Les Fleurs du Mal, six mélodies pour soprano et piano

by Nguyen Phuc Buu Phoi (b. 1945)

1. Le Guignon [sung text not yet checked]

Pour soulever un poids si lourd,
Sisyphe, il faudrait ton courage ;
Bien qu'on ait du cœur à l'ouvrage,
L'art est long et le temps est court.

Loin des sépultures célèbres,
Vers un cimetière isolé,
Mon cœur, comme un tambour voilé,
Va battant des marches funèbres.

Maint joyau dort enseveli
Dans les ténèbres et l'oubli,
Bien loin des pioches et des sondes ;

Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans [des]1 solitudes profondes.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

View original text (without footnotes)

Confirmed with first publication, Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, Spleen et Idéal, Paris: Bureau de la Revue des Deux Mondes, June 1, 1855, pages 1091-1092. Also confirmed with Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 34-35. Punctuation and capitalization follows 1855 edition.

1 1857 edition: "les"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. Spleen [sung text not yet checked]

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous [fait]1 un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide,
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet [d'horribles]2 araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout-à-coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrément.

-- Et [d'anciens]3 corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; [et,]4 l'Espoir
[Pleurant comme un vaincu, l'Angoisse]5 despotique
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

View original text (without footnotes)

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 144-145. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 176-177. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in Spleen et Idéal, pages 202-203. Punctuation and formatting follows 1857 edition. Note: this was number 62 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 78 or 80 in subsequent editions.

1 1861 and 1868 editions: "verse"
2 1861 and 1868 editions: "d'infâmes"
3 1861 and 1868 editions: "de longs"
4 omitted in 1861 and 1868 editions
5 1861 edition: "Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce,"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

3. La Mort des pauvres [sung text not yet checked]

C'est la Mort qui [console et la Mort]1 qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, [divin]2 élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir 

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

View original text (without footnotes)

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in La Mort, pages 245-246. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in La Mort, pages 297-298. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in La Mort, page 340. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 99 in 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 122 or 147 in subsequent editions.

1 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, Hirschberg, and E. Rautavaara: "console, hélas ! et"
2 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, and E. Rautavaara: "comme un"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

4. Sépulture [sung text not yet checked]

Si par une nuit lourde et sombre
Un bon chrétien, par charité,
Derrière quelque vieux décombre
Enterre votre corps vanté,

À l'heure où les chastes étoiles
Ferment leurs yeux appesantis,
L'araignée y fera ses toiles,
Et la vipère ses petits ;

Vous entendrez toute l'année
Sur votre tête condamnée
Les cris lamentables des loups

Et des sorcières faméliques,
Les ébats des vieillards lubriques
Et les complots des noirs filous.

Authorship:

See other settings of this text.

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 170-171. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 160-161. Note: this is number 74 in the first edition of Les Fleurs du mal but number 70 or 72 in subsequent editions.

Note: The poem's title is "Sépulture" in the 1857 and 1861 editions of Les Fleurs du mal, but appears as "Sépulture d'un poëte maudit" in the 1868 edition. "poëte" is a historical spelling and has been changed to "poète".


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

5. L'Albatros [sung text not yet checked]

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Albatros"
  • ENG English (David K. Smythe) , "The albatross", copyright © 2003, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "’Z albatrosz", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Az albatrosz", written 1918
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "L'albatro", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Albatros", Kraków, first published 1911
  • POR Portuguese (Português) (Delfim Guimarães) , "O albatroz"
  • ROM Romanian (Română) (Alexandru I. Philippide) , "Albatrosul"

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 11-12.

Note: modern French spelling would change "Poëte" (stanza 4, line 1) to "Poète"


Research team for this text: Ted Perry , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

6. Chanson d'après-midi [sung text not yet checked]

Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n'est pas celui d'un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t'adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l'énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d'un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon cœur
Ton œil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Haasz) , "Odpolední píseň", Prague, J. Otto, first published 1919
  • ENG English (Jonathan Harvey) , "Afternoon song", copyright ©

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 134-136. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in Spleen et Idéal, pages 176-177. Punctuation follows 1861 edition.

First published in L'Artiste on October 15, 1860. Also appears as number 58 in 1861 edition of Les Fleurs du mal and number 59 in subsequent editions of Les Fleurs du mal.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]
Total word count: 752