Je vis - je meurs

Song Cycle by Konrad Boehmer (b. 1941)

Word count: 705

1. Scorpio [sung text not yet checked]

Non hauria Vlysse o qualunqu'altro mai
Piu accorto fù, da quel diuino aspetto
 Pien di grade, d'honor & di rispetto
 Sperato quai i sento assanni e guai.

Pur, Amor, co i begli ochi tu fatt'hai
 Tal piaga dentro al mio innocente petto,
 Di cibo & di calor gia tuo ricetto,
 Che rimedio non v'e si tu no'l dai.

Ô forte dura, che mi fa esser quale
 Punta d'un Scorpio, & domandar riparo
 Contr' el velen' d'all' istesso animale.

Chieggio li sol' ancida questa noia,
 Non estingua el desir à me si caro,
 Che mancar non potra ch' i non mi muoia.

Authorship

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Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 93.

Modernized spelling version:

Non havria Ulysse o qualunqu'altro mai
Piu accorto fù, da quel divino aspetto
Pien di gratie, d'honor et di rispetto
Sperato qual i sento affani e guai.

Pur, Amour, coi begli ochi tu fatt'hai
Tal piaga dentro al mio innocente petto,
Di cibo et di calor gia tuo ricetto,
Che rimedio non v'è si tu n'el dai.

O sorte dura, che mi fa esser quale
Punta d'un Scorpio, e domandar riparo,
Contr'el velen' dall'istesso animale.

Chieggio li sol' ancida questa noia,
Non estingua el desir à me si caro,
Che mancar non potra ch'i non mi muoia.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Guy Laffaille [Guest Editor]

2. Triste aventure [sung text not yet checked]

Predit me fut, que deuois fermement
 Vn iour aymer celui dont la figure
 Me fut descrite ; & sans autre peinture
 Le reconnu quand vy premierement :

Puis le voyant aymer fatalement,
 Pitié ie pris de sa triste auenture :
 Et tellement ie forcay ma nature.
 Qu'autant que lui aymay ardentement.

Qui n'ust pensé qu'en faueur deuoit croître
 Ce que le Ciel & destins firent naitre ?
 Mais quand ie voy si nubileus aprets,

Vents si cruels & tant horrible orage :
 Ie croy qu'estoient les infernaus arrets.
 Qui de si loin m'ourdissoient ce naufrage.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, pages 104-105.

Modernized spelling version:

Predit me fut, que devoit fermement
Un jour aymer celui dont la figure
Me fut descrite : et sans autre peinture
Le reconnu quand vy premierement :

Puis le voyant aymer fatalement,
Pitié je pris de sa triste aventure :
Et tellement je forçay ma nature,
Qu'autant que lui aymay ardentement.

Qui n'ust pensé qu'en faveur devoit croitre
Ce que le Ciel et destins firent naitre ?
Mais quand je voy si nubileus aprets,

Vents si cruels et tant horrible orage :
Je croy qu'estoient les infernaus arrets,
Qui de si loin m'ourdissoient ce naufrage.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Bien je mourrois [sung text not yet checked]

Oh si i'estois en ce beau sein rauie
 De celui là pour lequel vois mourant :
 Si auec lui viure le demeurant
 De mes cours iours ne m'empeschoit enuie :

Si m'acollant me disoit, chère Amie,
 Contentons nous l'un l'autre, s'asseurant
 Que ia tempeste, Euripe, ne Courant
 Ne nous pourra desioindre en notre vie :

Si de mes bras le tenant acollé,
 Comme du Lierre est l'arbre encercelé,
 La mort venait, de mon aise enuieuse :

Lors que souef plus il me baiseroit.
 Et mon esprit sur ses leures fuiroit.
 Bien ie mourrois, plus que viuante, heureuse.

Authorship

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Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 100.

Modernized form:

Oh ! si j'étais en ce beau sein ravie
De celui-là pour lequel vais mourant ;
Si avec lui vive le demeurant
De mes courts jours ne m'empêchait envie ;

Si m'accolant, me disait : Chère Amie,
Contentons-nous l'un l'autre, s'assurant
Que jà tempête, Euripe, ni courant
Ne nous pourra déjoindre en notre vie ;

Si, de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l'arbre encercelé,
La mort venait, de mon aise envieuse,

Lors que souef plus il me baiserait,
Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Martyre [sung text not yet checked]

Las ! que me sert, que si parfaitement
 Louas iadis & ma tresse dorée.
 Et de mes yeus la beauté comparee
 À deux Soleils, dont Amour finement

Tira les trets causez de ton tourment ?
 Ou estes vous, pleurs de peu de duree ?
 Et Mort par qui deuoit estre honorée
 Ta ferme amour & itéré serment ?

Donques c'estoit le but de ta malice
 De m'asseruir sous ombre de seruice ?
 Pardonne moy, Ami, à cette fois,

Estant outrée & de despit & d'ire :
 Mais ie m'assure, quelque part que tu sois,
 Qu'autant que moy tu soufres de martire.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 106.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Je fuis [sung text not yet checked]

Ie fuis la vile, & temples, & tous lieus,
 Esquels prenant plaisir à t'ouir pleindre,
 Tu peus, & non sans force, me contreindre
 De te donner ce qu'estimois le mieus.

Masques, tournois, ieus me sont ennuieus.
 Et rien sans toy de beau ne me puis peindre :
 Tant que tachant à ce desir esteindre,
 Et un nouuel obget faire à mes yeus.

Et des pensers amoureus me distraire,
 Des bois espais sui le plus solitaire :
 Mais i'aperçoy, ayant erré maint tour,

Que si ie veus de toy estre deliure.
 Il me conuient hors de moymesme viure,
 Ou fais encor que loin sois en seiour.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, pages 102-103.

Modernized spelling version:

Je fuis la vile, et temples, et tous lieus, 
Esquels prenant plaisir à t'ouir pleindre, 
Tu peus, et non sans force, me contreindre 
De te donner ce qu'estimois le mieus.

Masques, tournois, jeus me sont ennuieus,
Et rien sans toy de beau ne me puis peindre : 
Tant que tachant à ce desir esteindre, 
Et un nouvel objet faire à mes yeus,

Et des pensers amoureus me distraire, 
Des bois espais sui le plus solitaire : 
Mais j'aperçoy, ayant erré maint tour,

Que si je veus de toi estre delivre, 
Il me convient hors de moymesme vivre, 
Ou fais encor que loin sois en sejour.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Lute, compagnon [sung text not yet checked]

Lut, compagnon de ma calamité.
 De mes soupirs témoin irréprochable.
 De mes ennuis controlleur veritable.
 Tu as souuent auec moy lamenté :

Et tant le pleur piteus t'a molesté,
 Que commençant quelque son delectable,
 Tu le rendois tout soudein lamentable,
 Feignant le ton que plein auoit chanté.

Et si te veus efforcer au contraire.
 Tu te destens & si me contreins taire :
 Mais me voyant tendrement soupirer,

Donnant faueur à ma tant triste pleinte :
 En mes ennuis me plaire suis contreinte.
 Et d'un dous mal douce fin esperer.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, pages 99-100.


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7. Je vis - je meurs [sung text not yet checked]

Ie vis, ie meurs : ie me brule & me noye.
 I'ay chaut estreme en endurant froidure :
 La vie m'est & trop molle & trop dure,
 I'ay grans ennuis entremeslez de ioye :

Tout à un coup ie ris & ie larmoye,
 Et en plaisir maint grief tourment i'endure :
 Mon bien s'en va, & à iamais il dure :
 Tout en un coup ie seiche & ie verdoye.

Ainsi Amour inconstamment me meine :
 Et quand ie pense auoir plus de douleur,
 Sans y penser ie me treuue hors de peine.

Puis quand ie croy ma ioye estre certeine,
 Et estre au haut de mon desiré heur,
 Il me remet en mon premier malheur.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 97.

Modernized spelling version:

Je vis, je meurs : je me brule et me noye.
J'ay chaut estreme en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ay grans ennuis entremeslez de joye :

Tout à un coup je ris et je larmoye,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure :
Mon bien s'en va, et à jamais il dure :
Tout en un coup je seiche et je verdoye.

Ainsi Amour inconstamment me meine :
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me treuve hors de peine.

Puis quand je croy ma joye estre certeine,
Et estre au haut de mon desiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.



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