Quelques émaux et camées

Song Cycle by Gaston Doin (1878 - 1962)

Word count: 738

1. Noël [sung text not yet checked]

Le ciel est noir, la terre est blanche.
Cloches, carillonnez gaîment!
Jésus est né; la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
 
Pas de courtines festonnées
Pour préserver l'enfant du froid;
Rien que les toiles d'araignées
Qui Pendent des poutres du toit.
 
Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l'échauffer dans sa crèche
L'âne et le bœuf soufflent dessus.
 
La neige au chaume pend ses franges,
Mais sur le toit s'ouvre le Ciel,
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers: "Noël! Noël!"

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  • ENG English (David Wyatt) (Emily Wyatt) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

First published in the journal "Le Papillon" (January 10, 1861) under the title "Le Jésus des Neiges"; later published in 1863 in Émaux et Camées under the title "Noël"


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Le spectre de la rose [sung text not yet checked]

Soulêve ta paupière close
Qu'effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d'une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir,
Et, parmi la fête étoilée,
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
[Toute la nuit]1 mon spectre rose
À ton chevet viendra danser :
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme,
Et j'arrive du du paradis.

Mon destin fut digne d'envie ;
[Pour avoir un trépas]2 si beau,
Plus d'un aurait donné sa vie,
[Car j'ai ta gorge pour]3 tombeau,
Et sur l'albâtre où je repose
Un poète, avec un baiser,
Écrivit : Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser.

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright ©
  • FRI Frisian [singable] (Geart van der Meer) , "De siele fan de roas", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Lo spettro della rosa", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 225.

1 Berlioz: "Toutes les nuits"
2 Berlioz: "Et pour avoir un sort"
3 Berlioz: "Car sur ton sein j'ai mon"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]

3. Méditation [sung text not yet checked]

  ...Ce monde où les meilleures choses
           Ont le pire destin.
               --MALHERBE.
 
Virginité du cœur, hélas ! si tôt ravie !
Songes riants, projets de bonheur et d'amour,
Fraîches illusions du matin de la vie,
Pourquoi ne pas durer jusqu'à la fin du jour ?

Pourquoi ?... Ne voit-on pas qu'à midi la rosée
De ses larmes d'argent n'enrichit plus les fleurs,
Que l'anémone frêle, au vent froid exposée,
Avant le soir n'a plus ses brillantes couleurs ?

Ne voit-on pas qu'une onde, à sa source limpide,
En passant par la fange y perd sa pureté ;
Que d'un ciel d'abord pur un nuage rapide
Bientôt ternit l'éclat et la sérénité ?

Le monde est fait ainsi : loi suprême et funeste !
Comme l'ombre d'un songe au bout de peu d'instants,
Ce qui charme s'en va, ce qui fait peine reste :
La rose vit une heure et le cyprès cent ans.

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4. La source [sung text not yet checked]

[Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l'eau prend sa course
Comme pour s'en aller bien loin.

Elle murmure :]1 « [Oh]2 ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

« Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : ‹ Ne m'oubliez pas ! ›
Les libellules de leurs queues
M'égratignent dans leurs ébats ;

« À ma coupe l'oiseau s'abreuve...
Qui sait ? après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

« Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
À l'Océan où tout finit. »

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d'avenir ;
Comme l'eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

Mais le berceau touche à la tombe,
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l'engloutit !

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First published in the journal L'Artiste, May 30, 1858.

1 omitted by Barraine.
2 Barraine: "Ah " ; further changes may exist not shown above.

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5. Lied [sung text not yet checked]

Au mois d'avril, la Terre est rose
Comme la jeunesse et l'amour ;
Pucelle encore, à peine elle ose
Payer le Printemps de retour.

Au mois de juin, déjà plus pâle
Et le cœur de désir troublé,
Avec l'Eté tout brun de hâle
Elle se cache dans le blé.

Au mois d'août, bacchante enivrée,
Elle offre à l'Automne son sein,
Et, roulant sur la peau tigrée,
Fait jaillir le sang du raisin.

En décembre, petite vieille,
Par les frimas poudrée à blanc,
Dans ses rêves elle réveille
L'Hiver auprès d'elle ronflant.

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6. Dernier vœu [sung text not yet checked]

Voilà longtemps que je vous aime :
-- L'aveu remonte à dix-huit ans ! --
Vous êtes rose, je suis blême ;
J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri ;
J'aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l'horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !

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