Huit mélodies de jeunesse (sur des poèmes de Pierre de Ronsard, C. Hugues, Jean Richepin, Paul Bourget, Paul-Armand Silvestre, R. Rousseil, Théophile Gautier

by Louis-Charles-Bonaventure-Alfred Bruneau (1857 - 1934)

Word count: 731

1. Mignonne ! [sung text not yet checked]

  Mignonn', allon voir si la rose
Qui ce matin avoit declose
Sa robe de pourpr' au soleil,
A point perdu, cette vesprée,
Le plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

  Las, voyés comm' en peu d'espace,
Mignonn', ell' a dessus la place,
Las, las, ses beautés laissé cheoir!
Ô vrayement maratre nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

  Donc, si vous me croiés, mignonne:
Tandis que vostr' age fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillés, cueillés vostre jeunesse,
Comm' à cette fleur, la viellesse
Fera ternir vostre beauté.

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  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Mignonne", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

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Modernized version (used by Chaminade, Manduell, Wagner, and perhaps others):
Mignonne, allons voir si la rose,
Qui ce matin avait desclose
Sa robe de pourpre au soleil,
N'a point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a, dessus la place,
Las! Las! ses beautés laissé cheoir!
Ô vraiment marâtre nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

[Or donc, écoutez-moi,]1 Mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
[En]2 sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
[Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.]3
1 Chaminade, Manduell: "Donc, si vous m'en croyez" (So if you believe me)
2 Chaminade: "Dans"
3 Manduell: "Comme à ceste fleur la vieillesse/ Fera ternir vostre beauté."

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2. Berceuse [sung text checked 1 time]

Dors dans ton berceau, petite Mireille,
Comme l'oiselet s'endort dans son nid,
Plein d'aube vermeille;
Dors: ta mere est là! dors: ton père veille!
Dors bien doucement: l'amour te bénit.

Nous t'avons donné, charmante mignonne,
Un nom fait avec des syllabes d'or
Où le ciel rayonne;
Et ce nom est comme un grelot qui sonne
Dans les grands blés mûrs, quand vient Messidor.

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3. Chanson d'avril [sung text not yet checked]

Ohé ! la belle, en vous levant,
Entendez-vous chanter le vent 
  Dans les premières pousses ?
Il dit que le vieux temps est feu 
Où l'on reste devant son feu
  A se tourner les pouces ;

Il dit que les lilas sont las 
De t'attendre, car les lilas 
  Sont pour que tu les cueilles ; 
Il dit que c'est le bon moment 
Pour venir rapprendre comment 
  Est fait l'envers des feuilles.

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Confirmed with Revue illustrée, Décembre 1886 - Juin 1887, Volume 3, ed. by F. G. Dumas, Paris, page 340.


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4. Nuit d'été [sung text not yet checked]

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui viens à nous
Parmi les foins coupés et sous la lune rose, 
Tu dis aux amoureux de se mettrte à genoux 
Et sur leur [front brûlant]1 un souffle frais se pose !

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui fais fleurir 
Les fleurs dans les gazons et les fleurs sur les branches,
Tu dis aux tendres cœurs des femmes de s'ouvrir
Et sous les blonds tilleuls errent [des]2 formes blanches !

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui sur les mers 
Alanguis le sanglot des houles convulsées,
Tu dis aux isolés de n'être [pas]3 amers 
Et la paix de ton ciel descend dans leurs pensées.

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui parles bas,
Tes pieds se font légers et ta voix endormante,
Pour que les pauvres morts ne se réveillent pas,
Eux qui peuvent plus aimer, ô nuit aimante !

Authorship

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1 Corbin: "fronts brûlants"
2 Widor: "les"
3 Corbin: "plus"

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5. Aimons au temps d'Automne ! [sung text not yet checked]

Puisque vous adorez les fleurs,
Songez que l'heure vient, Madame,
Où les roses n'auront plus d'âme
Et les iris plus de couleurs.
Avant qu'un souffle monotone
Ait penché les derniers gazons
Sous l'or pâli des frondaisons,
Aimons, aimons au temps d'automne!

Puisque vous vous plaisez aux chants
Que dans l'azur l'oiseau balance,
Songez que l'ombre et le silence
Descendent des coteaux penchants.
Le vin qui bruit dans la tonne
Dit un dernier hymne au soleil:
Sous le couchant encor vermeil
Aimons, aimons au temps d'automne.

Puisque vous savez qu'il n'est qu'heur
Et malheur dans la destinée,
Mais qu'une douceur est donnée
Aux chères tortures du coeur,
Avant que le nôtre s'étonne
De ne plus savoir en souffrir,
Pour qu'il se garde de guérir
Aimons, aimons au temps d'automne!

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  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Autumn days"

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6. Chanson arabe [sung text not yet checked]

Je voudrais prendre mon essor, Fuir au pays du soleil d'or
 . . . . . . . . . .

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7. Dans un baiser, l'onde [sung text not yet checked]

Dans un baiser, l'onde au rivage
 Dit ses douleurs:
Pour consoler la fleur sauvage,
 L'aube a des pleurs;
Le vent du soir conte sa plainte
 Aux vieux cyprès,
La tourterelle au térébinthe
 Ses longs regrets.

Aux flots dormants, quand tout repose,
 Hors la douleur,
La lune parle, et dit la cause
 De sa pâleur. 
Ton dôme blanc, Sainte-Sophie,
 Parle au ciel bleu,
Et, tout rêveur, le ciel confie
 Son rêve à Dieu.

Arbre ou tombeau, colombe ou rose,
 Onde ou rocher,
Tout, ici-bas, a quelque chose
 Pour s'épancher... 
Moi, je suis seul, et rien au monde
 Ne me répond,
Rien que ta voix morne et profonde,
 Sombre Hellespont!

Authorship

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2016
  • ITA Italian (Italiano) (Ramona Gabriela Peter) , "Solo!", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission

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8. Le charme des adieux [sung text not yet checked]

Chaque adieu nous emporte un lambeau de notre âme :
-- Les plus durs ne sont pas ceux que mouillent des pleurs. --
Chaque adieu fait tomber un fil d'or de la trame
Que l'amour va brodant de fugitives fleurs. 

Et chaque adieu, pourtant, au fond du cœur nous laisse
Je ne sais quoi de doux d'un autre cœur venu,
Qui, par le souvenir d'une égale faiblesse,
Nous rend cher et charmant notre mal inconnu. 

Ce parfum qui d'un être à l'être ami s'échange, 
Je l'ai bu sur ta bouche et le garde en partant :
Car il fait vivre en moi, dans un divin mélange,
Le bonheur que je quitte et celui qui m'attend !

Authorship

Confirmed with Les ailes d'or: poésies nouvelles 1878-1880, G. Charpentier, Paris, 1880, pages 207-208.


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