12 mélodies

Song Cycle by Eduard Lassen (1830 - 1904)

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1. Chanson [sung text not yet checked]

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez
Ce n'est point assez de tant de tristesse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?

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2. L'empressement [sung text not yet checked]

C'est moi qui choisis, dans les roses, 
La plus belle rose pour toi ; 
Devant l'asile où tu reposes, 
Qui passe à toute heure?... c'est moi.
C'est moi qui t'aime avec délire ;
Mais c'est même un secret pour toi ;
Et si l'on ose te le dire,
  Ce n'est pas moi.

C'est moi qui dis que tes compagnes
Ont peu de charmes près de toi ;
Dans nos salons, dans nos campagnes,
Qui te cherche toujours?... c'est moi.
C'est moi qui cours, qui cours bien vite,
Pour être au bal même avant toi ;
Si quelqu'un reste après ta fuite,
  Ce n'est pas moi.

C'est moi qui n'ai qu'une espérance,
C'est d'être un jour compris par toi ;
Et méconnu, dans ma souffrance,
Qui t'aimerait encor ?... c'est moi.
C'est moi qui te serai fidèle ;
Et si quelqu'un vit loin de toi,
Vengé par une amour nouvelle,
  Ce n'est pas moi.

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3. Le passé [sung text not yet checked]

Que j'ai souffert dans mes jeunes années, 
Quand je croyais aux longs enchantemens ! 
Que j'ai souffert aux heures fortunées, 
Lorsque ma joie était dans mes tourmens !
Tout est fini maintenant, et j'oublie,
J'oublie un nom que je disais tout bas :
Racontez-moi ce qu'on fait dans la vie ;
Je ne vis plus, car je ne souffre pas.

Le soir encore, à travers la vallée,
Voit-on passer, dans la blanche vapeur,
Comme autrefois, une femme voilée
Qui n'est pas seule, et dit pourtant : J'ai peur !
Sont-ils troublés quand leur âme est ravie?
Des pas jaloux poursuivent-ils leurs pas ?
Racontez-moi ce qu'on fait dans la vie ;
Je ne vis plus, car je ne soufire pas.

Prépare-t-on une chaîne inflexible
Pour retenir de légères amours?
Comme autrefois croit-on que c'est possible,
Comme autrefois se trompe-t-on toujours?
La jeune fille est-elle poursuivie
Par des remords après de longs combats ?
Racontez-moi ce qu'on fait dans la vie ;
Je ne vis plus, car je ne souffre pas.

Près de l'autel où l'encens s'évapore,
Va-t-on prier pour des êtres chéris ?
Et s'aime-t-on, et s'écrit-on encore,
Et les billets sont-ils toujours surpris ?
Un mot charmant donne-t-il la folie?
Un mot cruel donne-t-il le trépas?
Racontez-moi ce qu'on fait dans la vie ;
Je ne vis plus, car je ne souffre pas.

Est-il encor, sous des gazes discrètes,
Des yeux d'azur, de longs cheveux dorés,
De douces voix et des bouches muettes,
Et des adieux et des coeurs déchirés?
Puis des talens, et toujours de l'envie ;
Puis des bienfaits, et toujours des ingrats?
Racontez-moi ce qu'on fait dans la vie ;
Je ne vis plus, car je ne souffre pas. 

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4. Peppa [sung text not yet checked]

J'aime Peppa, mon Espagnole,
Mon Espagnole à l'œil plus clair
Que le bronze de l'espingole,
Oh! ma Peppa, dont le pied vole
Jetant des paillettes en l'air ;
Ange entouré d'une auréole
Qui consume comme l'éclair.

Mon amoureuse de Valence
Cache son front sous un réseau ;
Son col ploie avec indolence ;
Au moindre accord elle s'élance,
Chante et bondit : -- c'est un oiseau ;
Et son corps dans l'air se balance
Comme sur la vague un vaisseau.

A la fête qui la réclame,
Elle court d'un air triomphant.
Toute modeste dans son âme,
Elle a les façons d'une dame. 
Elle aime ce qu'on lui défend,
Et joint à ses grâces de femme
Des caprices... comme un enfant.

Elle a des rêves sur sa couche
Purs comme un lis en sa couleur,
Une innocence qu'effarouche
Le chaste regard qui la touche,
Un sourire dans sa douleur,
Et des paroles sur sa bouche,
Qu'on respire comme une fleur.

Peut-elle craindre qu'on lui mente?
Aucune amour ne la trompa !
Mais moi... d'hier je me tourmente,
Hier je la vis si charmante,
Qu'un soupçon au cœur me frappa :
Un poignard reluit sous la mante
De ton jeune époux... ma Peppa.

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5. L'adolescence [sung text not yet checked]

Déjà te voilà belle et grande, 
Les jeux cessent de te charmer ; 
Avant que l'amour te demande, 
Ton jeune cœur jure d'aimer ;
Et ta bouche avec un "sourire,
Redit ce serment passager ;
Ta voix le confie à ta lyre,
Et ta lyre au zéphyr léger.

Voilà qu'il vient l'âge des belles,
Ils vont venir les beaux amans,
Ils jureront d'être fidèles,
Tu souriras à leurs sermens ;
Mais les sermens et le sourire
Sont comme ces chants passagers
Que ta voix confie à ta lyre,
Et ta lyre aux zéphyrs légers.

Quand tu connaîtras nos alarmes ;
Quand tu connaîtras nos amours,
Quand tu sauras toutes les larmes
Des jours qu'on nomme nos beaux jours ;
Alors, oseras-tu redire
Ces chants, ces sermens passagers,
Que ta voix confie à ta lyre,
Et ta lyre aux zéphyrs légers ?

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6. La crainte [sung text not yet checked]

Je pleure quand je suis heureuse, 
J'ai bien raison d'être peureuse, 
J'ai bien raison de m'alarmer ; 
Ma joie est triste et douloureuse :
Ah ! j'ai peur, j'ai peur de l'aimer.

J'entends dans les bruits du zéphyre,
J'entends dans les sons de ma lyre,
Des voix qui semblent le nommer ;
Et son nom, je n'ose le dire ;
Ah ! j'ai peur, j'ai peur de l'aimer.

Quand près de lui, jeune et modeste,
Une femme au regard céleste
Le charme, ou paraît le charmer;
Dans mon dépit je le déteste...
Ah ! j'ai peur, j'ai peur de l'aimer.

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7. Le pêcheur [sung text not yet checked]

  Quand vient la nuit, au doux mystère, 
  La nuit propice aux matelots,
  Je pars gaîment, je fuis la terre 
  Plus orageuse que les flots.
  Dans le ciel et dans l'onde même 
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours;
  Je gouverne, je chante et j'aime 
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.

  Je me fie à l'eau lente et vive ;
  A terre je laisse les pleurs ;
  Le buisson, que retient la rive,
  Jette sur moi toutes ses fleurs.
  Dans le ciel et dans l'onde même 
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours ;
  Je gouverne, je chante et j'aime
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.

  Sur toi ma voile étend sa voûte ;
  Belle, aucun pas ne nous poursuit ;
  Et si, là-bas, on nous écoute,
  De ma rame on entend le bruit.
  Dans le ciel et dans l'onde même 
J'aperçois mon étoile, et j'espère toujours ;
  Je gouverne, je chante et j'aime
Ma nacelle, ma rame et mes jeunes amours.

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8. Rayons de printemps [sung text not yet checked]

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9. L'idéal [sung text not yet checked]

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10. La vieille d'Amalfi [sung text not yet checked]

Quand assise, a douze ans à l'angle du verger 
 . . . . . . . . . .

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11. Le moulin de Milly [sung text not yet checked]

Le chaume et la mousse
Verdissent le toit ;
La colombe y glousse,
L'hirondelle y boit ;
Le bras d'un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D'une ombre de paix.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

Une verte pente
Trace les sentiers
Du flot qui serpente
Sous les noisetiers ;
L'écluse champêtre
L'arrête au niveau,
Et de la fenêtre
La main touche l'eau.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

Le soir, qui s'épanche
D'en haut sur les prés,
Du coteau qui penche
Descend par degrés ;
Sur le vert plus sombre,
Chaque arbre à son tour
Couche sa grande ombre
A la fin du jour.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

De sa sombre base,
Le blanc peuplier
Elève son vase
Au ciel sans plier ;
De sa flèche il plonge
Dans l'éther bruni,
Comme un divin songe
Monte à l'Infini.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

La rosée en pluie
Brille à tout rameau ;
Le rayon essuie
La poussière d'eau ;
Le vent, qui secoue
Les vergers flottants,
Fait sur notre joue
Neiger le printemps.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

Sous la feuille morte
Le brun rossignol
Niche vers la porte,
Au niveau du sol ;
L'enfant qui se penche
Voit dans le jasmin
Ses œufs sur la branche,
Et retient sa main.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

L'onde qui s'élance,
Égale et sans fin,
Fait battre en cadence
Le pont du moulin ;
A chaque mesure
On croit écouter
Sous cette nature
Un cœur palpiter.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

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12. Pastel [sung text not yet checked]

J'aime à vous voir en vos cadres ovales,
Portraits jaunis des belles du vieux temps,
Tenant en main des roses un peu pâles,
Comme il convient à des fleurs de cent ans.

Le vent d'hiver, en vous touchant la joue,
A fait mourir vos oeillets et vos lis,
Vous n'avez plus que des mouches de boue
Et sur les quais vous gisez tout salis.

Il est passé, le doux règne des belles;
La Parabère avec la Pompadour
Ne trouveraient que des sujets rebelles,
Et sous leur tombe est enterré l'amour.

Vous, cependant, vieux portraits qu'on oublie,
Vous respirez vos bouquets sans parfums,
Et souriez avec mélancolie
Au souvenir de vos galants défunts.

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