Recueil de Mélodies, 1er volume

by André Philippe Alfred Régnier de Massa, comte Gronau (1837 - 1913)

1. Sonnet 

Si vous connaissez quelle reine
 . . . . . . . . . .

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Authorship:

  • by Anonymous / Unidentified Author

2. Les Oiseaux [sung text not yet checked]

Orchestre du Très-Haut, bardes de ses louanges,
Ils chantent à l’été des notes de bonheur ;
Ils parcourent les airs avec des ailes d’anges
Échappés tout joyeux des jardins du Seigneur.

Tant que durent les fleurs, tant que l’épi qu’on coupe
Laisse tomber un grain sur les sillons jaunis,
Tant que le rude hiver n’a pas gelé la coupe
Où leurs pieds vont poser comme aux bords de leurs nids,

Ils remplissent le ciel de musique et de joie :
La jeune fille embaume et verdit leur prison,
L’enfant passe la main sur leur duvet de soie,
Le vieillard les nourrit au seuil de sa maison.

Mais dans les mois d’hiver, quand la neige et le givre
Ont remplacé la feuille et le fruit, où vont-ils ?
Ont-ils cessé d’aimer ? Ont-ils cessé de vivre ?
Nul ne sait le secret de leurs lointains exils.

[ ... ]

On voit pendre à la branche un nid rempli d’écailles,
Dont le vent pluvieux balance un noir débris ;
Pauvre maison en deuil et vieux pan de murailles
Que les petits, hier, réjouissaient de cris.

Ô mes charmants oiseaux, vous si joyeux d’éclore !
La vie est donc un piége où le bon Dieu vous prend ?
Hélas ! c’est comme nous. Et nous chantons encore !
Que Dieu serait cruel, s’il n’était pas si grand !

Authorship:

Confirmed with Œuvres complètes de Lamartine, Chez l’auteur, 1860, 1, pages 297-298.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Guy Laffaille [Guest Editor]

3. Chanson [sung text not yet checked]

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez
Ce n'est point assez de tant de tristesse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Madrid [sung text not yet checked]

Madrid, princesse des Espagnes,
Il court par tes mille campagnes
Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs.
La blanche ville aux sérénades,
Il passe par tes promenades
Bien des petits pieds tous les soirs.

[Madrid, quand tes taureaux bondissent,
Bien des mains blanches applaudissent,]1
Bien des écharpes sont en [jeux]2;
Par tes belles nuits étoilées, 
Bien des señoras long voilées
Descendent tes escaliers bleus.

Madrid, Madrid, moi, je me raille
De tes dames à fine taille 
Qui chaussent l'escarpin étroit;
Car j'en sais une, par le monde,
Que jamais ni brune ni blonde
N'ont valu le bout de son doigt!

J'en sais une, et certes la duègne
Qui la surveille et qui la peigne
N'ouvre sa fenêtre qu'à moi ;
Certes, qui veut qu'on le redresse,
N'a qu'à l'approcher à la messe,
Fût-ce l'archevêque ou le roi.

Car c'est ma princesse Andalouse!
Mon amoureuse, ma jalouse, 
Ma belle veuve au long réseau!
C'est un vrai démon, c'est un ange!
Elle est jaune comme une orange,
Elle est vive comme l'oiseau! 

Oh ! quand sur ma bouche idolâtre
Elle se pâme, la folâtre,
Il faut voir, dans nos grands combats,
Ce corps si souple et si fragile,
Ainsi qu'une couleuvre agile,
Fuir et glisser entre mes bras !

Or, si d'aventure on s'enquête
Qui m'a valu telle conquête,
C'est l'allure de mon cheval, 
Un compliment sur sa mantille
[Puis]3 des bonbons à la vanille 
Par un beau soir de carnaval.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Amanda Cole) , "Madrid", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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1 omitted by Viardot-Garcia.
1 Viardot-Garcia: "jeu"
3 Viardot-Garcia: "Et"

Researcher for this text: John Versmoren

5. Hymne de l'enfant à son réveil [sung text not yet checked]

Ô Père qu'adore mon père !
Toi qu'on ne nomme qu'à genoux ;
Toi dont le nom terrible et doux
Fait courber le front de ma mère ;

On dit que ce brillant soleil
N'est qu'un jouet de ta puissance ;
Que sous tes pieds il se balance
Comme une lampe de vermeil.

On dit que c'est toi qui fais naître
Les petits oiseaux dans les champs,
[Et]1 qui donne aux petits enfants
Une âme aussi pour te connaître.

[ ... ]

On dit qu'il aime à recevoir
Les vœux présentés par l'enfance,
À cause de cette innocence
Que nous avons sans le savoir.

[ ... ]

13. Mon Dieu, donne l'onde aux fontaines,
Donne la plume aux passereaux,
Et la laine aux petits agneaux,
Et l'ombre et la rosée aux plaines.

[ ... ]

Que je sois bon, quoique petit,
Comme cet enfant dans le temple,
Que chaque matin je contemple,
Souriant au pied de mon lit.

Mets dans mon âme la justice,
Sur mes lèvres la vérité,
Qu'avec crainte et docilité
Ta parole en mon cœur mûrisse !

Et que ma voix s'élève à toi
Comme cette douce fumée
Que balance l'urne embaumée
Dans la main d'enfants comme moi !

Authorship:

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Confirmed with Œuvres complètes de Lamartine. Harmonies poétiques et religieuses, Paris, chez l'auteur, 1860, pages 295-298.

1 Lalo: "Et c'est toi"
2 Liszt: "invoquer"
3 lines reversed by Lalo.
4 omitted by Lalo.
5 Lalo: "Donne au"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. À une Fleur [sung text not yet checked]

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu'à moi qui te fait venir?

Sous ce cachet enveloppé,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu? que t'a dit la main 
Qui sur le buisson t'a coupée?

N'es-tu qu'une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée?

Ta fleur, hélas! a la blancheur
De la désolante innocence;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret?
Ton parfum est-il un langage?

S'il en est ainsi, parle bas,   
Mystérieuse messagère;   
S'il n'en est rien, ne réponds pas;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la soeur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colère,
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CAT Catalan (Català) (Salvador Pila) , "A una flor", copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Victoria de Menil) , "To a flower", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

First published in Revue des deux mondes, December 1, 1841.


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7. Ballade à la lune [sung text not yet checked]

[C'était]1, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
  		La lune
Comme un point sur un i.
 
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
  		Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?
 
Es-tu l'œil du ciel borgne ?
    Quel chérubin cafard
  		Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N'es-tu rien qu'une boule,
Qu'un grand faucheux bien gras
		   Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
		   Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer ?

Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
		   Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
		   S'allonge
En croissant rétréci ?

Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit ? T'étais-tu
		   Cognée
A quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
		   Ta corne
à travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
		   La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n'en es que la face
Et déjà, tout ridé,
		   S'efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
[Blanche]2, au sein virginal,
		   Qui presse
Quelque cerf matinal !

Oh ! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
		   Diane,
Et ses grands lévriers !

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
	   L'écoute,
L'écoute s'approcher.
  
Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
  		Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.
  
Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d'Apollo,
		   Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau !

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
		   Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
  		L'histoire
T'embellira toujours.
  
Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
  			[Bénie]3,
Pleine lune ou croissant.
  
T'aimera le vieux pâtre, 
Seul, tandis qu'à ton front
		   D'albâtre
Ses dogues aboieront.
  
T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
		   Qui flotte,
Sous le clair firmament !
  
Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
		   Pied leste,
En chantant sa chanson.
 
Comme un ours à la chaîne, 
Toujours sous tes yeux bleus
		   Se traîne
L'océan montueux.
  
Et qu'il vente ou qu'il neige
Moi-même, chaque soir,
		   Que fais-je,
Venant ici m'asseoir ?
  
Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
		   La lune
Comme un point sur un i.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Barbara Miller) , "Ballad to the moon", copyright © 2005, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Jaroslav Vrchlický) , "Ballada na měsíc"
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "A hold balladája"

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1 Offenbach: "Voyez"
2 Lalo: "Diane"
3 Lalo: "Bénie, tu seras bénie"

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8. L'Automne [sung text not yet checked]

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants, sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

[ ... ]

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

[ ... ]

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ?...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; 
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

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1 not set by Grast.

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9. À Ninon [sung text not yet checked]

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

Si je vous le disais, qu'une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
Peut-être diriez-vous que vous n'y croyez pas.

Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
Le soir, derrière vous, j'écoute au piano
Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;
Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare,
J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

Non, je n'étais pas [né]1 pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

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1 Milhaud: "fait"

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10. Mimi Pinson [sung text not yet checked]

Mimi Pinson est une blonde,
Une blonde que l'on connaît.
Elle n'a qu'une robe au monde,
Landerirette !
Et qu'un bonnet.
Le Grand Turc en a davantage.
Dieu voulut, de cette façon,
La rendre sage.
On ne peut pas la mettre en gage,
La robe de Mimi Pinson. 

Mimi Pinson porte une rose,
Une rose blanche au côté.
Cette fleur dans son cœur éclose,
Landerirette !
C'est la gaîté.
Quand un bon souper la réveille,
Elle fait sortir la chanson
De la bouteille.
Parfois il penche sur l'oreille,
Le bonnet de Mimi Pinson. 

Elle a les yeux et la main prestes.
Les carabins, matin et soir,
Usent les manches de leurs vestes,
Landerirette !
A son comptoir.
Quoique sans maltraiter personne,
Mimi leur fait mieux la leçon
Qu'à la Sorbonne.
Il ne faut pas qu'on la chiffonne,
La robe de Mimi Pinson.

Mimi Pinson peut rester fille ;
Si Dieu le veut, c'est dans son droit.
Elle aura toujours son aiguille,
Landerirette !
Au bout du doigt.
Pour entreprendre sa conquête,
Ce n'est pas tout d'un beau garçon ;
[Faut être]1 honnête,
Car il n'est pas loin de sa tête,
Le bonnet de Mimi Pinson.

D'un gros bouquet de fleurs d'orange
Si l'amour veut la couronner,
Elle a quelque chose en échange,
Landerirette !
A lui donner.
Ce n'est pas, on se l'imagine,
Un manteau sur un écusson
Fourré d'hermine;
C'est l'étui d'une perle fine,
La robe de Mimi Pinson.

Mimi n'a pas l'âme vulgaire,
Mais son cœur est républicain ;
Aux trois jours elle a fait la guerre,
Landerirette !
En casaquin.
A défaut d'une hallebarde,
On l'a vue avec son poinçon
Monter la garde.
Heureux qui mettra sa cocarde
Au bonnet de Mimi Pinson.

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1 Pierné: "Peut-être"

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11. Une Larme [sung text not yet checked]

Tombez, larmes silencieuses,
Sur une terre sans pitié ;
Non plus entre des mains pieuses,
Ni sur le sein de l'amitié !

Tombez comme une aride pluie
Qui rejaillit sur le rocher,
Que nul rayon du ciel n'essuie,
Que nul souffle ne vient sécher.

[ ... ]

Eh bien ! ne cherchons plus sans cesse
La vaine pitié des humains ;
Nourrissons-nous de ma tristesse,
Et cachons mon front dans mes mains.

[ ... ]

C'est alors que ta voix s'élève
Dans le silence de mon coeur,
Et que ta main, mon Dieu ! soulève
Le poids glacé de ma douleur.

On sent que ta tendre parole
À d'autres ne peut se mêler,
Seigneur ! et qu'elle ne console
Que ceux qu'on n'a pu consoler.

Ton bras céleste nous attire
Comme un ami contre son coeur,
Le monde, qui nous voit sourire,
Se dit : " D'où leur vient ce bonheur ? "

[ ... ]

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12. Au Rossignol [sung text not yet checked]

Quand ta voix céleste prélude
Au silence des belles nuits,
Barde aîlé de ma solitude
Tu ne sais pas que je te suis

Tu ne sais pas que mon oreille
Suspendue à ta douce voix
De l'harmonieuse merveille
S'enivre longtemps [sous]1 les bois!

Tu ne sais pas que mon haleine
Sur mes lèvres n'ose passer!
Que mon pied muet foule à peine
La feuille qu'il craint de froisser!

[ ... ]

Oh! mèle ta voix à la mienne!
La même oreille nous entend;
Mais ta prière aérienne
Monte mieux au Ciel qui l'attend!

Elle est l'écho d'une nature
Qui n'est d'amour et pureté,
Le brûlant et divin murmure,
L'hymne flottant des nuits d'été!

Et nous, dans cette voix sans charmes,
Qui gémit en sortant du coeur,
On sent toujours trembler des larmes,
Ou retenir une douleur!

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Confirmed with Oeuvres de Lamartine de l'académie française: édition complète en un volume, Bruxelles, Adolphe Wahlen, Impr. Libr. de la cour, Rue des Sables, No. 22, 1836, pg. 160-161. First published in La Revue de Paris, June 13, 1830.

1 Lebeau: "dans"
2 Lebeau: "Oiseaux"

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13. À Pepa [sung text not yet checked]

Pépa, quand la nuit est venue,
Que ta mère t'a dit adieu ;
Que sous ta lampe, à demie nue,
Tu t'inclines pour prier Dieu ;

A cette heure où l'âme inquiète
Se livre au conseil de la nuit ;
Au moment d'ôter ta cornette
Et de regarder sous ton lit ;

Quand le sommeil sur ta famille
Autour de toi s'est répandu ;
O Pépita, charmante fille,
Mon amour, à quoi penses-tu ?

Qui sait ? Peut-être à l'héroïne
De quelque infortuné roman ;
A tout ce que l'espoir devine
Et la réalité dément ;

Peut-être à ces grandes montagnes
Qui n'accouchent que de souris ;
A des amoureux en Espagne,
A des bonbons, à des maris ;

Peut-être aux tendres confidences
D'un coeur naïf comme le tien ;
A ta robe, aux airs que tu danses ;
Peut-être à moi, peut-être à rien.

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14. Adieux à la poésie [sung text not yet checked]

Il est une heure de silence
Où la solitude est sans voix,
Où tout dort, même l’espérance ;
Où nul zéphyr ne se balance
Sous l’ombre immobile des bois.

Il est un âge où de la lyre
L’âme aussi semble s’endormir,
Où du poétique délire
Le souffle harmonieux expire
Dans le sein qu’il faisait frémir.

L’oiseau qui charme le bocage,
Hélas ! ne chante pas toujours :
À midi, caché sous l’ombrage,
Il n’enchante de son ramage
Que l’aube et le déclin des jours.

Adieu donc, adieu, voici l’heure,
Lyre aux accords mélodieux !
En vain à la main qui t’effleure
Ta fibre encor répond et pleure :
Voici l’heure de nos adieux.

[ ... ]

Peut-être à moi, lyre chérie,
Tu reviendras dans l’avenir,
Quand, de songes divins suivie,
La mort approche, et que la vie
S’éloigne comme un souvenir.

[ ... ]

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Confirmed with Œuvres complètes de Lamartine, Chez l’auteur, 1860, Tome 1, pages 489-493.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

15. Les Saisons 

Subtitle: Scène lyrique

Salut, douces haleines
 . . . . . . . . . .

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