Six Mélodies de Gaetano Braga

by Gaetano Braga (1829 - 1907)

Word count: 791

1. À une fleur [sung text not yet checked]

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu'à moi qui te fait venir?

Sous ce cachet enveloppé,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu? que t'a dit la main 
Qui sur le buisson t'a coupée?

N'es-tu qu'une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée?

Ta fleur, hélas! a la blancheur
De la désolante innocence;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret?
Ton parfum est-il un langage?

S'il en est ainsi, parle bas,   
Mystérieuse messagère;   
S'il n'en est rien, ne réponds pas;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la soeur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colère,
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

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  • ENG English (Victoria de Menil) , "To a flower", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

First published in Revue des deux mondes, December 1, 1841.


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2. Mandoline [sung text not yet checked]

Subtitle: Sérénade

Dans les airs, dans les champs, sur les eaux
 . . . . . . . . . .

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3. Ninon [sung text not yet checked]

(Elle s'assoupit. - On entend par la fenêtre le bruit d'une
guitare et une voix.)

 Ninon! Ninon! que fais-tu de la vie?
 L'heure s'enfuit, le jour succède au jour;
 Rose ce soir, demain flétrie,
 Comment vis-tu, toi qui n'as pas d'amour?

Ninon, s'éveillant:
[ Est-ce un rêve? J'ai cru qu'on chantait dans la cour?]1

La Voix, au dehors:
[ Regarde-toi, la jeune fille,
 Ton coeur bat et ton oeil pétille,]2
 [Aujourd'hui le printemps, Ninon, demain l'hiver!]3
 Quoi! tu n'as pas d'étoile et tu vas sur la mer,
 Au combat sans musique, en voyage sans livre;
 Quoi! tu n'as pas d'amour et tu parles de vivre!
 Moi, pour un peu d'amour je donnerais mes jours;
 Et je tes donnerais pour rien sans les amours.

Ninon:
[ Je ne me trompe pas; - singulière romance!
 Comment ce chanteur-là peut-il savoir mon nom?
 Peut-être sa beauté s'appelle aussi Ninon.]1

La Voix:
 Qu'importe que le jour finisse et recommence
 Quand d'une autre existence le coeur est animé,
 Ouvrez-vous, jeunes fleurs, si la mort vous enlève,
 La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve,
 Et vous aurez vécu, si vous avez aimé.

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  • ENG English (Amy Pfrimmer) , copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission

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1 omitted by Franck and Tosti.
2 omitted by Tosti.
3 Tosti: "Ninon, demain l'hiver! Aujourd'hui le printemps,"

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4. A quoi bon entendre [sung text not yet checked]

À quoi bon entendre
Les oiseaux des bois?
L'oiseau le plus tendre
Chante dans ta voix.

Que Dieu montre ou voile
Les astres des cieux!
La plus pure étoile
Brille dans tes yeux.

Qu'avril renouvelle
Le jardin en fleur!
La fleur la plus belle
Fleurit dans ton coeur.

Cet [oiseau]1 de flamme,
Cet astre du jour,
Cette fleur de l'âme,
S'appelle l'amour!

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  • DUT Dutch (Nederlands) [singable] (Jos. Van de Vijver) , "Serenade"
  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2016
  • SPA Spanish (Español) (Alberto Bonati) , "Para qué escuchar", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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1 Chabrier: "fleur" (flower)

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5. Adieux à Suzon [sung text not yet checked]

Adieu Suzon, ma rose blonde,
Qui [fut à moi]1 pendant huit jours;
Les plus [courts]2 plaisirs de ce monde
Souvent font les meilleurs amours.
Sais-je, au moment où je te quitte,
Où m'entraîne mon astre errant?
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours courant.

Je pars, et sur [ta lèvre ardente
Brûle encor mon]3 dernier baiser.
Entre mes bras, chère imprudente,
Ton beau front vient se reposer.
Sens-tu mon coeur, comme il palpite?
Le tien, comme il battait gaiement!
Je m'envais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours t'aimant.

Paf! c'est mon cheval qu'on apprête.
Enfant, que ne puis-je en chemin
Emporter ta mauvaise tête,
Qui m'a tout embaumé la main!
Tu souris, petite hypocrite,
Comme la nymphe, en t'enfuyant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en riant.

Que de tristesse, et que de charmes,
Tendre enfant, dans tes doux adieux!
Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes,
Lorsque ton coeur est dans tes yeux,
A vivre ton regard m'invite;
Il me consolerait mourant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en pleurant.

Que notre amour, si tu m'oublies,
Suzon, dure encore un moment;
Comme un bouquet de fleurs pâlies,
Cache-le dans ton sein charmant!
Adieu; le bonheur reste au gîte,
Le souvenir part avec moi:
Je l'emporterai, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours à toi!

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First published in La Revue de Paris, May 1852.

1 Chabrier, Diémer, Massé: "m'as aimé" and Bizet: "m'a aimée"
2 Chabrier: "doux"
3 Diémer : "ma lèvre ardente / Brüle encor ton"

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6. L'infinito [sung text not yet checked]

Sempre caro mi fu quest'ermo colle,
E questa siepe, che da tanta parte
Dell'ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete
Io nel pensier mi fingo; ove per poco
Il cor non si spaura. - E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l'eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Così tra questa
Immensità s'annega il pensier mio,
E il naufragar m'è dolce in questo mare.

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