Chansons de Ronsard

Song Cycle by William Hawley (b. 1950)

Word count: 679

1. Sur la mort de Marie [sung text checked 1 time]

Comme on voit sur la branche au mois de May la rose
En sa belle jeunesse, en sa premiere fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose:
La grace dans sa fueille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur:
Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt fueille à fueille déclose:
Ainsi en ta premiere et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoroient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , "On the death of Marie", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Bel aubepin [sung text checked 1 time]

Bel aubespin verdissant,
  Fleurissant
Le long de ce beau rivage,
Tu es vestu jusq'au [bas]1
  Des longs bras
D'une lambrunche sauvage.

Deux camps drillantz de fourmis
  Se sont mis
En garnison soubz ta souche ;
Et dans ton tronc mi-mangé,
  Arrangé,
Les avettes ont leur couche.

Le gentil rossignolet
  Nouvelet,
Avecque sa bien aymée,
Pour ses amours aleger
  Vient loger
Tous les ans [dans]2 ta ramée:

[Sur ta cyme]3 il fait son ny
  Bien garny
De laine et de fine soye,
Où ses petitz [esclorront]4,
  Qui seront
De mes mains la douce proye.

Or vy, gentil aubespin,
  Vy sans fin,
Vy sans que jamais tonnerre,
Ou la coignée, ou les vens,
  Ou les tems
Te [puissent]5 ruer par terre.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , "Ode", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Janequin: "bras" (possibly a typo)
2 Hawley: "en"
3 Hawley: "Dans laquelle"
4 Hawley: "s'eclorront"
5 Janequin: "puisse"
Modernized version (used by Rivier and Leguerney)
Bel aubépin, verdissant, 
  Fleurissant 
Le long de ce beau rivage, 
Tu es vêtu jusqu'au bas 
  [Des longs]1 bras 
D'une lambruche sauvage. 

Deux camps drillants de fourmis 
Se sont mis 
En garnison sous ta souche; 
Et dans ton tronc mimangé, 
Arrangé, 
Les avettes ont leur couche. 

Le gentil rossignolet 
Nouvelet, 
Avecque sa bien-aimée, 
Pour ses amours alléger 
Vient loger 
Tous les ans [en]2 ta ramée. 

Sur ta cime il fait son nid 
Bien garni 
De laine et de fine soie, 
Où ses petits écloront, 
Qui seront 
De mes mains la douce proie. 

Or vis, gentil aubépin, 
Vis sans fin, 
Vis sans que jamais tonnerre, 
Ou la cognée, ou les vents, 
Ou les temps
Te puissent ruer par terre.

1 Leguerney: "De tes"
2 Rivier: "dans"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Ah longues nuicts d'hyver [sung text checked 1 time]

Ah longues nuicts d'hyver, de ma vie bourrelles,
Donnez moy patience, et me laissez dormir,
Vostre nom seulement et suer et fremir
Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles.

Le sommeil tant soit peu n'esvante de ses ailes
Mes yeux tousjours ouvers, et ne puis affermir
Paupiere sur paupiere, et ne fais que gemir,
Souffrant comme Ixion des peines eternelles.

Vielle [umbre]1 de la terre, ainçois l'umbre d'enfer,
Tu m'as ouvert les yeux d'une chaisne de fer,
Me consumant au lict, navré de mille pointes:

Pour chasser mes douleurs ameine moy la mort:
Ha mort, le port commun, des hommes le confort,
Viens enterrer mes maux, je t'en prie a mains jointes.

Authorship

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , "Oh the long nights of winter", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Hawley: "ombre", passim.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. À la Fontaine Bellerie [sung text checked 1 time]

O Déesse Bellerie,
Belle Déesse cherie
De nos Nimphes, dont la vois
Sonne ta gloire hautaine
Accordante au son des bois,
Voire au bruit de ta fontaine,
Et de mes vers que tu ois.

Tu es la Nimphe eternelle
De ma terre paternelle,
Pource en ce pré verdelet
Voi ton Poëte qui t'orne
D'un petit chevreau de laict,
A qui l'une & l'autre corne
Sortent du front nouvelet.

Sus ton bord je me repose,
Et là oisif je compose
Caché sous tes saules vers
Je ne sçai quoi, qui ta gloire
Envoira par l'univers,
Commandant à la memoire
Que tu vives par mes vers.

L'ardeur de la Canicule
Toi, ne tes rives ne brule,
Tellement qu'en toutes pars
Ton ombre est epaisse & drue
Aus pasteurs venans des parcs,
Aus beufs las de la charue,
Et au bestial epars.

Tu seras faites sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi çelebrant le conduit
Du rocher persé, qui darde
Avec un enroué bruit,
L'eau de ta source jazarde
Qui trepillante se suit.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , "To the Bellerie fountain", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission

This is the later version of the ode.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Ode à Cassandre [sung text checked 1 time]

  Mignonn', allon voir si la rose
Qui ce matin avoit declose
Sa robe de pourpr' au soleil,
A point perdu, cette vesprée,
Le plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

  Las, voyés comm' en peu d'espace,
Mignonn', ell' a dessus la place,
Las, las, ses beautés laissé cheoir!
Ô vrayement maratre nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

  Donc, si vous me croiés, mignonne:
Tandis que vostr' age fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillés, cueillés vostre jeunesse,
Comm' à cette fleur, la viellesse
Fera ternir vostre beauté.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Mignonne", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
Modernized version (used by Chaminade, Manduell, Wagner, and perhaps others):
Mignonne, allons voir si la rose,
Qui ce matin avait desclose
Sa robe de pourpre au soleil,
N'a point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a, dessus la place,
Las! Las! ses beautés laissé cheoir!
Ô vraiment marâtre nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

[Or donc, écoutez-moi,]1 Mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
[En]2 sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
[Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.]3
1 Chaminade, Manduell: "Donc, si vous m'en croyez" (So if you believe me)
2 Chaminade: "Dans"
3 Manduell: "Comme à ceste fleur la vieillesse/ Fera ternir vostre beauté."

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Envoy: À son âme [sung text checked 1 time]

Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Treschere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid Royaume des mors :
Toutesfois simple, sans remors
De meurtre, poison, [ou]1 rancune,
Mesprisant faveurs et tresors
Tant enviez par la commune.

Passant, j'ay dit, suy ta fortune
Ne trouble mon repos, je dors.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Laura Prichard) , copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (David Wyatt) , "To his Soul", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "Ronsard a su alma", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Hawley: "et"

Modernized version (used by Ravel):
Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette, doucelette,
Trés chére hostesse de mon corps,
Tu descens là-bas, faiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid royaume des mors;
Toutesfois simple, sans remors
De meurtre, poison, et raucune,
Méprisant faveurs et trésors,
Tant enviez par la commune.

Passant, j'ay dit: suy ta fortune,
Ne trouble mon repos, je dors.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]