Sept mélodies, recueil 1

by Jósef-Zygmunt Szulc (1875 - 1956)

1. Il est ... [sung text not yet checked]

Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme,
Où dans l'air énervé flotte du repentir,
Où sur la vague lente et lourde d'un soupir
Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Il est d'étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l'âme a des gaietés d'eaux vives dans les roches,
Où le coeur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l'esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître
Le coeur, vieux de mille ans, s'assied sur son butin,
Où le plus cher passé semble un décor déteint,
Où s'agite un minable et vague cabotin.
Il est de mornes jours las du poids de connaître,
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Où l'âme, au bout de la spirale descendue,
Pâle et sur l'infini terrible suspendue,
Sent le vent de l'abîme, et recule éperdue !
Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Et, ces nuits-là, je suis dans l'ombre comme un mort.

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2. L'alouette [sung text not yet checked]

  Dans le ciel éperdument bleu, 
  L'alouette monte éperdue, 
  Ivre d'azur, ivre de feu,
Ivre de la splendeur immense qu'elle a bue.

  Elle plane et d'un autre essor 
  S'enfuit plus haut dans l'air plus libre :
  C'est une étoile d'ombre et d'or
    Qui chante et vibre.

  C'est une étoile de frissons 
  Qui rentre au pays des lumières ;
  Elle monte et les horizons 
S'élargissent autour des plaines coutumières. 

  Vers l'inconnu, vers l'infini,
  Plus haut qu'hier, plus haut encore,
  Pour découvrir le point béni
    D'où nait l'aurore !

  Les champs, le fleuve et la forêt, 
  Tout se fond sous l'air qui s'embrase :
  Elle s'engouffre et disparaît 
Dans l'éblouissement du rêve et de l'extase.

Authorship:

Confirmed with Edmond Haraucourt, Seul, Paris, Bibliothèque-Charpentier, 1891, pages 57-58.


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3. L'âne 

Or, comme il cheminait en suivant son beau songe
 . . . . . . . . . .

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Authorship:

4. Une jeune fille parle [sung text not yet checked]

Les fenouils m’ont dit : Il t’aime si
Follement qu’il est à ta merci ;
Pour son revenir va t’apprêter.
— Les fenouils ne savent que flatter !
Dieu, ait pitié de mon âme !

Les pâquerettes m’ont dit : Pourquoi
Avoir remis ta foi dans sa foi.
Son cœur est tanné comme un soudard.
— Pâquerettes vous parlez trop tard !
Dieu, ait pitié de mon âme !

Les sauges m’ont dit : Ne l’attends pas,
Il s’est endormi dans d’autres bras.
— O sauges, tristes sauges, je veux
Vous tresser toutes dans mes cheveux.
Dieu, ait pitié de mon âme !

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  • ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission

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5. Tristesse de la lune [sung text not yet checked]

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse,
Avant de s'endormir, le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues [pâmoisons]1,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.

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Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 172-173. Note: this was number 75 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 65 or 67 in subsequent editions.

1 1857 edition uses the spelling variant "pamoisons"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

6. Heures d'été [sung text not yet checked]

Il pleut des pétales de fleurs,
La flamme se courbe au vent tiède,
De mes deux yeux je te possède
Et mes yeux ont besoin de pleurs.

Vieille argile, faite aux douleurs,
Quel goût de souffrir sans remède
Harcèle ainsi le cœur qui cède!
Il pleut des pétales de fleurs.

Les roses meurent chaque et toutes,
Je ne dis rien, et tu m'écoutes;
Sous tes immobiles cheveux.

L'amour est lourd, mon âme est lasse:
Quelle est donc, Chère, sur nous deux
Cette aile en silence qui passe?1

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1 Hadley repeats this line at the end: "Il pleut des pétales de fleurs."

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7. Sérénade [sung text not yet checked]

Comme la voix d'un mort qui chanterait
	Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
	Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
	De la mandoline :
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson
	Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx
	Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
	De tes cheveux sombres.

Comme la voix d'un mort qui chanterait
	Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
	Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
	Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
	Les nuits d'insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser
	De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
	— Mon Ange ! — ma Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son
	De ma mandoline :
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson
	Cruelle et câline.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Corinne Orde) , "Serenade", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Bergen Weeks Applegate) , "Serenade", appears in Poems Saturnine
  • GER German (Deutsch) ( Wolf von Kalckreuth, Graf) , "Serenade"

Confirmed with Paul Verlaine, Poëmes saturniens, Paris: Alphonse Lemerre, 1866, pages 93-95.


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