Mélodies

by Gaston Carraud (1864 - 1920)

Word count: 401

1. Beau soir [sung text not yet checked]

Lorsque au soleil couchant les rivières sont roses,
Et qu'un tiède frisson court sur les champs de blé,
Un conseil d'être heureux semble sortir des choses
  Et monter vers le cœur troublé ;

Un conseil de goûter le charme d'être au monde,
Cependant qu'on est jeune et que le soir est beau,
Car nous nous en allons comme s'en va cette onde :
  Elle à la mer, -- nous au tombeau !

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Krásný večer", first published 1893
  • ENG English (Emily Ezust) , "Fair evening", copyright © 2016
  • GER German (Deutsch) (Michael Rapke) , "Schönen Abend", copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Sera incantevole", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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2. Chant de noces dans les bois [sung text not yet checked]

Pour les grands bois, ensemble
 . . . . . . . . . .

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3. Rosées [sung text not yet checked]

Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.

D'où viennent ces tremblantes gouttes ?
Il ne pleut pas, le temps est clair ;
C'est qu'avant de se former, toutes,
Elles étaient déjà dans l'air.

D'où viennent mes pleurs ? Toute flamme,
Ce soir, est douce au fond des cieux ;
C'est que je les avais dans l'âme
Avant de les sentir aux yeux.

On a dans l'âme une tendresse
Où tremblent toutes les douleurs,
Et c'est parfois une caresse
Qui trouble, et fait germer les pleurs.

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4. Le sommeil de Leïlah [sung text not yet checked]

Ni bruits d'aile, ni sons d'eau vive, ni murmures ;
La cendre du soleil nage sur l'herbe en fleur,
Et de son bec furtif le bengali siffleur
Boit, comme un sang doré, le jus des mangues mûres.

Dans le verger royal où rougissent les mûres,
Sous le ciel clair qui brûle et n'a plus de couleur,
Leïlah, languissante et rose de chaleur,
Clôt ses yeux aux longs cils à l'ombre des ramures.

Son front ceint de rubis presse son bras charmant ;
L'ambre de son pied nu colore doucement
Le treillis emperlé de l'étroite babouche.

Elle rit et sommeille et songe au bien-aimé,
Telle qu'un fruit de pourpre, ardent et parfumé, 
Qui rafraîchit le coeur en altérant la bouche.

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First published in the revue Le Boulevard, May 25, 1862 under the title "La sieste"; later modified.


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5. Soror dolorosa [sung text not yet checked]

Reste. N'allume pas la lampe. Que nos yeux
S'emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse 
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las autant l'un que l'autre. Les cieux 
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse. 
Voluptueusement berçons notre faiblesse 
Dans l'océan du soir morne et délicieux.

Lente extase, houleux sommeil exempt de songe, 
Le flux funèbre roule et déroule et prolonge 
Tes cheveux où mon front se pâme enseveli...

Ô calme soir, qui hais la vie et lui résistes, 
Quel long fleuve de paix léthargique et d'oubli 
Coule dans les cheveux profonds des brunes tristes.

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