Vingt mélodies

by Jean-Grégoire Pénavaire (1838 - 1906)

Word count: 2622

1. Chanson lointaine [sung text checked 1 time]

Au pays lointain des chimères
Mon cœur, qui peut te retenir ?
Pourquoi sur des rives amères
Chercher la fleur du souvenir ?
Heureux qui du présent s'enivre;
Oublier, c'est vivre.

En un seul jour que de promesses !
Un siècle n'eut pu les tenir ...
Une heure a tari tes ivresses,
O triste fleur du souvenir.
Heureux qui du présent s'enivre;
Oublier, c'est vivre.

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2. La Vierge à la crèche [sung text not yet checked]

Dans [ses]1 langes blancs, fraîchement cousus,
La Vierge berçait son Enfant-Jésus.
Lui, gazouillait comme un nid de mésanges.
Elle le [berçait, et chantait]2 tout bas
Ce que nous chantons à nos petits anges...
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

Étonné, ravi de ce qu'il entend,
Il rit dans sa crèche, et s'en va chantant
Comme un saint lévite et comme un choriste ;
Il bat la mesure avec ses deux bras,
et la sainte Vierge est triste, bien triste,
De voir son Jésus qui ne s'endort pas.

» Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant,
» Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.
» Dormez; il est tard, la lampe est éteinte.
» Votre front est rouge et vos membres las ;
» Dormez, mon amour, et dormez sans crainte. «
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

» Il fait froid, le vent souffle, point de feu... 
» Dormez, c'est la nuit, la nuit du bon Dieu.
» C'est la nuit d'amour des chastes épouses ;
» Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps,
» Les étoiles d'or en seraient jalouses. «
Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

» Si quelques instants vous vous endormiez,
» Les songes viendraient, en vol de ramiers,
» Et feraient leurs nids sur vos deux paupières,
» Ils viendront; dormez, doux Jésus. « -- Hélas !
Inutiles chants et vaines prières
Le petit Jésus ne s'endormait pas.

Et Marie alors, le regard voilé, 
Pencha sur son fils un front désolé, 
» Vous ne dormez pas, votre mère pleure, 
» Votre mère pleure, ô mon bel ami... «
Des larmes coulaient de ses yeux ; sur l'heure, 
Le petit Jésus s'était endormi.

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1 Perillier: "les"; further changes may exist not shown above.
2 Franck: "berçait en chantant"

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3. Vous en souvenez-vous [sung text checked 1 time]

Belle, vous en souvenez-vous ?
Mai souriait, l'air était doux,
Vous aviez une robe rose ;
Dans les sureaux des alentours
Les bouvreuils chantaient leurs amours,
Et l'églantine était éclose.

Nous allions le long du chemin,
Rêveurs et la main dans la main,
Dans un enchantement suprême.
Vous incliniez votre front blanc
Lorsque vos lèvres en tremblant
Me répondaient : Oui, je vous aime.

Hier, j'ai revu le sentier ;
Dans les touffes de l'églantier
Comme autrefois l'oiseau se pose ;
Mais j'étais seul sous les sureaux,
Et je songeais, le cœur bien gros,
A votre belle robe rose !

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4. Le message du cœur [sung text checked 1 time]

L'aurore nait dans le ciel clair ;
L'été, plein de joyeux murmures,
Prend sa revanche de l'hiver ;
L'homme est aux champs, l'oiseau dans l'air,
Le grillon dans les orges mûres.

Là-bas, là-bas, à l'horizon,
Vole mon cœur avec la brise
vers la colline en floraison,
Jusqu'à cette blanche maison,
A l'ombre d'un vieux frêne assise.

Sous ce frêne, où, dès son réveil,
Le pinson chante et bat des ailes,
Il est trois sœurs au teint vermeil.
L'une a tous les feux du soleil
Au fond de ses  noires prunelles.

Sur ses cheveux bruns ondulés
La fleur se pose en diadème.
L'autre est châtaine aux yeux voilés ;
L'azur des cieux et l'or des blés
Appartiennent à la troisième.

A la première dis salut
Et dis salut à la seconde ;
Mais là n'est point encor ton but :
Celle pour qui l'amour voulut
Ouvrir tes ailes, c'est la blonde !

C'est elle, la blonde ! ô mon cœur,
Reste à ses pieds, qu'elle te prenne !
Dès que son regard enchanteur
Te parlera, bon serviteur,
Obéis à ta souveraine.

Et si dans ses yeux adorés
Tu vois rire la bienvenue,
Dis-le vite aux zéphirs des prés,
A tous les papillons dorés,
A tous les oiseaux de la nue.

Alors j'irai, sans perdre un jour,
Te rejoindre auprès de ma blonde,
Et dans ce paisible séjour,
Bercé par des rêves d'amour,
Avec elle oublier le monde.

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5. Dormeuse [sung text checked 1 time]

Il est nuit : ta fenêtre est close ;
Dans l'ombre tu vas sommeiller.
Tes yeux sont prêts à se voiler ;
Ton front charmant sur l'oreiller
Se pose ...
Autour d'elle volez sans bruit,
Volez, volez, beaux songes de la nuit !

Ton nom murmure sur ma bouche ;
Aveu d'un cœur qui t'aime tant.
La lune éclaire en l'écoutant
D'un rayon pâle et tremblotant
Ta couche ...
Autour d'elle volez sans bruit,
Volez, volez, beaux songes de la nuit !

Rêve un peu de l'ami qui veille
Dans ton asile virginal.
Par son ramage original
Qu'un gai rossignol matinal
T'éveille !
Autour d'elle volez sans bruit,
Volez, volez, beaux songes de la nuit !

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6. La tente [sung text checked 1 time]

J'ai dit à l'enfant charmante,
Que j'aime et qui m'aime aussi :
Pour éviter la tourmente,
Plantons notre tente ici.
Rien n'y brillera, n'importe !
Qu'un chêne en soit le pilier.
Nous aurons à notre porte
Plus d'un nid dans le hallier.

Les oiseaux qu'Avril envoie
Gazouilleront tout je jour
Aux buissons d'alentour ;
Ils diront un chant de joie !
Nos cœurs tour à tour 
Répondront : amour !
Loin des faux plaisirs du monde,
Que nous quittons sans regret,
A nous deux, ma douce blonde,
Nous saurons le grand secret.
J'ai dit à l'enfant charmante,
Que j'aime et qui m'aime aussi :
Pour éviter la tourmente,
Plantons notre tente ici.

Vienne la saison morose
Dépouiller le rameau vert,
Le rameau jadis vert,
C'est chez nous que l'aube rose,
Transformant notre désert,
Prendra désormais son quartier d'hiver.
Que la rafale déchaine
les corbeaux, ces noirs crieurs,
Nous aurons sous notre chêne
Les rayons intérieurs.
J'ai dit à l'enfant charmante,
Que j'aime et qui m'aime aussi :
Pour éviter la tourmente,
Plantons notre tente ici.
Rien n'y brillera, n'importe !
Qu'un chêne en soit le pilier.
Nous aurons à notre porte
Plus d'un nid dans le hallier.

Authorship

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7. Per Aethera  [sung text checked 1 time]

Dans les champs qu'elle aimait, il ne reste rien d'elle
Que  son corps endormi sous le pâle gazon ;
Colombe libre enfin, fuyant à tire-d'aile
Loin de sa cage étroite, à travers l'horizon,
Son âme accompagnant l'essor de son bon ange
A quitté le séjour où se fane la fleur,
Et, vierge sans souillure, elle a pris en échange
Le  monde qu'aux élus réserve le seigneur.
Mais les sentiers charmants, les mobiles ombrages,
Où tous deux nous formions des rêves enchantés,
Quand jasait la fauvette au milieu des bocages,
Ce n'est point pour jamais qu'elle les a quittés.
Fendant l'éther subtil qui flotte dans l'espace,
Avec le rayon d'or que darde l'orient,
Avec l'odeur du thym, avec le vent qui passe,
Elle me vient parler sur le gazon riant.
Aussi mon cœur troublé bondit dans ma poitrine ;
Mille vagues désirs m'entrainent au désert.
Et j'écoute, rêveur quand le soir s'illumine,
La plainte des roseaux bercés sur le flot vert ;
Car souvent j'ai revu son gracieux visage,
C'est son âme qui plane au milieu des vapeurs,
C'est sa voix que j'entends, lorsque dans la feuillage
Le vent des nuits soupire en caressant les fleurs.

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8. La mirabilis [sung text checked 1 time]

À l'heure où le soleil a quitté l'horizon,
Où la planète d'or s'allume dans  la nue,
Quand le jour s'est éteint, que la nuit est venue,
Et que le rossignol commence sa chanson,

Quand sur chaque brin d'herbe et sur chaque buisson
La rosée a semé ses perles, fraiche et nue,
Du rayon d'une étoile à peine revêtue,
J'entrouvre ma corolle au milieu du gazon.

Et pendant que les bois frissonnent, que la plaine
Retentit de rumeurs, que la suave haleine
Du zéphir se répand dans l'air sous le ciel bleu,

Je recueille, humble fleur qu'un  souffle fait éclore,
Dans mon urne fermée aux rayons de l'aurore,
Les larmes de la nuit pour les offrir à Dieu !

Authorship

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9. Le vieux livre [sung text checked 1 time]

J'ai voulu repasser le livre de jeunesse,
Relire les feuillets autrefois parcourus
Et chercher une page où mon âme renaisse
Avec les rêves disparus.

Hélas ! rien n'est resté que  mon cœur reconnaisse,
La poussière a jauni, l'encre et le papyrus ;
Coins d'or et clous d'acier ont caché leur finesse
Sous la rouille d'un lent virus ...

Et pourtant, en ouvrant l'enveloppe ridée,
J'ai cru sentir encor comme un parfum d'idée,
Comme un charme de souvenir.

Mais l'ivresse subtile est bientôt épuisée :
La jeunesse, ce livre, est une forme usée
Que l'âme, ce parfum, ne peut pas rajeunir !

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10. Io Bacchus [sung text checked 1 time]

Io Bacchus ! L'automne couronne
De vendangeurs coteaux de Tibur,
Le raisin est mur !

Avec ses joyeuses compagnes
Myrtho s'en va par les campagnes,
Lançant sa chanson dans les airs.
Elle a parmi l'or de ses tresses,
Dont sont jalouses les déesses,
Des raisins et des pampres verts.
Io Bacchus ! L'automne couronne etc.

Oublieuse de toutes choses
Elle sourit, cueillant les roses,
Sous un ciel d'orage bien lourd.
C'est un temps où l'âme a la fièvre.
Un gai Sylvain aux pieds de chèvre
La guette, au fond du grand bois sourd.
Io Bacchus ! L'automne couronne etc.

Il eut des audaces profondes
Et se saisit des grappes blondes
Pour les presser avec amour.
Il but, dans sa coupe champêtre,
Un vin plus doux que ceux, peut-être,
Qu'il avait bu jusqu'à ce jour.
Io Bacchus ! L'automne couronne etc.

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11. Crépuscule [sung text checked 1 time]

Le jour fuit, le vent qui se lève
Enfle les voiles dans le port.
Partons pour le pays du rêve :
L'amour nous attend à son bord.
Phœbé la blonde,
Qui brille aux cieux,
Répand sur l'onde
Ses rayons bleus.
Loin de la terre
Viens doucement ;
Dans le  mystère
Allons rêvant.

A l'espoir‪ se livrent nos âmes !
Fuyons tous deux, d'amour grisés !
Chansons, frais murmure des rames,
Couvrez le bruit de nos baisers.
Phœbé la blonde etc.

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12. Chanson pour Nina [sung text checked 1 time]

Vers le bois mystérieux,
Quand la vie est sombre,
Qu'il fait bon s'enfuir tous deux
Et rêver à l'ombre !
Lentement suivons le cours
Du ruisseau qui fui toujours
Des gazons le frais velours
Est un nid pour les amours.
Oublions le monde entier !
Viens, Nina, car l'heure est douce !
Dans le val tout plein de mousse
Il es un joli sentier.

Il ne faut, pour tes cheveux
Rubans ni dentelles !
Viens cueillir, si tu le veux,
Quelques fleurs nouvelles.
Les fauvettes, les pinsons
Nous égrènent leurs chansons.
Dans le ciel tout est rayons, 
Dans les cœurs joyeux frissons.
Oublions le monde entier etc.

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13. Ma chambrette [sung text checked 1 time]

De ma chambrette on n'aperçoit
Qu'un coin d'espace bien étroit ;
L'azur du ciel est une chose
Que chacun chante en vers, en prose,
Mais qu'à Paris fort peu l'on voit.
Pourquoi m'en plaindre ? on peut du doigt
Toucher le mur qui monte droit,
Et la fenêtre où paraît Rose.
De ma chambrette on n'aperçoit
Un nid charmant au bord du toit,
Un chaud regard quand il fait froid,
Un frais sourire à l'aube rose.
Ah ! tout cela fait, je suppose,
De ma chambrette on n'aperçoit
Qu'un coin d'espace bien étroit,
Mais l'amour chante au bord du toit.

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14. Valse printanière [sung text checked 1 time]

Au printemps, douce chose,
Le ciel est bleu !
Tout frissonne, et la rose
Sourit à Dieu.

Réjouis-toi, nature !
Voici le jour !
Ruisseau, vallon, ramure,
Chacun te fait la cour.
Des bois l'écho murmure
Un long refrain d'amour.
Au printemps, douce chose,
Le ciel est bleu !
Avec la rose
Notre cœur sourit à Dieu !

Toute joyeuse à cette aurore
Venant d'éclore,
Je ressentis, feu qui dévore,
Une ivresse inconnue encore.

Du gai soleil vibrait en moi
Le chant sonore.
Quels purs accents ! quel tendre émoi !
Le gai soleil chantait en moi.

Lorsque passa celui que j'aime
Plus que Dieu même,
Il me voulut - ô joie extrême !
Dans un baiser donner sa foi !
Elle n'est plus, la blonde aurore,
Qu'ici j'implore !
Le souvenir m'en reste encore,
Et je l'adore !

Heureux temps ! Douce chose !
C'est l'espoir, c'est le jour,
C'est l'amour !

Authorship

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15. À une rêveuse [sung text checked 1 time]

Le carnaval s'en va, Colombine, et demain
La  mi-carême ; alors, la dernière folie,
Le regard abattu, la lèvre sans carmin
Sera pour une année encore ensevelie.

Le violon s’était, et la gaité s'oublie,
la mascarade fuit au détour du chemin,
Et tu sembles en proie à la mélancolie,
Et ta petit  main frissonne dans ma main !

Console-toi ! voici venir à tire d'ailes
Ces beaux jours enfiévrés, où les amants fidèles
Au tronc des arbres verts gravent leurs noms unis.

Vois ! d'un ton azuré l'horizon se colore,
L'amour, d'oiseaux chanteurs a semé  tous  les nids,
Et parmi les buissons  les roses vont éclore !

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16. L'invitation au voyage [sung text checked 1 time]

	Mon enfant, ma sœur,
	Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble ;
	-- Aimer à loisir,
	Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
	Les soleils mouillés
	De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
	Si mystérieux
	De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes. 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

	Des meubles luisants,
	Polis par les ans
Décoreraient notre chambre ;
	Les plus rares fleurs
	Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
	Les riches plafonds,
	Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
	Tout y parlerait
	À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

	Vois sur ces canaux 
	Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
	C'est pour assouvir
	Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
	-- Les soleils couchants
	Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
	D'hyacinthe et d'or ;
	-- Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Vyzvání na cestu"
  • DUT Dutch (Nederlands) (Marike Lindhout) , "De Uitnodiging voor de Reis", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Peter Low) , "Invitation to the voyage", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Invitation to a Journey", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Einladung zur Reise", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Invito al viaggio", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Juan Henríquez Concepción) , "La invitación al viaje", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, Les Fleurs du mal, Paris: Bureau de la Revue des Deux Mondes, 1855, pages 1087-1088. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 115-117. Punctuation and formatting follows 1855 edition.

First published in Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, 1855. Also appears in Les Fleurs du mal as number 49 in the 1857 edition and 53 or 54 in subsequent editions.

Note: The spelling "luisans" in the 1855 edition is changed to "luisants" in line 17.


Research team for this text: Nicolas Gounin , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

17. Arabesque [sung text checked 1 time]

A mes regards, comme un étoile,
Dans l'azur sans fin,
Djalma, la brune, sous ton voile,
Tu parais soudain.

Près du palmier qui se balance
A frémi ton chant,
Qu'au loin redit la voûte immense
D'où la nuit descend.

Dans une extase qui te grise,
Enfant des déserts,
Tu vas te perdre avec la brise
Au milieu des airs.

Oui, je te vois, comme en un rêve,
Enivrant et doux ;
Mon cœur palpite, se soulève
De ton cœur jaloux.

Ce chant profond que dit ta lèvre
Au déclin du jour
Allume en moi l'ardente fièvre,
D'où jaillit l'amour.

Tu pars, cruelle ... tout s'efface !
Avant le matin !
Ta voix encor jette à l'espace
Un écho lointain.

Authorship

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18. Rayon de soleil [sung text checked 1 time]

Puisque le ciel se fait plus doux
Que de soleil le printemps se couronne,
Puisqu'en nos cœurs l'amour rayonne,
Sombres chagrins, fuyez bien loin de nous.

Dans les sentiers babillent les chansons.
Vie et parfums, joie et lumière,
Tout se réveille ! et la nature entière
A mis sur pied ses joyeux échansons.
Puisque le ciel se fait plus doux etc.

Devant nos yeux resplendit l'avenir !
Tristes regrets, folles chimères,
Tourments de cœur, sanglots, larmes amères,
Envolez-vous pour ne plus revenir.
Puisque le ciel se fait plus doux etc.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

19. Les cydalyses [sung text checked 1 time]

Où sont nos amoureuses?
Elles sont au tombeau:
Elles sont plus heureuses,
Dans un séjour plus beau!

Elles sont près des anges,
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu!

Ô blanche fiancée!
Ô jeune vierge en fleur!
Amante délaissée,
Que flétrit la douleur!

L'éternité profonde
Souriait] dans vos yeux...
Flambeaux éteints du monde,
Rallumez-vous aux cieux!

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Jonathan Justman) , "The Cydalises", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

Note for stanza 4 line 2: in Pénavaire's setting, the first voice has "Souriait dans vos yeux" but the 2nd and 3rd voices have "Souriait tristement dans vos yeux".


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Johann Winkler

20. Chant du cloître [sung text checked 1 time]

L'âme tranquille au pied de l'humble autel
Où chaque jour nous retrouve en prière,
Glorifions celui qui de Babel
A renversé l'orgueilleuse chimère.
Nous t'implorons, sublime et doux sauveur,
Qui loin du monde as mis la paix du cœur !
Au nom de ses vertus,
Triomphe des pieux élus.
Frères, pour tous, prions Jésus !

L'aube se lève, éblouissant les yeux,
Toujours docile à la voix de son maître.
Prions encor, car ce rayon des cieux
Pour l'univers est le dernier, peut-être !
Nous t'implorons, sublime et doux sauveur etc.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler