Six mélodies - 2ème recueil

by Charles Lefebvre (1843 - 1917)

Word count: 1290

1. Villanelle [sung text not yet checked]

Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux, nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet au bois;
Sous nos pieds égrénant les perles
Que l'on voit, au matin trembler,
Nous irons écouter les merles 
     Siffler.

Le printemps est venu, ma belle;
C'est le mois des amants béni;
Et l'oiseau, satinant son aile,
Dit [des]1 vers au rebord du nid.
[Oh !]2 viens donc sur [le]3 banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce: 
    «Toujours !»

Loin, bien loin égarant nos courses,
Faisons fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché ;
Puis chez nous tout [joyeux]4, tout aises,
En paniers, enlaçant nos doigts,
Revenons rapportant des fraises
    Des bois.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Villanelle"
  • ENG English [singable] (Shula Keller) , "Villanelle", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • FRI Frisian (Geart van der Meer) , "Villanelle", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Villanelle", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Contadinella", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 361.

1 Berlioz: "ses"
2 Viardot: "Ah ! "
3 Berlioz, Lavigne, Viardot: "ce"
4 Berlioz, Lavigne: "heureux"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]

2. Stances de Malherbe [sung text not yet checked]

L'Orne comme autre-fois nous reverroit encore
Ravis de ces pensers que le vulgaire ignore,
Esgarer à l'écart nos pas et nos discours ;
Et couchez sur les fleurs, comme estoiles semées,
Rendre en si doux ébat les heures consumées
  Que les soleils nous seroient cours.

Mais, ô loy rigoureuse à la race des hommes !
C'est un point arresté, que tout ce que nous sommes,
Yssus de peres roys et de peres bergers
La Parque également sous la tombe nous serre ;
Et les mieux établis au repos de la terre
  N'y sont qu'hostes et passagers.

Tout ce que la grandeur a de vains équipages,
D'habillements de pourpre et de suitte de pages,
Quand le terme est échu, n'alonge point nos jours ; 
Il faut aller tout nus où le destin commande ;
Et de toutes douleurs la douleur la plus grande,
  C'est qu'il faut laisser nos amours.

Amours qui, la plupart infidelles et feintes,
Font gloire de manquer à nos cendres éteintes,
Et qui, plus que l'honneur estimant les plaisirs,
Sous le masque trompeur de leurs visages blesmes
Acte digne du foudre, en nos obsèques mesmes
  Conçoivent de nouveaux désirs.

Elles sçavent assez alleguer Artemise,
Disputer du devoir et de la foy promise ;
Mais tout ce beau langage est de si peu d'efait
Qu'à peine en leur grand nombre une seule se treuve
De qui la foy survive, et qui face la preuve
  Que ta Carinice te fait.

Depuis que tu n'es plus, la campagne deserte
A dessous deux hyvers perdu sa robbe verte,
Et deux fois le printemps l'a repeinte de fleurs,
Sans que d'aucun discours sa douleur se console,
Et que ny la raison, ny le temps, qui s'envole,
  Puisse faire tarir ses pleurs.

Le silence des nuits, l'horreur des cimetieres,
De son contentement sont les seules matières ;
Tout ce qui plaît déplaist à son triste penser ; 
Et, si tous ses appas sont encore en sa face,
C'est que l'amour y loge, et que rien qu'elle face
  N'est capable de l'en chasser.

...............................................


Mais quoy ! c'est un chef-d'œuvre où tout merite abonde,
Un miracle du ciel, une perle du monde,
Un esprit adorable à tous autres esprits ;
Et nous sommes ingrats d'une telle aventure,
Si nous ne confessons que jamais la nature
  N'a rien fait de semblable prix.

J'ay veu maintes beautez à la Cour adorées,
Qui, des vœux des amants à l'envy desirées,
Aux plus audacieux ostaient la liberté :
Mais de les approcher d'une chose si rare,
C'est vouloir que la rose au pavot se compare,
  Et le nuage à la clarté.

Celle à qui dans mes vers, sous le nom de Nérée,
J'allois bastir un temple eternel en durée,
Si sa déloyauté ne l'avoit abattu,
Luy peut bien ressembler du front ou de la joüe :
Mais quoy ! puis qu'à ma honte il faut que je l'avoüe,
  Elle n'a rien de sa vertu.

L'ame de cette ingrate est un' ame de cire,
Matiere à toute forme, incapable d'élire, 
Changeant de passion aussi-tost que d'objet ;
Et de la vouloir vaincre avecque des services,
Après qu'on a tout fait, on trouve que ses vices
  Sont de l'essence du sujet.

Souvent de tes conseils la prudence fidelle
M'avoit solicité de me séparer d'elle,
Et de m'assujettir à de meilleures loix :
Mais l'aise de la voir avoit tant de puissance
Que cet ombrage faux m'ostoit la cognoissance
  Du vray bien où tu m'appellois.

Enfin, après quatre ans, une juste colère
........................................
Que le flus de ma peine a treuvé son reflus ;
Mes sens, qu'elle aveugloit, ont cognu leur offense,
Je les en ay purgez, et leur ay fait deffense
  De me la ramentevoir plus.

La femme est une mer aux naufrages fatale ;
Rien ne peut applanir son humeur inégale ;
Ses flames d'aujourd'huy seront glaces demain :
Et, s'il s'en rencontre une à qui cela n'avienne,
Fais compte, cher esprit, qu'elle a, comme la tienne,
  Quelque chose de plus qu'humain.

Authorship

Confirmed with Œuvres poétiques de Malherbe, ed. by Prosper Blanchemain, Paris, E. Flammarion, 1897, pages 98-101.


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3. La vigne en fleur [sung text not yet checked]

La fleur des vignes pousse
Et j'ai vingt ans ce soir...
Oh que la vie est douce !
C'est comme un vin qui mousse
En sortant du pressoir.

Je sens ma tête prise
D'ivresse et de langueur
Je cours, je bois la brise...
Est-ce l'air qui me grise,
Ou bien la vigne en fleur ?

Ah ! cette odeur éclose
Dans les vignes là bas...
Je voudrais et je n'ose,
Etreindre quelque chose
Ou quelqu'un dans mes bras !

Comme un chevreuil farouche
Je fuis sous les halliers ;
Dans l'herbe où je me couche
J'écrase sur ma bouche
Les fruits des framboisiers

Et ma lèvre charmée
Croit sentir un baiser,
Qu'à travers la [vannée]1,
Une bouche embaumée
Vient tendrement poser...

Ô désir, o mystère !
Ô vignes d'alentour
Fleurs du val solitaire,
Est-ce là sur la terre
Ce qu'on nomme l'amour !

Authorship

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1 Beaufre: "ramée"

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4. Sais-tu ce que le vent soupire ? [sung text not yet checked]

Sais-tu ce que le vent soupire ? Et veut dire
 . . . . . . . . . .

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5. Invocazione [sung text not yet checked]

O caro amabil Espero,
O luce aurea di Venere,
Sacra di notte immagine,
Seconda il mio desir.

Tu della luna argentea 
Sol cedi al chiaro splendere;
Ascolta, astro carissimo,
Ascolta, ascolta i miei sospir.

Oscurità sovrastane; 
Che già la luna pallida,
La luna ch’oggi nacquesi,
Vicina è a tramontar.

Sul mio cammino propizia
Spargi tua luce tacita;
Col mio pastor amabile
Io vado a conversar.

Al passeggier pacifico,
Che viaggia in notte placida,
Non tendo occulte insidie
Non a rubar io vo! 
Amo! Amo! Amo!

Amo, ed amor trasportami;
Vo pel mio ben sollecito,
Lo cerco, io vò ch’egli amimi, 
E pago allor sarò.

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6. Le voile [sung text not yet checked]

La sœur
 Qu'avez-vous, qu'avez-vous, mes frères ?
 Vous baissez des fronts soucieux.
 Comme des lampes funéraires,
 Vos regards brillent dans vos yeux.
 Vos ceintures sont déchirées.
 Déjà trois fois, hors de l'étui,
 Sous vos doigts, à demi tirées,
 Les lames des poignards ont lui.

Le frère ainé
 N'avez-vous pas levé votre voile aujourd'hui ?

La sœur
 Je revenais du bain, mes frères,
 Seigneurs, du bain je revenais,
 Cachée aux regards téméraires
 Des giaours et des albanais.
 En passant près de la mosquée
 Dans mon palanquin recouvert,
 L'air de midi m'a suffoquée :
 Mon voile un instant s'est ouvert.

Le second frère
 Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?

La sœur
 Oui... peut-être... mais son audace
 N'a point vu mes traits dévoilés...
 Mais vous vous parlez à voix basse,
 A voix basse vous vous parlez.
 Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,
 Mes frères, il n'a pu me voir.
 Grâce ! tuerez-vous une femme,
 Faible et nue en votre pouvoir ?

Le troisième frère
 Le soleil était rouge à son coucher ce soir.

La sœur
 Grâce ! qu'ai-je fait ? Grâce ! grâce !
 Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !
 Ah ! par vos genoux que j'embrasse...
 O mon voile ! ô mon voile blanc !
 Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
 Mes frères, soutenez mes pas !
 Car sur mes regards qui s'éteignent
 S'étend un voile de trépas.

Le quatrième frère
 C'en est un que du moins tu ne lèveras pas !

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