Neun Lieder nach Texten von Théophile Gautier

Song Cycle by Klaus Miehling

Word count: 892

1. L'hirondelle [sung text not yet checked]

Je suis une hirondelle et non une colombe ;
Ma nature me force à voltiger toujours.
Le nid où des ramiers s’abritent les amours,
S’il y fallait couver, serait bientôt ma tombe.

Pour quelques mois, j’habite un créneau qui surplombe
Et vole, quand l’automne a raccourci les jours,
Pour les blancs minarets quittant les noires tours,
Vers l’immuable azur d’où jamais pleur ne tombe.

Aucun ciel ne m’arrête, aucun lieu ne me tient,
Et dans tous les pays je demeure étrangère;
Mais partout de l’absent mon âme se souvient.

Mon amour est constant, si mon aile est légère,
Et, sans craindre l’oubli, la folle passagère
D’un bout du monde à l’autre au même cœur revient.

2. Les colombes [sung text not yet checked]

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches;
Comme un collier qui s'égrène, on les voit
S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches,
Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l'arbre où tous les soirs comme elles,
De blancs essaims de folles visions
Tombent des cieux, en palpitant des ailes,
Pour s'envoler dès les premiers rayons.

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Holubi"
  • ENG English (Michael P. Rosewall) , "The doves", copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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3. Tombée du jour  [sung text not yet checked]

Le jour tombait, une pâle nuée
Du haut du ciel laissait nonchalamment,
Dans l'eau du fleuve à peine remuée,
Tremper les plis de son blanc vêtement.

La nuit parut, la nuit morne et sereine,
Portant le deuil de son frère le jour,
Et chaque étoile à son trône de reine,
En habits d'or, s'en vint faire sa cour.

On entendait pleurer les tourterelles
Et les enfants rêver dans leurs berceaux ;
C'était dans l'air comme un frôlement d'ailes,
Comme le bruit d'invisibles oiseaux.

Le ciel parlait à voix basse à la terre ;
Comme au vieux temps, ils parlaient en hébreu,
Et répétaient un acte du mystère ;
Je n'y compris qu'un seul mot, c'était : Dieu.

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4. Au bord de la mer [sung text not yet checked]

La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l'air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté,
Mais l'éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer, pour te le rendre,
Lune, j'irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !

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5. J'ai laissé de mon sein de neige [sung text not yet checked]

J'ai laissé de mon sein de neige
Tomber un œillet rouge à l'eau,
Hélas ! comment le reprendrai-je,
Mouillé par l'onde du ruisseau ?
Voilà le courant qui l'entraîne !
Bel œillet aux vives couleurs,
Pourquoi tomber dans la fontaine ?
Pour t'arroser j'avais mes pleurs !

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6. Le trou du serpent [sung text not yet checked]

Au long des murs, quand le soleil y donne,
Pour réchauffer mon vieux sang engourdi,
Avec les chiens, auprès du lazarrone,
Je vais m’étendre à l’heure de midi.

Je reste là sans rêve et sans pensée,
Comme un prodigue à son dernier écu,
Devant ma vie, aux trois quarts dépensée,
Déjà vieillard et n’ayant pas vécu.

Je n’aime rien, parce que rien ne m’aime,
Mon âme usée abandonne mon corps,
Je porte en moi le tombeau de moi-même,
Et suis plus mort que ne sont bien des morts.

Quand le soleil s’est caché sous la nue,
Devers mon trou je me traîne en rampant,
Et jusqu’au fond de ma peine inconnue
Je me retire aussi froid qu’un serpent.

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7. L'esclave [sung text not yet checked]

Captive et peut-être oubliée,
Je songe à mes jeunes amours,
          À mes beaux jours,
Et par la fenêtre grillée
Je regarde l'oiseau joyeux
          Fendant les cieux.

Douce et pâle consolatrice,
Espérance, rayon d'en haut,
          Dans mon cachot
Fais-moi, sous ta clarté propice,
À ton miroir faux et charmant
          Voir mon amant !

Auprès de lui, belle Espérance,
Porte-moi sur tes ailes d'or,
          S'il m'aime encor,
Et, pour endormir ma souffrance,
Suspends mon âme sur son cœur
          Comme une fleur !

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  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

Note: written for the musician Charles de Boigne

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8. Niobé [sung text not yet checked]

Sur un quartier de roche, un fantôme de marbre,
Le menton dans la main et le coude au genou,
Les pieds pris dans le sol, ainsi que des pieds d’arbre,
Pleure éternellement sans relever le cou.

Quel chagrin pèse donc sur ta tête abattue ?
À quel puits de douleurs tes yeux puisent-ils l’eau ?
Et que souffres-tu donc dans ton cœur de statue,
Pour que ton sein sculpté soulève ton manteau ?

Tes larmes, en tombant du coin de ta paupière,
Goutte à goutte, sans cesse et sur le même endroit,
Ont fait dans l’épaisseur de ta cuisse de pierre
Un creux où le bouvreuil trempe son aile et boit.

Ô symbole muet de l’humaine misère,
Niobé sans enfants, mère des sept douleurs,
Assise sur l’Athos ou bien sur le Calvaire,
Quel fleuve d’Amérique est plus grand que tes pleurs ?

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9. Tristesse de l'odalisque [sung text not yet checked]

Dans un soupir l'onde au rivage 
Dit ses malheurs;
Pour consoler la fleur sauvage
L'aube a des pleurs.

Le vent du soir conte sa plainte
Aux vieux cyprès,
La tourterelle au terébinthe
Ses longs regrets,

Au flot dormant, quand tout repose
Hors la douleur,
La lune parle et dit la cause
De sa pâleur.

Ton dôme blanc, Saint Sophie,
Parle au ciel bleu,
Et tout pensif le ciel confie
Son rêve à Dieu!

Arbre ou tombeau, colombe ou rose,
Onde ou rocher,
Tout ici-bas a quelque chose
Pour s'épancher:

Moi! je n'ai rien qui me réponde,
Si je parlais -
La mer est là - verte et profonde,
Sous le palais.

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