by Heinrich Heine (1797 - 1856)
Translation © by Pierre Mathé

Meergruß
Language: German (Deutsch) 
Available translation(s): FRE
Thalatta! Thalatta!
Sei mir gegrüßt, du ewiges Meer!
Sei mir gegrüßt zehntausendmal,
Aus jauchzendem Herzen,
Wie einst dich begrüßten
Zehntausend Griechenherzen,
Unglückbekämpfende, heimatverlangende,
Weltberühmte Griechenherzen.

Es wogten die Fluten,
Sie wogten und brausten,
Die Sonne goß eilig herunter
Die spielenden Rosenlichter,
Die aufgescheuchten Möwenzüge
Flatterten fort, lautschreiend,
Es stampften die Rosse, es klirrten die Schilde,
Und weithin erscholl es wie Siegesruf:
Thalatta! Thalatta!

Sei mir gegrüßt, du ewiges Meer!
Wie Sprache der Heimat rauscht mir dein Wasser,
Wie Träume der Kindheit seh ich es flimmern
Auf deinem wogenden Wellengebiet,
Und alte Erinnerung erzählt mir aufs neue
Von all dem lieben, herrlichen Spielzeug,
Von all den blinkenden Weihnachtsgaben,
Von all den roten Korallenbäumen,
Goldfischchen, Perlen und bunten Muscheln,
Die du geheimnisvoll bewahrst,
Dort unten im klaren Kristallhaus.

O! wie hab ich geschmachtet in öder Fremde!
Gleich einer welken Blume
In des Botanikers blecherner Kapsel,
Lag mir das Herz in der Brust.
Mir ist, als saß ich winterlange,
Ein Kranker, in dunkler Krankenstube,
Und nun verlaß ich sie plötzlich,
Und blendend strahlt mir entgegen
Der smaragdene Frühling, der sonnengeweckte,
Und es rauschen die weißen Blütenbäume,
Und die jungen Blumen schauen mich an,
Mit bunten, duftenden Augen,
Und es duftet und summt, und atmet und lacht,
Und im blauen Himmel singen die Vöglein --
Thalatta! Thalatta!

Du tapferes Rückzugherz!
Wie oft, wie bitteroft
Bedrängten dich des Nordens Barbarinnen!
Aus großen, siegenden Augen
Schossen sie brennende Pfeile;
Mit krummgeschliffenen Worten
Drohten sie mir die Brust zu spalten;
Mit Keilschriftbillets zerschlugen sie mir
Das arme, betäubte Gehirn -
Vergebens hielt ich den Schild entgegen,
Die Pfeile zischten, die Hiebe krachten,
Und von des Nordens Barbarinnen
Ward ich gedrängt bis ans Meer
Und frei aufatmend begrüß ich das Meer,
Das liebe, rettende Meer --
Thalatta! Thalatta!

S. Lange sets stanzas 1 (lines 1-4), 3 (lines 2-4), and 4 (lines 3-10, 13)

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)

  • by Samuel de Lange (1840 - 1911), "Meergruß", op. 87 (Die Nordsee : vier Gesänge) no. 1, published 190-?, stanzas 1 (lines 1-4), 3 (lines 2-4), and 4 (lines 3-10,13). [baritone and orchestra] [
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

Text added to the website: 2008-05-07 00:00:00
Last modified: 2014-06-16 10:02:42
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Word count: 288

Salut à la mer
Language: French (Français)  after the German (Deutsch) 
Talatta ! Talatta !
Je te salue, mer éternelle !
Je te salue mille fois,
D'un cœur jubilant,
Comme jadis t'ont salué
Dix mille cœurs grecs,
Combattants malheureux, nostalgiques de leur patrie,
Des cœurs grecs à la gloire universelle.

Les flots étaient houleux,
Ils s'enflaient et grondaient,
Le soleil déversait vivement
Sa chatoyante lumière rose,
Les bandes de mouettes effrayées
Voletaient avec des cris stridents,
Les chevaux piaffaient, les boucliers cliquetaient,
Et au loin retentissait comme un cri de vistoire :
Talatta ! Talatta !

Je te salue, mer éternelle !
Tes eaux murmurent comme le langage de mon pays,
Je les vois scintiller comme les rêves de l'enfance
Sur ton domaine houleux
Et je me remémore d'anciens souvenirs,
Tous ces chers, merveilleux jouets,
Tous ces brillants cadeaux de Noël,
Tous ces arbres de corail,
Ces poissons d'or, ces perles et ces coquillages colorés
Que tu conserves mystérieusement
Là-dessous, dans ta limpide maison de cristal.

Ô ! comme je me suis langui dans cet exil désolé !
Pareil à une fleur fanée
Dans l'étui de fer-blanc du botaniste,
Mon cœur gisait en ma poitrine.
C'était comme si durant tout un hiver j'étais
Un malade, dans une sombre chambre
Et que maintenant, soudain je la quittais
Et qu'aveuglant rayonnait sur moi
Le printemps d'émeraude, réveillé par le soleil
Et que les blancs arbres en fleurs bruissaient ,
Et que les jeunes fleurs me regardaient
De leurs yeux colorés et odorants,
Et tout embaume, fredonne, respire et rit,
Et les oiseaux chantent dans l'azur du ciel --
Talatta ! Talatta !

Toi, vaillant cœur en déroute !
Combien souvent, combien cruellement souvent
Les femmes barbares du nord t'ont oppressé !
De leurs grands yeux victorieux
Elles tiraient des flèches enflammées ;
Avec des paroles déloyales et aiguisées
Elles menaçaient de me transpercer la poitrine ;
Avec leurs écrits cunéiformes elles détruisaient
Mon pauvre cerveau abruti --
En vain j'opposais mon bouclier,
Les flèches sifflaient, les coups crépitaient,
Et par les guerrières barbares du nord
Je fus acculé à la mer,
Et reprenant mon souffle, libre, je salue la mer,
La chère mer salvatrice --
Talatta ! Talatta !

Authorship

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2009 by Pierre Mathé, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
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Text added to the website: 2009-11-04 00:00:00
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