Mélodies

by Éric-Paul Steker (1898 - 1978)

1. Sonnet pour Hélène [sung text not yet checked]

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant,
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre, et fantaume sans os :
Par les ombres Myrtheux je prendray mon repos.
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour, et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Humbert Wolfe) , no title, first published 1934
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Pflücke die Rosen, so lange du kannst", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
See also Yeats' free adaptation, When you are old.

Huberti and Swithinbank use this version with (partially) modernized spelling:

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, [en]1 vous émerveillant:
Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle.

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de [Ronsard]2 ne s'aille réveillant,
Bénissant vôtre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre, et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour, et vôtre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'huy les roses de la vie.
1 Huberti: "et" [sic]
2 Swithinbank: "mon nom"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Confiance 

Rien dans l'infini mystère/ N'est vain
 . . . . . . . . . .

— The rest of this text is not
currently in the database but will be
added as soon as we obtain it. —

Authorship:

3. L'Agonie [sung text not yet checked]

Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j'entende un peu d'harmonie,
Et je mourrai bien.

La musique apaise, enchante et délie
Des choses d'en bas :
Bercez ma douleur ; je vous en supplie,
Ne lui parlez pas.

Je suis las des mots, je suis las d'entendre
Ce qui peut mentir ;
J'aime mieux les sons qu'au lieu de comprendre
Je n'ai qu'à sentir ;

Une mélodie où l'âme se plonge
Et qui, sans effort,
Me fera passer du délire au songe,
Du songe à la mort.

Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien.
Pour allégement un peu d'harmonie
Me fera grand bien.

Vous irez chercher ma pauvre nourrice
Qui mène un troupeau,
Et vous lui direz que c'est mon caprice,
Au bord du tombeau,

D'entendre chanter tout bas, de sa bouche,
Un air d'autrefois,
Simple et monotone, un doux air qui touche
Avec peu de voix.

Vous la trouverez : les gens des chaumières
Vivent très longtemps,
Et je suis d'un monde où l'on ne vit guères
Plusieurs fois vingt ans.

Vous nous laisserez tous les deux ensemble :
Nos coeurs s'uniront ;
Elle chantera d'un accent qui tremble,
La main sur mon front.

Lors elle sera peut-être la seule
Qui m'aime toujours,
Et je m'en irai dans son chant d'aïeule
Vers mes premiers jours,

Pour ne pas sentir, à ma dernière heure,
Que mon coeur se fend,
Pour ne plus penser, pour que l'homme meure
Comme est né l'enfant.

Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j'entende un peu d'harmonie,
Et je mourrai bien.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. L'Étranger [sung text not yet checked]

Je me dis bien souvent : de quelle race es-tu ?
Ton coeur ne trouve rien qui l'enchaîne ou ravisse,
Ta pensée et tes sens, rien qui les assouvisse :
Il semble qu'un bonheur infini te soit dû.

Pourtant, quel paradis as-tu jamais perdu ?
A quelle auguste cause as-tu rendu service ?
Pour ne voir ici-bas que laideur et que vice,
Quelle est ta beauté propre et ta propre vertu ?

A mes vagues regrets d'un ciel que j'imagine,
A mes dégoûts divins, il faut une origine :
Vainement je la cherche en mon coeur de limon ;

Et, moi-même étonné des douleurs que j'exprime,
J'écoute en moi pleurer un étranger sublime
Qui m'a toujours caché sa patrie et son nom.

Authorship:

See other settings of this text.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Mon âme à ton cœur s'est donnée [sung text not yet checked]

Mon âme à ton cœur s'est donnée.
Je n'existe qu'à ton côté;
Car une même destinée
Nous joint d'un lieu enchanté;

Toi, l'harmonie et moi la lyre,
Moi l'arbuste et toi le zéphyre,
Moi [la]1 lèvre et toi le sourire,
Moi l'amour et toi la beauté!

Tandis que l'heure
S'en va fuyant,
Mon chant qui pleure
Dans l'ombre effleure
Ton front riant!

Authorship:

See other settings of this text.

View original text (without footnotes)
1 Allitsen: "le"

Researcher for this text: Sharon Krebs [Guest Editor]

6. Homme, descends sur ta terrasse 

Homme, descends sur ta terrasse
 . . . . . . . . . .

— The rest of this text is not
currently in the database but will be
added as soon as we obtain it. —

Authorship:

First published in Les Marges, revue de littérature et d'art, Paris, Librairie Valois, 1914, volumes 14-15.


7. Viatique [sung text not yet checked]

Si vous voulez chanter,
il faut croire d'abord!
croire en Dieu qui créa le monde 
et l'harmonie qui d'un de ses rayons
allume son genie
et se revèle à lui 
dans le plus humble accord,
si vous voulez chanter,
il faut croire d'abord, 

si vous voulez combattre,
il faut croire d'abord, 
il faut que le lutteur affirme la justice, 
il faut pour le devoir qu'il s'offr' en sacrifice
et qu'il soit le plus pur 
s'il n'est pas le plus fort, 
si vous voulez combattre,
il faut croire d'abord, 

si vous voulez aimer,
il faut croire d'abord, 
croire d l'âme immortelle aux amours infinies
pour la terre et le ciel également bénies
croire au serment sacré
qui survit à la mort. 
Si vous voulez aimer
il faut croire d'abord.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Jordyn Elizabeth Beranek) , "Viatique", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: John Versmoren
Total word count: 691