Sept mélodies de mer et d'amour

by Guillemette Marrannes (b. 1954)

Word count: 712

1. Parfum exotique [sung text not yet checked]

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, 
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, 
Je vois se dérouler des rivages heureux 
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone :

Une île paresseuse où la nature donne 
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, 
Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne. 

Guidé par ton odeur vers de charmants climats, 
Je vois un port rempli de voiles et de mâts 
Encor tout fatigués par la vague marine, 

Pendant que le parfum des verts tamariniers, 
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, 
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Authorship

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Cizokrajná vůně"
  • ENG English (Emily Wyatt) , "Exotic perfume", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Exotic Perfume", appears in The Flowers of Evil, first published 1909
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Varázsos illat", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Exotikus illat"

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 54-55.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. Tristesses de la lune [sung text not yet checked]

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse,
Avant de s'endormir, le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues [pâmoisons]1,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.

Authorship

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Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 172-173. Note: this was number 75 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 65 or 67 in subsequent editions.

1 misspelled in 1857 edition as "pamoisons"

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3. À une dame Créole [sung text not yet checked]

Au pays parfumé que le soleil caresse,
[J'ai vu sous un grand dais de tamarins ambrés,]1 2
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse,
A dans le col des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant, comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille, et ses yeux assurés.

Si vous alliez, madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine, ou de la verte Loire,
— Belle digne d'orner les antiques manoirs. —

Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le cœur des poëtes,
Que vos [beaux]3 yeux rendraient plus [rampants]4 que vos Noirs.

Authorship

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Confirmed with L'Artiste: Revue de Paris, Beaux-arts et belles-lettres, Paris: Bureaux de la Revue, 1845, page 60. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 128-129. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 142-143. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 183. Punctuation and capitalization follows 1845 edition. Note: this was number 54 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 61 or 63 in subsequent editions.

First published May 25, 1845 as "À une Créole" in L'Artiste, Revue de Paris. The title "À une dame Créole" is used in all editions of Les Fleurs du mal. Modern French spelling conventions would change the spelling of "poëte" used in line 16 of the 1845, 1861, and 1868 editions to "poète".

1 1857 edition: "J'ai connu sous un dais d'arbres verts et dorés"
2 1861 and 1868 editions: "J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés"
3 1857, 1861, and 1868 editions: "grands"
4 1857, 1861, and 1868 editions: "soumis"

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4. Le chat [sung text not yet checked]

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
	Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
	Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
	Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
	De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit; son regard,
	Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

	Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
	Nagent autour de son corps brun.

Authorship

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Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 79-80. Note: this was number 33 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but 34 or 35 in subsequent editions.


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5. La mort des amants [sung text not yet checked]

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir [plein]1 de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et [bientôt]2 un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "The death of the lovers", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "The Death of the Lovers", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Stefan George) , "Der Tod der Liebenden", appears in Die Blumen des Bösen, in Der Tod, Berlin: Bondi, first published 1901
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La morte degli amanti", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Śmierć Kochanków", Kraków, first published 1911
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "La muerte de los amantes", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 243-244. Note: this was number 98 in the first edition of Les Fleurs du mal but number 121 or 146 in subsequent editions.

1 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "fait"
2 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "plus tard"

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6. Clair de lune [sung text not yet checked]

La mer est grise, calme, immense, 
L'œil vainement en fait le tour. 
Rien ne finit, rien ne commence ; 
Ce n'est ni la nuit ni le jour. 

Point de lame à frange d'écume, 
Point d'étoiles au fond de l'air. 
Rien ne s'éteint rien ne s'allume ; 
L'espace n'est ni noir ni clair. 

Albatros, pétrels aux cris rudes, 
Marsouins, souffleurs, tout a fui. 
Sur les tranquilles solitudes 
Plane un vague et profond ennui. 

Nulle rumeur, pas une haleine, 
La lourde coque au lent roulis 
Hors de l'eau terne montre à peine 
Le cuivre de ses flancs polis ; 

Et, le long des cages à poules, 
Les hommes de quart, sans rien voir, 
Regardent, en songeant, les houles 
Monter, descendre et se mouvoir. 

Mais, vers l'Est, une lueur blanche, 
Comme une cendre, un vol léger 
Qui par nappes fines s'épanche, 
De l'horizon semble émerger. 

Elle nage, pleut, se disperse, 
S'épanouit de toutes parts, 
Tourbillonne, retombe et verse 
Son diaphane et doux brouillard. 

Un feu pâle luit et déferle, 
La mer frémit, s'ouvre un moment, 
Et, dans le ciel couleur de perle,
La lune monte lentement.

Authorship

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Confirmed with Leconte de Lisle, Poëmes barbares, édition définitive, Paris, Alphonse Lemerre, 1872, pages 180-181.


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7. Mon lointain amour [sung text not yet checked]

Par dessus Marseille
 . . . . . . . . . .

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