6 mélodies

Song Cycle by Charles Gounod (1818 - 1893)

Word count: 927

1. Le premier jour de mai [sung text checked 1 time]

Laissons le lit et le sommeil,
  Cette journée :
Pour nous l'aurore au front vermeil
  Est déjà née.
Or' que le ciel est le plus gai,
En ce gracieux moi de mai,
  Aimons, Mignonne !
Contentons notre ardent désir :
En ce monde n'a du plaisir
  Qui ne s'en donne.

Viens, belle, viens te promener
  Dans ce bocage ;
Entends les oiseaux jargonner
  De leur ramage.
Mais écoute comme sur tous
Le rossignol est le plus doux,
  Sans qu'il se lasse.
Oublions tout deuil, tout ennui,
Pour nous réjouir comme lui:
  Le temps se passe.

[ ... ]
Laissons [ce regret et ce pleur]1 A la vieillesse, Jeunes, il faut cueillir [la fleur]2 De la jeunesse. Or' que le ciel est le plus gai, En ce gracieux mois de mai, Aimons, mignonne. Contentons notre ardent désir : En ce monde n'a du plaisir Qui ne s'en donne.

Authorship

See other settings of this text.

View original text (without footnotes)
1 Gounod: "les regrets et les pleurs"
2 Gounod: "les fleurs"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Ô ma belle rebelle! [sung text checked 2 times]

Ô ma belle rebelle !
Las ! que tu m'es cruelle,
Ou quand d'un doux souris,
Larron de mes esprits,
Ou quand d'une parole,
Mignardètement molle,
Ou quand d'un regard d'yeux
Fièrement gracieux,
Ou quand d'un petit geste,
Tout divin, tout céleste,
En amoureuse ardeur
Tu plonges tout mon cœur !

Ô ma belle rebelle !
Las ! que tu m'es cruelle,
Quand la cuisante ardeur
Qui me brûle le cœur
Fait que je te demande,
A sa brûlure grande,
Un rafraichissement
D'un baiser seulement.
Ô ! ma belle rebelle !
Las, que tu m'es cruelle,
Quand d'un petit baiser
Tu ne veux m'apaiser.

Me puisse-je un jour, dure !
Venger de ton injure ;
Mon petit maître amour
Te puisse outrer un jour,
Et pour moi langoureuse
Il te fasse amoureuse
Comme il m'a langoureux
De toi fait amoureux.
Alors, par ma vengeance
Tu auras connaissance
Quel mal fait du baiser
Un amant refuser.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Laura Prichard) , "O my beautiful rebel!", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Schöne Rebellin, ach", copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Bertram Kottmann

3. Aubade [sung text checked 1 time]

L'aube naît, et ta porte est close !
[Ma]1 belle, pourquoi sommeiller ?
À l'heure où s'éveille la rose
Ne vas-tu pas te réveiller ?

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Toute frappe à ta porte bénie.
L'aurore dit : Je suis le jour !
L'oiseau dit : Je suis l'harmonie !
Et [mon cœur]2 dit : Je suis l'amour!

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

[ ... ]

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

View original text (without footnotes)

Confirmed with Victor Hugo, Œuvres complètes, Volume 1, Bibliothèque de la Pléiade, Editions gallimard, 1964, page 876.

1 Donizetti: "Ô ma"
2 Gounod: "moi je"
3 Donizetti: "je"
4 The word "pour" appears here in many editions, and is used by Donizetti, Lalo, Godard, and perhaps others.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Malcolm Wren [Guest Editor]

4. Chant d'automne [sung text checked 1 time]

Oh! viens, la fleur déjà fanée
Meurt sous le regard du soleil,
Et de tristesse couronnée
La terre entre dans son sommeil.
Viens, rêvons aux choses passées;
Sous ces arbres qui vont finir,
Laissons s'effeuiller nos pensées
Au triste vent du souvenir!

Puis regardant notre vie
Joyeuse et bénie
Lorsque tout est triste à l'entour,
Si pleine d'amour,
À genoux sur la terre
Nous rendrons grâce à Dieu,
Et nous lui ferons voeu
D'une double prière.

Oh! viens, c'est à l'âme immortelle
De rêver sur ce qui n'est plus,
C'est à l'âme heureuse et fidèle
De pleurer les beaux jours perdus,
En foulant ces feuilles passées
Songeons qu'il en est ici-bas
De qui les âmes sont blessées
Et dont les yeux ne sèchent pas!

Puis regardant notre vie
Joyeuse et bénie
Lorsque tout est triste à l'entour,
Si pleine d'amour,
À genoux sur la terre
Nous rendrons grâce à Dieu,
Et nous lui ferons voeu
D'une double prière.

Authorship

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Song of Autumn", copyright © 1997, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Le lever [sung text checked 1 time]

[Assez dormir, ma belle]1,
Ta cavale Isabelle
Hennit sous tes balcons2,
Vois tes piqueurs alertes,
Et sur leurs manches vertes
Les pieds noirs des faucons2.

Vois écuyers et pages,
En galants équipages,
Sans rochet ni pourpoint,
Têtes chaperonnées,
Trainer les haquenées,
Leur arbalète au poing.

Vois bondir dans les herbes
Les lévriers superbes,
Les chiens trapus crier.
En chasse, et chasse heureuse!
Allons, [mon amoureuse]3,
Le pied dans l'étrier!

Et d'abord, sous la moire,
Avec ce bras d'ivoire
Enfermons ce beau sein,
Dort la forme divine,
Pour que l'oeil la devine,
Reste aux plis du coussin.

Oh! sur ton front qui penche,
J'aime à voir ta main blanche
Peigner les cheveux noirs;
Beaux cheveux qu'on rassemble
Les matins, et qu'ensemble
Nous défaisons les soirs!

Allons, mon intrépide,
Ta cavale rapide
Frappe du pied le sol2,
Et ton bouffon balance,
Comme un soldat sa lance,
Son joyeux parasol!2

Mets ton écharpe blonde
Sur ton épaule ronde,
Sur ton corsage d'or,
Et je vais, ma charmante,
T'emporter dans ta mante,
Comme un enfant qui dort!

Authorship

See other settings of this text.

View original text (without footnotes)
1 Schmitt: "Ah, assez dormir, la belle"
2 Schmitt inserts here "Allons, en chasse!"
3 Schmitt: "l'amoureuse"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Venise [sung text checked 1 time]

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

Ah! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

Sous la brise amoureuse
La Vanina rêveuse,
Dans son berceau flottant
Passe en chantant;

Tandis que pour la fête
Narcissa qui s'apprête,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Laissons la vieille horloge
Au palais du vieux doge
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Sur sa mer nonchalante,
Venise indolente
Ne compte ni ses jours
Ni ses amours.

Car Venise est si belle
Qu'une chaîne sur elle
Semble un collier jeté
Sur la beauté.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Venice", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (José Miguel Llata) , "Venecia", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]