Chansons d'Alfred de Musset

by Auguste Guéroult (1836 - 1911)

Word count: 893

1. Bonjour Suzon [sung text not yet checked]

Bonjour Suzon, ma fleur des bois !
Es-tu toujours la plus jolie ?
Je reviens, tel que tu me vois,
D'un [grand]1 voyage en Italie,
Du paradis j'ai fait le tour ;
J'ai fait des vers, [j'ai fait]2 l'amour.
Mais que t'importe ?
Je passe devant ta maison ;
  Ouvre ta porte.
  Bonjour, Suzon !

Je t'ai vue au temps des lilas.
Ton cœur joyeux venait d'éclore.
Et tu disais : "je ne veux pas,
Je ne veux pas qu'on m'aime encore."
Qu'as-tu fait depuis mon départ ?
Qui part trop tôt revient trop tard.
Mais que m'importe ?
Je passe devant ta maison ;
  Ouvre ta porte.
  Bonjour, Suzon !

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  • ENG English (Michael P. Rosewall) , "Good Day, Susanne", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

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1 Garnier: "long" 2 Pessard: "chanté"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Johann Winkler

2. Les filles de Cadix [sung text not yet checked]

Nous venions de voir le taureau,
  Trois garçons, trois fillettes.
Sur la pelouse il faisait beau,
Et nous dansions un boléro
  Au son des castagnettes :
    « Dites-moi, voisin,
    Si j'ai bonne mine,
    Et si ma basquine
    Va bien, ce matin.
  Vous me trouvez la taille fine ?...
        Ah ! ah !
Les filles de Cadix aiment assez cela. »

Et nous dansions un boléro
  Un soir, c'était dimanche.
Vers nous s'en vint un hidalgo
Cousu d'or, la plume au chapeau,
  Et le poing sur la hanche :
    « Si tu veux de moi,
    Brune au doux sourire,
    Tu n'as qu'à le dire,
    Cet or est à toi.
  -- Passez votre chemin, beau sire...
        Ah ! Ah !
Les filles de Cadix n'entendent pas cela. »

Et nous dansions un boléro,
  Au pied de la colline.
Sur le chemin [passa]1 Diégo,
Qui pour tout bien n'a qu'un manteau
  Et qu'une mandoline :
    « La belle aux doux yeux,
    Veux-tu qu'à l'église
    Demain te conduise
    Un amant jaloux ?
  -- Jaloux ! jaloux ! quelle sottise !
        Ah ! ah !
Les filles de Cadix craignent ce défaut là! »

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  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "我們剛離開鬥牛場", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Barbara Miller) , copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Korin Kormick) , "The Girls of Cadix", copyright © 2003, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Beate Binnig) , copyright © 2021, (re)printed on this website with kind permission

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1 Tosti: "passait"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Guy Laffaille [Guest Editor]

3. Mimi Pinson [sung text not yet checked]

Mimi Pinson est une blonde,
Une blonde que l'on connaît.
Elle n'a qu'une robe au monde,
Landerirette !
Et qu'un bonnet.
Le Grand Turc en a davantage.
Dieu voulut, de cette façon,
La rendre sage.
On ne peut pas la mettre en gage,
La robe de Mimi Pinson. 

Mimi Pinson porte une rose,
Une rose blanche au côté.
Cette fleur dans son cœur éclose,
Landerirette !
C'est la gaîté.
Quand un bon souper la réveille,
Elle fait sortir la chanson
De la bouteille.
Parfois il penche sur l'oreille,
Le bonnet de Mimi Pinson. 

Elle a les yeux et la main prestes.
Les carabins, matin et soir,
Usent les manches de leurs vestes,
Landerirette !
A son comptoir.
Quoique sans maltraiter personne,
Mimi leur fait mieux la leçon
Qu'à la Sorbonne.
Il ne faut pas qu'on la chiffonne,
La robe de Mimi Pinson.

Mimi Pinson peut rester fille ;
Si Dieu le veut, c'est dans son droit.
Elle aura toujours son aiguille,
Landerirette !
Au bout du doigt.
Pour entreprendre sa conquête,
Ce n'est pas tout d'un beau garçon ;
[Faut être]1 honnête,
Car il n'est pas loin de sa tête,
Le bonnet de Mimi Pinson.

D'un gros bouquet de fleurs d'orange
Si l'amour veut la couronner,
Elle a quelque chose en échange,
Landerirette !
A lui donner.
Ce n'est pas, on se l'imagine,
Un manteau sur un écusson
Fourré d'hermine;
C'est l'étui d'une perle fine,
La robe de Mimi Pinson.

Mimi n'a pas l'âme vulgaire,
Mais son cœur est républicain ;
Aux trois jours elle a fait la guerre,
Landerirette !
En casaquin.
A défaut d'une hallebarde,
On l'a vue avec son poinçon
Monter la garde.
Heureux qui mettra sa cocarde
Au bonnet de Mimi Pinson.

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1 Pierné: "Peut-être"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. À Saint Blaise [sung text not yet checked]

À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Vous étiez, vous étiez bien aise
À Saint-Blaise.
À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Nous étions bien là.

Mais de vous en souvenir
Prendrez-vous la peine ?
Mais de vous en souvenir
Et d'y revenir,

À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Dans les prés fleuris cueillir la verveine,
À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Vivre et mourir là !

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  • ENG English (Victoria de Menil) , "In St. Blaise at the Zuecca", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (José Miguel Llata) , copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Chanson du chasseur [sung text not yet checked]

Chasseur, hardi chasseur, que vois-tu dans l’espace ?
Mes chiens grattent la terre et cherchent une trace.
Debout, mes cavaliers ! c’est le pied du chamois. -
Le chamois s’est levé. — Que ma maîtresse est belle ! -
Le chamois tremble et fuit. — Que Dieu veille sur elle ! -
Le chamois rompt la meute et s’enfuit dans le bois. -
Je voudrais par la main tenir ma belle amie. -
La meute et le chamois traversent la prairie :
Hallali, compagnons, la victoire est à nous ! -
Que ma maîtresse est belle, et que ses yeux sont doux !

Le Chœur
Amis, dans ce palais, sur la place où nous sommes,
Respire le premier et le dernier des hommes,
Frank, qui vécut vingt ans comme un hardi chasseur.
Aujourd’hui dans les fers d’une prostituée,
Que fait-il ? — Nuit et jour cette enceinte est fermée.
La solitude y règne, image de la mort.
Quelquefois seulement, quand la nuit est venue,
On voit à la fenêtre une femme inconnue
Livrer ses cheveux noirs aux vents affreux du nord.
Frank n’est plus ! sur les monts nul ne l’a vu paraître.
Puisse-t-il s’éveiller ! — Puisse-t-il reconnaître
La voix des temps passés ! — Frères, pleurons sur lui.
Charles ne viendra plus, au joyeux hallali,
Entouré de ses chiens sur les herbes sanglantes,
Découdre, les bras nus, les biches expirantes,
S’asseoir au rendez-vous, et boire dans ses mains
La neige des glaciers, vierge de pas humains.

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