Vingt Mélodies

by Louis Diémer (1843 - 1919)

Word count: 3036

1. L'amour qui passe [sung text checked 1 time]

Subtitle: Sérénade

On n'est pas aimé tous les jours,
Fût-on la reine de Golconde !
Un véritable amant au monde
Est un oiseau rare toujours.

Or, regardez, un peu, de grâce
Qui, se cache sous ce manteau ?
Femme, voici l'amour qui passe,
Soulève un coin de ton rideau.

Cet inconnu tant dédaigné
Tu le reconnaîtras peut-être ;
Qui sait si ce n'est pas le maître
Que le hasard t'a destiné ?

L'instant donné fuit dans l'espace
L'heure a les ailes de l'oiseau.
Femme, voici l'amour qui passe,
Soulève un coin de ton rideau.

Dépèche-toi ! voici l'amour,
Au maître Dieu viens donc te rendre,
Prends ce cœur qu'il te laisse prendre,
De peur d'être prise à ton tour ;

Les jours s'en vont laissant leur trace
Sur ce front aujourd'hui si beau.
Femme, voici l'amour qui passe,
Soulève un coin de ton rideau.

Authorship

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2. Adieu la Marguerite ! [sung text checked 1 time]

Adieu la Marguerite ! 
Ah ! pauvre jardinier !
Notre fille nous quitte,
S'en va se marier.

Je veux, sur son passage1,
Pour orner le sentier,
Aller mettre au pillage
Mon jardin tout entier.

Adieu ! Adieu la Marguerite,
Oh ! gai ! Oh ! gai ! Oh ! gai !
En te voyant, petite,
Mon cœur était si gai !

Si sage et si gentille !
Il faudra vous ranger
Au côté de ma fille,
Vous fleurs de l'oranger

Et vous à peine écloses,
Vous dont elle est la sœur,
Je vous choisis mes roses
Pour ses filles d'honneur !

Adieu ! Adieu la Marguerite,
Oh ! gai ! Oh ! gai ! Oh ! gai !
En te voyant, petite,
Mon cœur était si gai !

Composez son cortège,
Ô mes fiers grenadiers !
Que chacun la protège
A travers les halliers,

Dans mon jardin aride,
Je garde le souci,
La maison sera vide,
Elle s'en va d'ici !

Adieu ! Adieu la Marguerite,
Oh ! gai ! Oh ! gai ! Oh ! gai !
En te voyant, petite,
Mon cœur était si gai !

Authorship

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1 the score has "pasage".

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3. Chanson pour Alceste [sung text checked 1 time]

J'étais venu pourvoir ma mie,
Elle est partie !
Tout sera vide jus qu'au jour
De son retour !
De son retour !
L'avez-vous vue ? où donc est-elle ?
Où donc est-elle ?
Sa voix fidèle
De loin répondait à ma voix
Toutes les fois !
J'espérais à cette fenêtre
La voir paraître
Et puis descendre tout à coup
[Jusqu'à]1 mon cou !
Mai j'ai trouvé la cour déserte,
La porte ouverte,
L'âtre éteint et dans la maison
Pas un tison !

J'ai parcouru, la joue en nage,
Tout son ménage ;
Je l'ai demandée au jardin,
Parmi le thyn,
Parmi le thyn ;
Parmi le thyn et la jonchée
Je l'ai cherchée...
Dans l'enclos fermé de buissons
Plus de chansons !
Plus de chansons !
J'ai crié son nom sur la route,
En vain j'écoute !
Je l'ai demandée au ramier,
Sou prisonnier...
Est-elle au bois ?
à la fontaine ?
J'en perds haleine !
Est-elle au village voisin,
Chez son cousin ?

Faut-il la suivre ou bien l'attendre ?
Je veux l'apprendre ...
Répondez-moi, mes bons amis,
Je suis soumis,
Je suis soumis.
Vous pleurez, les yeux vers la terre...
Pourquoi vous taire ?
Je prévoyais bien des malheurs,
Mais non vos pleurs !
Mais non vos pleurs.
Est-elle allée en l'autre monde ?
Qu'on me réponde !
Jusque là je l'irai quérir,
S'il faut mourir !
Vous m'indiquez du doigt l'église...
Mon cœur se brise !
J'y voudrais aller de ce pas :
Je ne peux pas !

Authorship

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1 note: the score has "Jus qu'a"

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4. La fauvette [sung text checked 1 time]

Dans les bois l'amoureux Myrtil
Avait pris Fauvette légère :
"Aimable oiseau, lui disait-il,
Je te destine à ma bergère.
Pour prix du don que j'aurai fait,
Que de baisers !... Si ma Lucette 
M'en donne deux pour un bouquet,
J'en aurai dix pour la Fauvette."

La Fauvette dans le vallon
A laissé son ami fidèle,
Et [fait tant]1 que de sa prison
Elle s'échappe à tire-d'aile.
"Ah ! dit le berger désolé,
Adieu les baisers de Lucette !
Tout mon bonheur s'est envolé
Sur les ailes de la Fauvette."

Myrtil retourne au bois voisin,
Pleurant la perte qu'il a faite ;
Soit par hasard, soit à [dessein]2,
Dans le bois se trouvait Lucette :
[Sensible]3 à ce gage de foi,
Elle sortit de sa retraite,
En lui disant: "[Console-toi]4,
Tu n'as perdu que la Fauvette!"

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Linda Godry) , "An old song", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Linda Godry) , "Ein altes Lied", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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1 Bizet, Diémer: "tant fait"
2 Bizet: "destin"
3 Bizet: "Et sensible"
4 Bizet: "Console-toi, console-toi, Myrtil, console-toi, ah !"

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5. À une étoile [sung text checked 1 time]

Étoile qui [descend]1 sur la verte colline,
Triste larme d'argent du manteau de la nuit,
Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,
Tandis que pas à pas son long troupeau le suit ; --
Étoile, où t'en vas-tu dans cette nuit immense?
Cherches-tu sur la rive un [lit]2 dans les roseaux?
Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,
Tomber comme une perle au sein profond des eaux?
Ah! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête
Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,
Avant de nous quitter, un seul instant arrête : --
[Étoile de l'amour,]3 ne descends pas des cieux !

Authorship

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1 Diémer and Puget: "descends"
2 Hahn: "nid"
3 Hahn: "Étoile, écoute-moi!"

Researcher for this text: Sylvain Labartette

6. Menuet [sung text checked 1 time]

Marquise, vous souvenez-vous
Du menuet que nous dansâmes?
Il était discret, noble et doux
Comme l'accord de nos deux âmes.

Aux bocages le chalumeau
A ces notes pures et lentes ;
C'était un air du grand Rameau,
Un vieil air des Indes galantes.

[Triomphante]1, vous surpreniez
Tous les coeurs et tous les hommages,
Dans votre robe à grands paniers,
Dans votre robe à grands ramages.

Vous leviez, de vos doigts gantés
Et selon la cadence douce,
Votre jupe des deux côtés
Prise entre l'index et le pouce.

Plus d'une belle, à Trianon,
Enviait, parmi vos émules,
Le [manège]2 exquis et mignon
De vos deux petits pieds à mules.

[Et]3, distraite par le bonheur
De leur causer cette souffrance,
A la reprise en la mineur,
Vous manquâtes la révérence.

Authorship

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1 Saint-Saëns: "Rayonnante"
2 Saint-Saëns: "travail"
3 Saint-Saëns: "Mais"

Researcher for this text: Ted Perry

7. Les ailes [sung text checked 1 time]

La fauvette a quitté le nid
Vainèment tu la rappelles,
Le couple s'est désuni ;
La fauvette a quitté le nid,
Les oiseaux ont	des ailes !
Les oiseaux ont des ailes !

La fauvette a quitté le nid
Pour des tendresses nouvelles,
Adieu, mois de mai béni,
La fauvette a quitté le nid,
Les amours ont des ailes !
Les amours ont des ailes !

Hélas ! les feuilles ont jauni,
On ne voit plus d'hirondelles,
C'est l'hiver, tout es fini ! 
Ah ! Vide est le cœur comme le nid,
Les serments ont des ailes !
Les serments ont des ailes !

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8. Les adieux à Suzon [sung text checked 1 time]

Adieu Suzon, ma rose blonde,
Qui [fut à moi]1 pendant huit jours;
Les plus [courts]2 plaisirs de ce monde
Souvent font les meilleurs amours.
Sais-je, au moment où je te quitte,
Où m'entraîne mon astre errant?
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours courant.

Je pars, et sur [ta lèvre ardente
Brûle encor mon]3 dernier baiser.
Entre mes bras, chère imprudente,
Ton beau front vient se reposer.
Sens-tu mon coeur, comme il palpite?
Le tien, comme il battait gaiement!
Je m'envais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours t'aimant.

[ ... ]

Que de tristesse, et que de charmes,
Tendre enfant, dans tes doux adieux!
Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes,
Lorsque ton coeur est dans tes yeux,
A vivre ton regard m'invite;
Il me consolerait mourant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en pleurant.

Que notre amour, si tu m'oublies,
Suzon, dure encore un moment;
Comme un bouquet de fleurs pâlies,
Cache-le dans ton sein charmant!
Adieu; le bonheur reste au gîte,
Le souvenir part avec moi:
Je l'emporterai, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours à toi!

Authorship

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First published in La Revue de Paris, May 1852.

1 Chabrier, Diémer, Massé: "m'as aimé" and Bizet: "m'a aimée"
2 Chabrier: "doux"
3 Diémer : "ma lèvre ardente / Brüle encor ton"

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9. Elle n'est plus ! [sung text checked 1 time]

Premiers rayons de la journée,
Soupirs, frissons, chastes émois,
Fraîches senteurs de matinée,
Gazouillements, chansons des bois,
Union sainte et spontanée
Des parfums, des cœurs et des voix,
Pourquoi m'inviter chaque fois,
A votre nouvel hyménée ?
Oubliez-moi, je ne suis plus
Du gai cortège des élus ;
Passez sans frapper à ma porte;
Laissez-moi dormir à jamais,
Puisque j'ai perdu qui j'aimais,
Puisque ma fiancée est morte !

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10. Sérénade espagnole [sung text checked 1 time]

Les oiseaux sont couchés et la ville sommeille,
Seule la lune au ciel a ses grands yeux ouverts,
Et s'il est à cette heure un seul chrétien qui veille,
C'est quelque amant caché sous les feuillages verts.

Donc, puisque tous les yeux sont clos, mignonne brune,
Venez, j'ai quelque chose à vous conter tout bas,
Vous n'avez qu'à braver le regard de la lune,
Mais la lune est discrète et ne le dira pas...
Venez causer tout bas.

Mais vous ne voulez pas, mignonne, qu'on vous aime
Et vous vous renfermez dans un mépris vainqueur,
Votre dédain pour moi doit donc être le même
Hélas ! que pour tous ceux dont vous brisez le cœur.

En vain sous ce balcon j'accorde ma guitare,
En vain je vous appelle, en vain je chante hélas !
Vous restez insensible, ô mignonne bizarre !
Et sourde à mes soupirs vous ne répondez pas,
Quand je pleure tout bas !

Dois-je en croire mes yeux ... ou bien n'est-ce qu'un rêve ?
Je la vois cependant et ne puis m'abuser :
Entr'ouvant le rideau léger qu'elle soulève,
La belle de la main m'envoie un long baiser.

La voici qui descend à travers la nuit brune,
Venez, j'ai quelque chose à vous conter tout bas,
Vous n'avez qu'à braver le regard de la lune,
Mais la lune est discrète et ne le dira pas...
Allons causer tout bas.

Authorship

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11. Pourquoi ? [sung text checked 1 time]

Quand vous me montrez une rose
Qui s'épanouit sous l'azur,
Pourquoi suis-je alors plus morose ?
Quand vous me montrez une rose,
C'est que je pense à son front pur.

Quand vous me montrez une étoile,
Pourquoi les pleurs, comme un brouillard,
Sur mes yeux jettent-ils leur voile ?
Quand vous me montrez une étoile,
C'est que je pense à son regard.

Quand vous me montrez l'hirondelle
Qui part jusqu'au prochain avril,
Pourquoi mon âme se meurt-elle ?
Quand vous me montrez l'hirondelle,
C'est que je pense à mon exil.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Emily Ezust) , "Why?", copyright © 2012

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12. Les trois oiseaux  [sung text checked 1 time]

J'ai dit au ramier : - Pars & va quand même,
Au delà des champs d'avoine & de foin,
Me chercher la fleur qui fera qu'on m'aime.
       Le ramier m'a dit : - C'est trop loin !
 
Et j'ai dit à l'aigle : - Aide-moi, j'y compte,
Et, si c'est le feu du ciel qu'il me faut,
Pour l'aller ravir prends ton vol & monte.
       Et l'aigle m'a dit : - C'est trop haut !
 
Et j'ai dit [enfin]1 au vautour : - Dévore
Ce coeur trop plein d'elle & prends-en ta part.
Laisse ce qui peut être intact encore.
       Le vautour m'a dit : - C'est trop tard !

Authorship

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1 Diémer : "alors"

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13. J'ai dit à mon âme... [sung text checked 1 time]

J'ai dit à mon âme éperdue :
Regarde l'étoile qui luit.
Son pâle rayon dans la nuit
Semble une larme répandue.

Et dans le sein tremblant des fleurs,
Vois perler les tièdes rosées,
On drait des larmes causées
Par d'impénétrables douleurs.

Ah ! qu'aux soupirs tes lèvres soient closes,
Il est d'autres inconsolés ;
Puisqu'à tes sanglots sont mêlés
Les pleurs des astres et des roses !

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14. À Ninon [sung text checked 1 time]

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

[ ... ]

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

[ ... ]

J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

Non, je n'étais pas [né]1 pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

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1 Milhaud: "fait"

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15. Essor! [sung text checked 1 time]

Viens, nos coursiers auront des ailes
Pour voler au delà des mers,
Plus légers que les étincelles,
Plus rapides que les éclairs.

Nul ne suivra notre trace,
Dans l'air, où nous serons perdus,
Je t'emporterai dans l'espace,
Plus loin que les mondes connus.

Cesse de trembler sous tes voiles,
Laisse tes bras aux miens unis,
Viens, nous franchirons les étoiles
Plus haut que les cieux infinis.

Et là, dans les sphères nouvelles,
Seuls, au fond de l'immensité,
Dureront nos amours fidèles,
Plus longtemps que l'éternité !

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16. Inquiètude [sung text checked 1 time]

Hélas ! lorsqu'aux bords des prairies,
Sous les baisers du zéphir,
Dans le sein des roses fleuries,
Le jour surprend un soupir ;

Mon cœur malgré lui solitaire,
Mon cœur, rebelle à soupirer
Devant l'ardeur de la terre,
Mon cœur ne sait plus vibrer.

Alors, au firmament de flamme,
Je dis, dans mon triste émoi :
Mon Dieu ! l'amour fuit mon âme,
Puisque rien ne palpite en moi !

Hélas ! lorsqu'au fond du bois sombre,
Dans le murmure du flot,
Dans la voix funèbre de l'ombre,
La nuit surprend un sanglot ;

Mon cœur malgré lui solitaire,
Mon cœur, rebelle à soupirer
Devant le deuil de la terre,
Mon cœur ne sait plus pleurer !

Alors aux étoiles de flamme,
Je dis, dans mon triste émoi,
Mon Dieu ! l'amour fuit mon âme,
Puisque rien ne palpite en moi !

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17. Pastorale [sung text checked 1 time]

Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, le papillon d'or.

Et nous choisirons les routes [tentantes]1,
Sous les saules gris et près des roseaux,
Pour mieux écouter les choses [chantantes]2 ;
Moi, le rythme, et toi, le chœur des oiseaux.

Suivant tous les deux les rives charmées,
Que le fleuve bat de ses flots [parleurs]3,
Nous vous trouverons, choses parfumées,
Moi, glanant des vers, toi cueillant des fleurs.

Et l'amour, [servant]4 notre fantaisie,
Fera, ce jour-là l'été plus charmant,
Je serai poète, et toi poésie;
Tu seras plus belle, et moi plus aimant.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Anonymous/Unidentified Artist) , "Ritournelle"
  • ENG English (Michael Berridge) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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1 Severac: "charmantes"
2 Pierné: "charmantes"
3 Severac: "jaseurs"
4 Severac: "suivant"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Stuart Price

18. Le cavalier [sung text checked 1 time]

Coursier dont la fougue m'emporte,
Toi qui connais si bien sa porte,
Devant celle dont le cœur ment
Passe quelquefois promptement.

Enfilant, si l'ingrate amie
À son rouet s'est endormie,
Ou vers nous ne regarde pas,
Ah ! Ralentis doucement le pas.

Mais si, comme un éclair rapide,
Rencontrani son regard perfide,
Mon triste cœur se troublait trop,
Reprends ton farouche galop ;

Et si, dans ma faiblesse extrême,
Lâchement par jure à moi-même,
Ah ! si de nouveau je l'aimais,
Pars pour ne revenir jamais !

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19. Mon cœur est épris d'un brûlant amour  [sung text checked 1 time]

Mon cœur est épris d'un brûlant amour,
J'en rêve la nuit, j'y rêve le jour,
Et pourtant je veux que personne au monde
Jamais ne le sonde !

D'un brûlant amour mon cœur est épris,
Mais ce cœur est fier, il craint le mépris,
Et ne vent jamais se révéler même
A celle qu'il aime !

Mon cœur est épris d'un amour brûlant,
Pourtant il n'a pas l'orgueil insolent
D'oser espérer que jamais sa dame
Réponde à sa flamme.

D'un brûlant amour est épris mon cœur,
Je ne saurais pas en être vainqueur,
Mais il ne fera jamais violence
À mon long silence.

Il faut qu'un des deux meure en ce duel,
Mais mon cœur est faible et l'amour cruel ;
S'il ne peut jamais briser mon courage,
Sans doute il prendra ma vie en retour d'un si grand outrage.

Mon cœur est épris d'un brûlant amour !

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20. Claudinette [sung text checked 1 time]

Le petite Claudinette
Pleure en poussant sa navette,
Pourquoi donc ?
C'est que tisser la laine
Pendant sept jours de semaine
C'est bien long !

Claudinette n'est pas franche ;
Elle pleure le dimanche,
Tout autant.
C'est que sa mère la gronde
Quand elle danse la ronde
En chantant.

Il n'est mère si méchante,
Qui ne permette qu'ou chante
A seize ans!
Peut-être que Claudinette
Veut pour garnir sa cornette
Des rubans ?

Non ! Hélas ! elle s'enferme
Et garde seule la ferme,
La maison.
Ah ! Qui donc la saura comprendre ?
On n'a pas le cœur si tendre
Sans raison.

Claudinette, ma chérie,
Regardez dans la prairie,
Tout là-bas.
Levez-vous de votre chaise,
Je vois arriver Nicaisse
A grands pas !

Vous n'avez plus l'air farouche
Et votre mignonne bouche
A souri,
Pour consoler Claudinette,
J'ai découvert la recette :
Un mari !

Authorship

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