Chansons de jeunesse

Song Cycle by Camille Fournier (d. 1944)

Word count: 1110

1. Le bon gîte [sung text checked 1 time]

« Bonne vieille, que fais-tu là ?
Il fait assez chaud sans cela ;
Tu peux laisser tomber la flamme,
Ménage ton bois, pauvre femme,
Je suis séché, je n'ai plus froid. »
Mais elle qui ne veut m'entendre
Jette un fagot, range la cendre.
« Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi ! »

« Bonne vieille, je n'ai pas faim,
Garde ton jambon et ton vin.
J'ai mangé la soupe à l'étape.
Veux-tu bien m'ôter cette nappe,
C'est trop bon et trop beau pour moi. »
Mais elle qui n'en veux rien faire,
Taille mon pan, rmplit mon verre :
« Refais-toi, soldat, refais-toi ! »

« Bonne vieille, pour qui ces draps !
Par ma foi, tu n'y penses pas !
Et ton étable et cette paille,
Où l'on fait son lit à sa taille !
Je dormirai là comme un roi. »
Mais elle qui n'en veut démordre,
Place les draps, met tout en ordre.
« Couche-toi, soldat, couche-toi ! »

Le jour vient, le départ aussi.
« Allons, adieu, mais qu'est ceci ?
Mon sac est plus lourd que la veille.
Ah ! bonne hôtesse ! ah ! chère vieille,
Pourquoi tant me gâter, pourquoi ? »
Et la bonne vieille de dire,
Moitié larmes, moitié sourire :
« J'ai mon gars soldat comme toi ! »

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

2. Le plus doux chemin [sung text not yet checked]

A mes pas le plus doux chemin
Mène à la porte de ma belle,
Et, bien qu'elle me soit rebelle,
J'y veux encor passer demain.

Il est tout fleuri de jasmin
Au temps de la saison nouvelle,
Et, bien qu'elle me soit cruelle
J'y passe, des fleurs à la main.

Pour toucher son coeur inhumain
Je chante ma peine cruelle,
Et, bien qu'elle me soit rebelle,
C'est pour moi le plus doux chemin.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , no title, copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Faith J. Cormier) , "The sweetest pathway", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Noël [sung text not yet checked]

Subtitle: Cantique

Le ciel est noir, la terre est blanche.
Cloches, carillonnez gaîment!
Jésus est né; la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
 
Pas de courtines festonnées
Pour préserver l'enfant du froid;
Rien que les toiles d'araignées
Qui Pendent des poutres du toit.
 
Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l'échauffer dans sa crèche
L'âne et le bœuf soufflent dessus.
 
La neige au chaume pend ses franges,
Mais sur le toit s'ouvre le Ciel,
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers: "Noël! Noël!"

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) (Emily Wyatt) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

First published in the journal "Le Papillon" (January 10, 1861) under the title "Le Jésus des Neiges"; later published in 1863 in Émaux et Camées under the title "Noël"


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Les épis du pauvre [sung text checked 1 time]

Moissonneurs, sans plaindre vos peines,
Coupez le blé mûr dans les plaines,
Le blé, notre bien le plus cher,
Ce grain d'or, sous sa pale écorce,
C'est le germe de notre force,
C'est notre sang, c'est notre chair !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

5. Les tout petits dans le jardin [sung text checked 1 time]

Les tout petits dans le jardin
Chantent en se donnant la main
Une ronde joyeuse et folle,
Le bonheur se lit dans leurs yeux ;
Ils gambadent à qui mieux, mieux,
Et dans l'air leur chanson s'envole.

Ils ont des rêves merveilleux,
Tout parsemés de contes bleus,
Tout remplis de décors magiques,
Ou passent dans leurs yeux ravis
De resplendissants paradis,
Pleins d'aventures chimèriques.

Les tout petits dans le jardin
Chantent en se donnant la main
Une ronde joyeuse et folle,
Le bonheur se lit dans leurs yeux ;
Ils gambadent à qui mieux, mieux,
Et dans l'air leur chanson s'envole.

Chantez, tout petits, notre espoir,
Blonds garçons, filles à l'œil noir,
Votre ronde qui nous console.
De gémir, de souffrir aussi
Vous avez le temps, Dieu merci !
Riez de l'heure qui s'envole.

Les tout petits dans le jardin
Chantent en se donnant la main
Une ronde joyeuse et folle,
Le bonheur se lit dans leurs yeux ;
Ils gambadent à qui mieux, mieux,
Et dans l'air leur chanson s'envole.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

6. Si vous respiriez l'air pur des Espagnes [sung text checked 1 time]

Si vous respiriez l'air pur des Espagnes,
Cet air embaumé, qui rend amoureux,
Si vous habitiez ces chaudes campagnes,
Où l'on voit errer des couples heureux,
Où les amoureux rossent les alcades,
Où chaque Andalouse a des sérénades.
Oui, pour un regard j'irai Dieu sait où,
Et pour un baiser tu me renderais fou.

Sous votre fenêtre ouverte à nuit close
J'irais soupirer les vœux de mon cœur.
Toujours dédaigneuse, à ta lèvre rose
Se dessinerait un rire moqueur.
Et tu m'entendrais, malgré toi, te dire
Que je me tuerais pour un seul sourire.
Oui, pour un regard j'irai Dieu sait où,
Et pour un baiser tu me renderais fou.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

7. Prière de matelots [sung text checked 1 time]

La barque est petite et la mer immense,
La vague nous jette au ciel en courroux,
Le ciel nous renvoie au flot en démence:
Près du mât rompu prions à genoux!
 
De nous à la tombe il n'est qu'une planche:
Peut-être ce soir, dans un lit amer,
Sous un froid linceul, fait d'écume blanche,
Irons-nous dormir, veillés par l'éclair!
 
Fleur du paradis, sainte Notre-Dame,
Si bonne aux marins en péril de mort,
Apaise le vent, fais [taire]1 la lame,
Et pousse du doigt notre esquif au port.
 
Nous te donnerons, si tu nous délivres,
Une belle robe en papier d'argent,
Un cierge à festons pesant quatre livres,
Et, pour ton Jésus, un petit Saint-Jean.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "V bouři"
  • ENG English (Gregory Ristow) , copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "W Burzy. Modlitwa", Kraków, first published 1911

View original text (without footnotes)

First published April 1844 in the revue L'Artiste

1 Fournier: "tomber"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

8. Margot ma mignonne [sung text checked 1 time]

Margot, ma mignonne, entends-tu le vent,
Qui fait son fracas dans la cheminée ?
Voici qu'a fleuri la nouvelle année.
Margot, ma mignonne, entends-tu le vent,
Qui fait son tapage après comme avant ?

Margot, mon trésor, entends-tu le blé,
Qui tout doucement veut venir au monde ?
Voici qu'a fleuri le cœur de la blonde.
Margot, ma mignonne, entends-tu le vent,
Qui veut voir enfin le ciel étoilé ?

Margot, Margoton, entends-tu mon cœur,
Qui gronde et tempête et pleure et soupire ?
Voici qu'a fleuri l'idéal empire.
Margot, Margoton, entends-tu mon cœur,
Ce gars si terrible à qui tu fais peur.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

9. Nuit charmante [sung text checked 1 time]

Quand vous rêvez, ma belle,
Dans l'ombre sous les baisers du soir,
La brise sur son aile
Vous porte son plus joyeux bonsoir.
Mon cœur rempli d'ivresse
Ne cesse de palpiter pour vous.
Venez, venez, ma déesse,
Entendre ce refrain si doux.
Ecoute, ô ma divine,
La chanson des amours,
La chanson de la mandoline,
Qui nous dit: « Aimez-vous toujours ! »
Ecoute, ô ma divine,
Les printemps sont si courts !
Aimons, aimons pendant les beaux jours !
Amour et gaité nous suivront toujours.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

10. Il était une fois [sung text checked 1 time]

Il était une fois, ô gué,
Un cœur si neuf, ma mie,
Qu'il n'avait jamais navigué
Da la vie.

Le cœur craignait de chavirer,
Mais la mer se faisait si belle,
Qu'il ne sut pas lui résister !
Et vogue, vogue, ma nacelle !

Il était une fois, ô gué,
Un cœur si neuf, ma mie,
Qu'il n'avait jamais navigué
Da la vie.

Le cœur, essuyant son chagrin,
S'embarqua jeune d'espérance ;
Et seul Dieu sait ce qu'il advint
De ce pauvre cœur en partance.

Il était une fois, ô gué,
Un cœur si neuf, ma mie,
Qu'il n'avait jamais navigué
Da la vie.

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Johann Winkler