Sieben Chansons zu acht Stimmen nach Texten von Paul Verlaine

Song Cycle by Klaus Miehling

Word count: 699

1. Berceuse [sung text not yet checked]

Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !

Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
Ô la triste histoire !

Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Píseň"
  • ENG English (Corinne Orde) , "A long black sleep", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Egy álom", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

Originally titled Berceuse (Cellulairement, no. 8).


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Le ciel [sung text not yet checked]

Le ciel est, par-dessus le toit,
  Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
  Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
  Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
  Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
  Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
  Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
  Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
  De ta jeunesse ?

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "監禁", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Píseň"
  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2016
  • ENG English (Ernest Dowson) , no title, appears in Decorations, in After Paul Verlaine, no. 4
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Il cielo, lassù oltre il tetto", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (José Miguel Llata) , "Desde la prisión", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Ted Perry

3. Sur les eaux [sung text not yet checked]

                        Je ne sais pourquoi
                        Mon esprit amer
D'une aile inquiète et folle, vole sur la mer,
                        Tout ce qui m'est cher,
                        D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

            Mouette à l'essor mélancolique.
            Elle suit la vague, ma pensée,
            À tous les vents du ciel balancée
            Et biaisant quand la marée oblique,
            Mouette à l'essor mélancolique.

                        Ivre de soleil
                        Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
                        La brise d'été
                        Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.

            Parfois si tristement elle crie
            Qu'elle alarme au lointain le pilote
            Puis au gré du vent se livre et flotte
            Et plonge, et l'aile toute meurtrie
            Revole, et puis si tristement crie !

                        Je ne sais pourquoi
                        Mon esprit amer
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.
                        Tout ce qui m'est cher,
                        D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Authorship

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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Le son du cor [sung text not yet checked]

Le son du cor s'afflige vers les bois,
D'une douleur on veut croire orpheline
Qui vient mourir au bas de la colline,
Parmi la [bise]1 errant en courts abois.

L'âme du loup pleure dans cette voix,
Qui monte avec le soleil, qui décline
D'une agonie on veut croire câline,
Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plainte assoupie,
La neige tombe à longs traits de charpie
A travers le couchant sanguinolent,

Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone,
Où se dorlote un paysage lent.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Sonet"
  • ENG English (Peter Low) , "The sound of the horn is wailing near the woods", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Corinne Orde) , "The sound of the horn", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) ( Wolf von Kalckreuth, Graf)

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1 sometimes "brise" (breeze)

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. La tristesse [sung text not yet checked]

La tristesse, la langueur du corps humain
M’attendrissent, me fléchissent, m’apitoient.
Ah ! surtout quand des sommeils noirs le foudroient,
Quand les draps zèbrent la peau, foulent la main !
  
Et que mièvre dans la fièvre du demain,
Tiède encor du bain de sueur qui décroît,
Comme un oiseau qui grelotte sur un toit !
Et les pieds, toujours douloureux du chemin,
  
Et le sein, marqué d’un double coup de poing,
Et la bouche, une blessure rouge encor,
Et la chair frémissante, frêle décor,
  
Et les yeux, les pauvres yeux si beaux où point
La douleur de voir encore du fini !...
Triste corps ! Combien faible et combien puni !

Authorship

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6. Printemps [sung text not yet checked]

La bise se rue à travers
Les buissons tout noirs et tout verts,
Glaçant la neige éparpillée
Dans la campagne ensoleillée.
L’odeur est aigre près des bois,
L’horizon chante avec des voix,
Les coqs des clochers des villages
Luisent crûment sur les nuages.
C’est délicieux de marcher
À travers ce brouillard léger
Qu’un vent taquin parfois retrousse.
Ah ! fi de mon vieux feu qui tousse !
J’ai des fourmis plein les talons.
Debout, mon âme, vite, allons !
C’est le printemps sévère encore,
Mais qui par instant s’édulcore
D’un souffle tiède juste assez
Pour mieux sentir les froids passés
Et penser au Dieu de clémence...
Va, mon âme, à l’espoir immense !

Authorship

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7. La mer de Bournemouth [sung text not yet checked]

La mer est plus belle
Que les cathédrales,
Nourrice fidèle,
Berceuse de râles,
La mer qui prie
La Vierge Marie !

Elle a tous les dons
Terribles et doux.
J'entends ses pardons
Gronder ses courroux.
Cette immensité
N'a rien d'entêté.

O! si patiente,
Même quand méchante !
Un souffle ami hante
La vague, et nous chante :
« Vous sans espérance,
Mourez sans souffrance ! »

Et puis sous les cieux
Qui s'y rient plus clairs,
Elle a des airs bleus.
Roses, gris et verts...
Plus belle que tous,
Meilleure que nous !

Authorship

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  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2018
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Das Meer ist schöner", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]