France, 1905, pages 143-144.


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