Fünf Lieder nach Texten von Albert Samain

Song Cycle by Klaus Miehling

Word count: 560

1. Arpège [sung text not yet checked]

L'âme d'une flûte soupire
Au fond du parc mélodieux;
Limpide est l'ombre où l'on respire
Ton poème silencieux,

Nuit de langueur, nuit de mensonge,
Qui poses, d'un geste ondoyant,
Dans ta chevelure de songe
La lune, bijou d'Orient.

Sylva, Sylvie et Sylvanire,
Belles au regard bleu changeant,
(L'étoile aux fontaines se mire),
Allez par les sentiers d'argent,

Allez vite, l'heure est si brève,
Cueillir [au jardin des aveux]1,
Les coeurs qui se meurent du rêve
De mourir parmi vos cheveux...

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  • ENG English (Shawn Thuris) , "Arpeggio", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

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1 omitted by Jarnach.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Accompagnement [sung text not yet checked]

  Tremble argenté, tilleul, bouleau...
  La lune s'effeuille sur l'eau...

Comme de longs cheveux peignés au vent du soir,
L'odeur des nuits d'été parfume le lac noir ;
Le grand lac parfumé brille comme un miroir.

[La]1 rame tombe et se relève,
Ma barque glisse dans le rêve.
Ma barque glisse dans le ciel,
Sur le lac immatériel...

En cadence les yeux fermés,
Rame, ô mon cœur, ton indolence
A larges coups lents et pâmés.

Là-bas la lune écoute, accoudée au côteau,
Le silence qu'exhale en glissant le bateau...
Trois grands lys frais coupés meurent sur mon manteau.
Vers tes lèvres, ô Nuit voluptueuse et pâle,
Est-ce leur âme, est-ce mon âme qui s'exhale ?

Cheveux des nuits d'argent peignés aux longs roseaux.
Comme la lune sur les eaux,
Comme la rame sur les flots,
Mon âme s'effeuille en sanglots !

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  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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1 Fauré: "Ma"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Larmes [sung text not yet checked]

Larmes aux fleurs suspendues,
Larmes de sources perdues
Aux mousses des rochers creux ;

Larmes d'automne épandues,
Larmes de [cors]1 entendues
Dans les grands bois douloureux ;

Larmes des cloches latines,
Carmélites, Feuillantines...
Voix des beffrois en ferveur ;

Larmes, chansons argentines 
Dans les vasques florentines 
Au fond du jardin rêveur ;

Larmes des nuits étoilées, 
Larmes [de]2 flûtes voilées 
Au bleu du parc endormi ;

Larmes aux [longs]3 cils perlées,
Larmes d'amante coulées 
Jusqu'a l'âme de l'ami ;

[Gouttes]4 d'extase, éplorement délicieux,
Tombez des nuits ! Tombez des fleurs ! Tombez [des]5 yeux !

Et toi, mon cœur, sois le doux fleuve harmonieux, 
Qui, riche du trésor tari des urnes vides, 
Roule un grand rêve triste aux mers des soirs languides.

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  • ENG English (David K. Smythe) , "Tears of gold", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Elaine Marie Ortiz-Arandes) , "Tränen aus Gold", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

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1 Fauré: "cor"
2 Fauré: "des"
3 Fauré: "grands"
4 Fauré, Gassot: "Larmes"
5 Tournemire: "les"

Researcher for this text: David K. Smythe

4. Soir [sung text checked 1 time]

L'angélique échanson [des couchants violets]1
Penchant l'urne du rêve emplit l'or vieux des coupes.
Des blancheurs d'ailes vers le ciel volent par troupes
Le noir des jardins s'ouvre aux mystères seulets.

La nuit vient. Des pêcheurs chargés de lourds filets
Passent ; de jeunes voix vont s'éloignant, en groupes,
Et l'étang de saphyr, où dorment les chaloupes,
Met son manteau de lune et sort ses feux follets.

Tout le firmament brille à travers les ramures.
Des pétales mourants tombent des roses mûres :
La fleur triste des soirs divins vient de s'ouvrir...

Mon âme est un velours douloureux que tout froisse,
Et je sens en mon cœur lourd d'ineffable angoisse
[Je ne sais quoi]2 de doux, qui voudrait bien mourir...

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1 Sulzberger: "du couchant violet"
2 Sulzberger: "Quelque chose"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Malcolm Wren [Guest Editor]

5. Vents de la mer [sung text checked 1 time]

Vents de la mer!... Parfum des bois!... Souffles nocturnes!...
Petites fleurs dont la rosée emplit les urnes,
Grands arbres doucement par la brise agités,
Plaines, coteaux, vallons des nymphes habités,
Bonne terre et toi, nuit, dont la majesté veille,
Protégez à jamais cette enfant qui sommeille...
S’abandonnant peu à peu comme malgré lui.
Qu’elle ignore le mal par le mal expié:
Ayez pour elle, ayez un peu de ma pitié!
Et puisqu’il n’est ici nul regard que je blesse,
Puisque nul ne peut voir ma honte et ma faiblesse,
Ah! laissez-moi pleurer un peu comme un enfant.

Authorship

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]