Vingt Mélodies

Song Cycle by Augusta Mary Anne Holmès (1847 - 1903)

Word count: 2683

1. Chanson lointaine [sung text checked 1 time]

Bien loin, là-bas, au pays de Bohême,
Dans un palais aux murs de diamant
On enferma la Princesse que j'aime!
Depuis ce jour je meurs demontourment!

O tourterelle! Vole à tire d'aile,
Porte à ma belle, 
Mes pleurs et mon désir!
O tourterelle! Vole à tire d'aile.
Car c'est pour elle
Que je veux mourir!

Pauvre chasseur, sans trésors ni trophées,
Je cherche en vain par les nuits et les jours,
Sur la montagne où les roses sont fées,
La fleur qui doit me rendre mes amours!

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2. Aubade-Habanera [sung text checked 1 time]

Algue des grèves,
Lys de mes rêves,
Rose de mon jardin,
Fleur qui sommeilles
Loin des abeilles
Sous l'or et le satin,
Muguet si tendre,
Qu'Avril va rendre
Aux verdoyants loisirs,
Entends, ô Reine,
Ma voix lointaine
Qui chante les Désirs.
Sous une toison blonde,
grands yeux, couleur de l'onde,
Dormez, dormez !
Vous êtes aimés
Plus que les Saphirs de Golconde
Lèvres qu'Amour assiège,
Seins de pourpre et de neige,
O bras si doux,
Rendormez-vous !
L'aube cruelle
Chasse de l'aile
La tourterelle
De la tourelle
Vers les bois roux.
Je veux, Maîtresse,
Une caresse
Tout endormie encor,
Et la surprise de l'âme exquise
Perdue aux songes d'or,
Et que l'aurore
Rougisse encore
En te montrant au jour,
Neigeuse et rose,
Lys, Algue et Rose,
où se repose mon amour,
pour moi parée,
A moi livrée
Sans voile et sans retour !

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3. La barque des amours [sung text checked 1 time]

Sur la mer étoilée,
Sur le flot qui dort,
La nef s'en est allée
Vers les îles d'or !
Vers les rives heureuses,
Au pays des Dieux,
Sirènes amoureuses,
Portez-nous tous deux.
Adorable déesse,
Qui sortis des flots,
Prodigue ta caresse
A tes matelots !
Aphrodité la blonde,
Tendre au cœurs épris,
Protège-nous sur l'onde !
Conduis-nous, Kypris !

Nous voguons vers les terres
Où nous aimerons,
Des roses de Kythère
Fleurissant nos fronts !
Les doux chants de la lyre
berceront nos cœurs
Qu'embrasse le délire
Des baisers vainqueurs !
Chère Anadyomène
Aux neigeux oiseaux,
Ta grâce nous emmène
Sur les calmes eaux !
A notre âme altérée,
A nos fronts pâlis,
Accorde, ô Kythèrée
Les divins oublis !

Vois grandir dans l'aurore,
Sous le ciel si pur,
La grève que j'adore,
Le pays d'azur !
Vois les temples d'ivoire
Et les bois ombreux,
Et l'onde où viennent boire
Les ramiers peureux !
Vierge victorieuse !
Mère des Amours !
Fais qu'en ton île heureuse,
Nous aimions toujours !
Par tes exquises flammes,
Reine du plaisir,
Attise dans nos âmes l'éternel désir !

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4. En chemin [sung text checked 1 time]

Ô voyageur, qui si tristement
Chemines dans la nuit brune,
Livre ton cœur à l'enchantement
Du rêve et du clair de lune.
Vois ! les Elfes, autour de toi,
Fleurissent la clairière ;
Prends ce Lys de lumière,
C'est ton sceptre de roi !
Non, je ne veux rien au monde,
Que les cheveux d'or de ma blonde !

O voyageur, entends ces accords,
Qui mêlent, en des rafales,
La voix magique et tendre des cors
Et les harpes triomphales.
Celle qui t'apparaît là-bas,
De frais glaïeuls coiffée,
C'est Morgane la fée !
Ouvre-lui tes deux bras !
Non, je ne veux rien au monde,
Que les yeux profonds de ma blonde !

O voyageur, un fleuve d'azur,
Où nagent des formes blanches 
Sous les clartés du ciel sombre et pur
Scintille à travers les branches.
Sur la rive où le flot pâli
En murmurant déferle,
Dans des coupes de perle
Bois la paix et l'oubli !
Non, je ne veux rien au monde
Que les chers baisers de ma blonde !

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5. C'est un oiseau du bois sauvage [sung text checked 1 time]

C'est un oiseau du bois sauvage 
Qui m'a dit: "Tu l'aimeras toujours."
C'est un vague du rivage
Qui m'a dit: "Renonce à tes amours..."
Mais cet oiseau du bois sauvage
M'a bien dit: "Tu l'aimeras toujours!"

Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.
Loin de tes yeux le temps me dure!
Je languis pour tes regards si beaux!
Pour une fleur de ta ceinture
J'ai donné ma vie et mon repos.

Pour un baiser sous les étoiles
J'ai vendu ma force et mon honneur.
Pour ta blancheur pure et sans voiles
J'ai perdu la pureté du coeur!
Pour un baiser sous les étoiles
J'ai vendu ma force et mon honneur.

Rien ne pourra briser les charmes
Dont je meurs pour éternellement.
Je te verrai railler mes larmes
Dans les bras de ton nouvel amant!
Rien ne pourra briser les charmes
Dont je meurs pour éternellement...

Ta mort seule rompra les charmes
Dont je meurs pour éternellement!

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6. Chanson persane [sung text checked 1 time]

Enfant aux yeux noirs, verse-moi du vin,
Car il faut que mon cœur se livre !
Le Rêveur doit conter l'angoisse qui l'enivre
Pour divertir un monde vain !
Oui ! je vois surgir l'Etre que j'adore,
De la coupe au reflet sanglant !
Son étrange sourire et son regard troublant,
Ah ! Ah ! je veux les chanter encore !
Pour ton chaud parfum qui tant m'attira,
Pour le signe brun de ta joue,
Je donnerais tout l'or qui des peuples se joue,
Et Samarkand et Boukhara !
Si ma tête doit tomber sous le glaive
En châtiment de nos amours,
Ma lèvre convulsée et pâle pour toujours
Leur criera ta gloire et mon rêve !
Et sous les cyprès, quand je dormirai
Dans la nuit et l'oubli des choses,
Viens, ivre de blancheurs, de baisers et de roses,
Et pour t'avoir je revivrai !

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7. Noël d'Irlande [sung text checked 1 time]

Rêvez, rêvez, enfants d'Irlande.
Que le divin Noël vous apporte du pain!
Rêvez, rêvez, que sur la lande
Vous chauffez vos pieds nus aux flammes du sapin!
Rêvez, rêvez, chanteurs d'Irlande,
Que les temps reviendront des Héros et des Rois!
Rêvez, rêvez, que Dieu commande,
Et qu'il vous rend la Harpe et le Trèfle, et la Croix.
Rêvez, rêvez, Martyrs d'Irlande,
Que le jour est venu de gloire et d'équité!
Rêvez! Et que Noël vous rende
La force des aïeux avec la Liberté!

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8. L'éternelle idole [sung text checked 1 time]

A genoux devant ta langueur,
A genoux devant ta faiblesse,
Laisse-moi répandre mon cœur
A tes pieds d'enfant, ô Déesse !

Vois, mon bras si fort est lié
Et mon col se tend à la chaine,
Et mon désir est oublié
Puisqu'il te gêne !

A genoux devant ta beauté,
A genoux devant ton mensonge,
Je ne veux s'autre volupté
Que l'esclavage où je me plonge !

Tu ne comprends pas mes sanglots !
Tu ne comprends pas mon martyre !
Et les pleurs que je verse à flots
Te font sourire !

A genoux devant ta langueur,
A genoux devant ta faiblesse,
Te livrant mon âme et mon cœur,
Laisse-moi mourir, ô Déesse !

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9. Garci Perez [sung text checked 1 time]

Don Garci Perez de Vargas,
Le plus fier chevalier d'Espagne,
Bravant Mores et renégats,
Chevauche à travers la campagne!
A ses côtés chemine aussi 
Un compagnon d'humeur tremblante!
Perez, dit-il, sortons d'ici!
Cette promenade est trop lente!
Les Mores nous tueront, c'est clair,
Et je tiens à ma vie, en somme!
Moi, j'ai besoin de prendre l'air!
Dit Perez en quittant son heaume!

A ces mots, d'un chemin couvert,
Cuirassés et portant la lance,
Dix cavaliers au turban vert
Sortent un par un, en silence!
Saint Jacques! je l'avais bien dit!
Sauvons-nous! Et l'âme éperdue,
Le compagnon traître et maudit
Disparait à bride abattue!
Bon! tant mieux! dit Garci Perez,
Rien ne me gène autant qu'un làche!
Et devant l'ennemi, tont près,
Il passe en frisant sa moustache!

Un coq, aux yeux de diamant 
Brille sur son bouclier sombre;
Et les Sarrazins, prudemment,
N'ont point avancé, bien qu'en nombre!
Mais sitôt le guerrier passé,
L'un deux, du bout de son épée,
Tout triomphant a ramassé
L'écharpe à ses pieds tombée!
Sang du Christ! tu ne l'auras pas,
L'écharpe de ma Dame blonde!
Et Garci, la fleur des combats, s'est rué
Sur la gent immonde!

Chantez gloire à Garci Perez!
Car à l'heure où l'astre étincelle,
Dix têtes aux fronts lacérés
Saignaient au pommeau de sa selle!
Ay! Ay! Ay! chantez gloire à Garci Perez!
Ollé! à Garci Perez!

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10. Hymne à Vénus [sung text checked 1 time]

O Vénus, si blanche et si blonde,
Je soupire à tes pieds nus !
Lys du ciel, écume de l'onde,
Rose ineffable, ô Vénus !
Tes accents ont brûlé ma vie
D'une ardeur inassouvie !
Et de tes yeux
Pleins d'azur radieux
J'ai subi la langueur lumineuse !
O Vénus ! divine amoureuse !
Ouvre tes bras, ô Bienheureuse !

Ta douceur féconde la terre,
Ta splendeur ravit les cieux !
Ta beauté m'enivre et m'altère
Comme un fruit délicieux !
Dans l'exil où gémit mon âme
Tout mon être te réclame !
Pour te saisir,
Tendre fleur du désir,
Je consens à la mort ténébreuse !
O Vénus ! divine amoureuse !
Donne moi l'heure bienheureuse !

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Research team for this text: Guy Laffaille [Guest Editor] , Johann Winkler

11. La guerrière [sung text checked 1 time]

Sous un chêne, dans la clairière,
Dort la guerrière
Au casque d'or ;
Mieux qu'Amadis et Galaor,
De hauts faits elle est coutumière.
Mais l'aube a versé la lumière.
Pourquoi donc sommeiller encor,
Belle guerrière,
Au casque d'or ?
Dort-elle ?
Dans sa main crispée,
Ô grande épée,
Qui te brisa ?
Un triste corbeau croassa :
« Dans le sang finit l'épopée ;
A dix contre une ils l'ont frappée,
Celle que la gloire berça !!
Et pour toujours, dans la clairière
Dort la guerrière
Au casque d'or !! »
Sombre témoin, réponds encor !
Qui l'a blessée au cœur ?
« Son frère ! »

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12. Evocation d'amour [sung text checked 1 time]

Évocation d'amour
Songe d'amour,
Où l'âme est bercée,
Qui nuit et jour
Ravis ma pensée !
O vision ! O tendre chimère !
Illusion de joie éphémère !*est-ce ta voix
Qui chante et murmure
Dans les grands bois,
Dans l'onde si pure ?
Frères des dieux
Qu'en rêve j'adore,
Sont-ce tes yeux
Qui versent l'aurore ?
Est-ce de toi
Que vient cette ivresse
Qui malgré moi
Me brûle et m'oppresse,
Et dans mon cœur,
Comme une caresse
Met le bonheur
Et la détresse /
L'air est en feu !
J'expire...
Ah ! de quel dieu
M'est venu ce délire !
Quel cher pouvoir
M'attire ?
Toi, pour qui je soupire
Ah ! prends pitié de moi... parais...
Je veux te voir !
Roses de Mai, Bluets des prairies,
Lys parfumé,
Clochettes fleuries,
Thyrses légers
Des frêles bruyères,
Blancs orangers,
Lianes et lierres,
Feuilles et fleurs,
Guirlande clémente
Ivre des pleurs
Que verse l'amante,
Enlacez- vous !
Cachez mon extase,
ce feu si doux,
Ce mal qui m'embrase...
Chants des oiseaux,
Aux nuits étoilées,
Plaintes des eaux
Dans l'herbe voilées,
Vagues ardeurs
Des voix envolées,
A mes langueurs
Soyez mêlées !
L'air est en feu !
J'expire...
Est-ce d'un dieu
Que me vient ce délire ?
Ah ! Quelle loi m'attire ?
Toi pour qui je soupire,
Mortel ou dieu, parais ! parais !
Je suis à toi !

Authorship

Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

13. Hymne au soleil [sung text checked 1 time]

Soleil sacré ! Splendeur ! Amour !
Surgis de l'ombre, ô Roi vermeil !
Le ciel sourit à ton retour,
La mer s'embrase à ton réveil !
Le pré s'émaille,
Chêne et broussaille,
Le bois tressaille
De te revoir !
L'horizon fume,
Au loin, la brume
Tremble et s'allume,
Vaste encensoir !
L'horizon fume,
Au loin la brume
tremble et s'allume,
Vaste encensoir !
Le rêve obscur berçait nos cœurs ;
Un noir bandeau couvrait nos yeux,
Bannis le songe et les terreurs,
Rallume en nous l'espoir joyeux !
Démons sans nombre
De la nuit sombre,
Fuyez, dans l'ombre précipités !
O jour sublime !
Le mal, le crime
Meurt dans l'abîme
De tes clartés !

Authorship

Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

14. Les lavandières [sung text checked 1 time]

Au clair de lune,
Femmes, que lavez-vous
Toutes trois à genoux
Près de la source brune?
Au clair de lune,
Femmes, que lavez-vous?

Sur cette rive
Que tardez-vous ainsi?
(Dans le bois obscurci
Monte une voix plaintive...)
Sur cette rive
Que tardez-vous ainsi?

Pâles laveuses,
Dites-moi votre nom!
Quel oeuvre de Démon
Font vos mains ténébreuses?
Pâles laveuses,
Dites-moi votre nom!

--Je suis Misère,
--Moi je suis Trahison.
--Moi, ma blanche maison
C'est le froid cimetière.
--Je suis Misère,
--Moi je suis Trahison.

Dites, par grâce,
Quel est ce noir lambeau?
(Ah! le froid du tombeau
Me saisit et me glace!)
Dites, par grâce,
Quel est ce noir lambeau?

Enfant du rêve,
Ce lambeau, c'est ton coeur,
Dans l'eau de la douleur,
Nous le plongeons sans trêve.
Enfant du rêve,
Ce lambeau, c'est ton coeur!

Authorship

Researcher for this text: Andrew Schneider [Guest Editor]

15. Pareil à la mer profonde [sung text checked 1 time]

Mon cœur est pareil à la mer profonde
Où luit un palais qu'on n'a jamais trouvé ;
Sur l'or merveilleux se referme l'onde...
Mon cœur se ferma sur son amour rêvé.
Les anges du jour, les monstres de l'ombre,
Assiègent en vain le bleu rempart des flots ;
Mon cœur très joyeux, ou mon cœur très sombre,
n'a rien révélé : ni rire ni sanglots.
Mais toi, tu verras, ô ma chère idole !
Régner dans mon cœur le charme de tes yeux.
Alors je chanterai ton nom, et ma parole
Des gloires de l'Amour incendiera les cieux !

Authorship

Researcher for this text: Guy Laffaille [Guest Editor]

16. La princesse sans cœur [sung text checked 1 time]

Avez-vous vu dans les bois cette nuit
Passer comme un rayon lunaire,
Sans bruit,
Une forme blanche et légère
Qu'un fantôme accompagne et suit ?
Elle cueille
Feuille à feuille,
Patiemment, dans les gazons,
Les malfaisantes floraisons
Dont l'enfer tire ses poisons
Qui font tomber en pamoisons
Les infortunés qu'elle accueille
De ses trahisons !
C'est elle qu'il me faut aimer et suivre !
C'est elle que je hais !
C'est elle qui m'enivre !
C'est elle qu'il me faut tuer, si je veux vivre,
L'infernale et magique fleur !
C'est la traîtresse, 
L'enchanteresse,
Qui torture et séduit sans cesse !
C'est la princesse
Sans cœur !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

17. Rêverie [sung text checked 1 time]

« La plaine et ses fleurs, la mer et ses vagues,
La source qui brille au déclin du jour,
Et l'immense nuit aux étoiles vagues,
Je donnerais tout pour un mot d'amour ! »
Ah ! « Istambouli ! »
J'ai le mal du pays, du pays que j'ignore !
Ah ! « Istambouli ! »
Qui donc m'emportera
Vers l'azur et l'aurore !
« Le ciel des Houris où l'âme est ravie,
Mon sauvage cœur que l'on peu briser,
Ma joie et mes pleurs, mon sang et ma vie,
Je donnerais tout pour un seul baiser !
Ah ! « Istambouli ! »
J'ai le mal du pays, du pays que j'ignore !
Qui donc m'emportera
Vers l'azur et l'aurore !

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18. Toujours elle ! [sung text checked 1 time]

Les oiseaux dans les tendres bois
Gazouillent tous avec ta voix,
O bien-aimée !
Et les ruisseaux, dans les gazons,
Courent avec de clairs frissons
Sous la ramée,
Comme tes petits pieds hardis
Qui vont cherchant des paradis
Parmi les mousses !
Et dans les buissons querelleurs
S'ouvrent, comme ta bouche en fleurs,
Les roses douces !

Au loin, neigeux comme ton sein,
Je vois les monts au pur dessin
Que l'aube dore,
Et dans la profondeur des cieux
C'est l'azur changeant de tes yeux
Qui brille encore !
Mais là-bas, près du flot glaçant
Pousse une fleur couleur de sang,
Couleur de flamme...
O Dieux ! c'est ton baiser mortel !
Ton baiser de musc et de miel
Qui m'a pris l'âme !

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19. Coucher de soleil [sung text checked 1 time]

Rappelle-toi le soir d'automne
Où les airs étaient embaumés,
Rappelle-toi le soir d'automne
Où nous nous sommes tant aimés !
Seuls sous l'azur plein de mystère
Nos cœurs battaient à se briser,
Le soleil s'éteignait et les cieux et la terre
Semblaient se réunir en un profond baiser !

Nous entendions frémir la plaine,
Frissonner les bois et les champs.
Nous entendions frémir la plaine
Au murmure de nos vingt ans !
Heureux, oubliés, loin du monde,
Nous rêvions sous l'immensité
Ah ! Pour un seul cheveu de cette tête blonde
J'aurais donné ma part de l'immortalité !

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20. Le fil des cœurs [sung text checked 1 time]

Quand tu pars, désertant ces bras,
Je sens comme un fil qui me tire l'âme.
Un fil si ténu qu'on ne le sent pas
Tant que l'on se grise au philtre de flamme ;
Mais sitôt que l'on s'est quitté,
Le fil s'étire, s'étire, s'étire
Jusqu'à la torture et jusqu'au martyre,
Et pourtant ce martyre est une volupté !

Car si l'Amour tendre et barbare, 
Qui nous lia pour la terre et les cieux,
Fait saigner nos cœurs qu'il sépare,
En tirant le fil radieux,
Lorsqu'il daigne, brisant ses armes,
Unir enfin nos cœurs brisés,
Nos baisers ont le goût des larmes,
Et ce sont les meilleurs baisers !

Authorship

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