12 morceaux de chant troisième série

by Benjamin Louis Paul Godard (1849 - 1895)

Word count: 1403

1. La sieste  [sung text not yet checked]

N'ouvrez pas encor les yeux,
  Ma belle dormeuse;
Le soleil est radieux,
  Et vous radieuse.
Écoutez, tout en dormant,
  Ce que je vous charité
Je chanterai doucement,
  Dormez, ma charmante!

Dormez dans votre beauté
  Bercez-vous d'un songe.
Mieux que la réalité
  Vaut un beau mensonge.
Quand vous vous réveillerez,
  Ma petite reine,
Nous irons où vous voudrez
  Que l'amour nous mène.

Nous prendrons, si vous voulez,
  Auprès de l'église
La route à travers les blés,
  Quand viendra la brise.
Ou bien les petits sentiers
  Autour du village,
Où saules et peupliers
  Bordent le rivage.

Si nous trouvons en chemin
  Une batelière,
Nous irons jusqu'au moulin
  Qui bat la rivière;
Nous nous arrêterons là.
  Plus tard, quand on passe,
On se souvient... Tout cela
  Dans le cœur se place.

Il est mille endroits fleuris,
  Ou gais, ou pleins d'ombre ;
Il est toujours, près Paris,
  Des jardins sans nombre.
Nous irons dîner, joyeux,
  Sous quelque tonnelle...
N'ouvrez pas encor les yeux,
  Dormez, ô ma belle !

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Confirmed with Auguste de Châtillon, Les poésies d'Auguste de Châtillon (3e éd. très augm.) / [préf. par Théophile Gautier], Paris, librairie du "Petit Journal", 1866, pages 38-39


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2. Marie [sung text not yet checked]

Ainsi, quand la fleur printanière,
Dans les bois va s'épanouir,
Au premier souffle du zéphir
Elle sourit avec mystère;
Et sa tige, fraîche et légère,
Sentant son calice s'ouvrir,
Jusque dans le sein de la terre,
Frémit de joie et de désir.
Ainsi, quand ma douce Marie
Entr'ouvre sa lévre chérie,
Et lève, en chantant, ses yeux bleus;
Dans l'harmonie et la lumière,
Son âme semble tout entière
Monter en tremblant vers les cieux.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Marie"

First published in Voyage où il vous plaira, 1843.


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3. Rondeau [sung text not yet checked]

Dans dix ans d'ici seulement,
Vous serez un peu moins cruelle.
C'est long, à parler franchement.
L'amour viendra probablement
Donner à l'horloge un coup d'aile.

Votre beauté nous ensorcelle,
Prenez-y garde cependant :
On apprend plus d'une nouvelle
En dix ans.

Quand ce temps viendra, d'un amant
Je serai le parfait modèle,
Trop bête pour être inconstant,
Et trop laid pour être infidèle.
Mais vous serez encor trop belle
Dans dix ans.

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4. L'attente [sung text not yet checked]

L'aurore a chassé les orages :
D'un voile de pourpre et d'azur
Elle pare un ciel sans nuages ;
L'onde roule un cristal plus pur.

Sur un gazon humide encore,
Aux premiers regards du soleil,
La rose, se hâtant d'éclore,
Ouvre un calice plus vermeil.

Un zéphir plus doux la caresse ;
Les oiseaux sont plus amoureux;
La vigne, avec plus de tendresse,
Embrasse l'ormeau de ses nœuds.

Dans ces retraites solitaires,
Tout s'embellit de mon espoir :
Frais gazons, beau ciel, onde claire,
Sauriez-vous qu'elle vient ce soir ?

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Confirmed with Casimir Delavigne, Poésies diverses, précédées d'un poème sur la vaccine, par M. Casimir Delavigne, Paris, Ladvocat, 1823, pages 41-42


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5. Jacotte [sung text checked 1 time]

Connaissez-vous Jacotte
S'en allant à la mer?
Sur son dos est sa hotte
Avec son croc de fer.

Son jupon sous sa hanche
S'arrête court,
Et l'on voit sa peau blanche
Lorsqu'elle court.

La rude jeune fille,
Pieds nus sur le rocher,
S'en va prendre l'étrille
Et le cardon pécher.

Déjà la mer s'élève;
La pêcheuse a regret,
Retourne vers la grève,
Le flot est indiscret.

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6. Le ménétrier [sung text checked 1 time]

Allons, ménétrier, rapelle
Les rudes accents de ta vieille;
Comme un arbitre souverain,
Majesté de tous les dimanches,
Du haut de ton trône de planches
Tu règles la joie et l'entrain.
Redis pour nous tes ritournelles;
Nos pères ne connaissent qu'elles;
Il n'est jamais de vieux refrain.

Ta loi vieille comme le monde
Nous enchaine dans une ronde
Et par le plaisir nous contraint
Tout cède à l'ardeur qu'elle inspire;
Au milieu des éclats de rire,
La volupté n'a plus de frein.
Combien de joyeuse défaites
S'achèvent au bruit de tes fêtes.
Il n'est jamais de vieux refrain.

Mais en tout, sage providence,
Ce que tu défais à la danse
Tu le répares au lutrin.
C'est le métier qui te convie
À chaque fête de la vie;
Et sans laisser prise au chagrin,
Tu vas de la noce au baptême
Toujours chantant le même thème.
Il n'est jamais de vieux refrain.

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7. Le portrait [sung text not yet checked]

Voici les traits de ton visage
Au temps que je n’ai pas connu.
Dans le passé tout est présage ;
Ce qu’il promet, il l’a tenu.

C’est bien toi, mais à peine éclose ;
Fleur de quinze ans, rose d’avril,
Bouton qui se métamorphose
A l’heure du premier péril !

Ton front rayonnant semble dire :
« Ne touchez pas à ma gaité ! »
Oh ! comme tu devais bien rire !
Mais j’aime mieux ta gravité.

Ardente et vive, tu t’élances
A la poursuite des plaisirs !
J’aurais aimé tes espérances :
Mais j’aime mieux nos souvenirs.

Alors, ta joue était plus ronde,
Plus fraîche en était la couleur,
Plus clair ce regard qui m’inonde :
Pourtant j’aime mieux ta pâleur.

Alors, dans ta jeune ignorance,
Ton cœur n’avait point palpité ;
J’aurais aimé ton innocence :
Mais j’aime mieux ta chasteté.

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8. Venise [sung text checked 1 time]

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

[ ... ]

5. La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

[ ... ]

10. Ah! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

11. Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

[ ... ]

13. Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

14. Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ? 

15. Laissons la vieille horloge
Au palais du vieux doge
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

16. Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

[ ... ]

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  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Venice", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission

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9. Dieu, qui sourit et qui donne [sung text checked 1 time]

Dieu qui sourit et qui donne 
Et qui vient vers qui l'attend,
Pourvu que vous soyez bonne,
Sera content.

Le monde où tout étincelle,
Mais où rien n'est enflammé,
Pourvu que vous soyez belle,
Sera charmé.

Mon coeur, dans l'ombre amoureuse
Où l'enivre deux beaux yeux,
Pourvu que tu sois heureuse,
Sera joyeux.

Authorship

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  • ENG English (Sergey Rybin) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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10. La belle saison d'amour [sung text not yet checked]

Voici venir le doux printemps,
Allons danser sur la coudrette;
La nature a marqué ce temps
Pour que le plaisir eut sa fête ! la, la !

Ah ! craignons de perdre un seul jour
De la belle saison d'amour ! d'amour ! la, la, la, la !

De l'eau qui court sur les cailloux,
L'agréable et tendre murmure
Le bruit se léger et si doux
Du zéphir et de la verdure; la, la, la !

Tout nous dit: craignez de perdre un jour
De la belle saison d'amour, d'amour !

Craignons de perdre un seul jour
De la belle saison d'amour
Craignons de perdre un seul jour
De la belle saison d'amour
Craignons de perdre un seul jour
De la belle saison d'amour

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11. Guitare [sung text not yet checked]

Comment, disaient-ils,
Avec nos nacelles,
Fuir les alguazils ?
-- Ramez, disaient-elles.

Comment, disaient-ils,
Oublier querelles,
Misère et périls ?
-- Dormez, disaient-elles.

Comment, disaient-ils,
Enchanter les belles
Sans philtres subtils ?
-- Aimez, disaient-elles.

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  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "“怎麼辦?” 他們問", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Faith J. Cormier) , "How then, asked he", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Faith J. Cormier) , "How, asked the men", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English [singable] (Anonymous/Unidentified Artist) , ""O how," murmured he"
  • GER German (Deutsch) [singable] ((Johann) Philipp Kaufmann)

Confirmed with Oeuvres de Victor Hugo: Les rayons et les ombres, Volume 4, Paris, V. A. Houssiaux, ed., Hébert et Cie, 1875, pages 325-326.


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12. Rappelle-toi [sung text not yet checked]

Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive
Ouvre au Soleil son palais enchanté ;
Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive
Passe en rêvant sous son voile argenté ;
A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite,
Aux doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite.
Écoute au fond des bois
Murmurer une voix :
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, lorsque les destinées
M'auront de toi pour jamais séparé,
Quand le chagrin, l'exil et les années
Auront flétri ce cœur désespéré ;
Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême !
L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime.
Tant que mon cœur battra,
Toujours il te dira:
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, quand sous la froide terre
Mon cœur brisé pour toujours dormira;
Rappelle-toi, quand la fleur solitaire
Sur mon tombeau doucement s'ouvrira.
[Je ne te verrai plus; mais]1 mon âme immortelle
Reviendra près de toi comme une sœur fidèle.
Écoute, dans la nuit,
Une voix qui gémit :
Rappelle-toi.

Authorship

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Note: the poem is preceded by the following words:

             (Vergiss mein nicht.)

Paroles faites sur la musique de Mozart.
1 Auteri-Manzocchi: "Tu ne verras plus, mais"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Johann Winkler