Six mélodies

by Daniel Fleuret (1869 - 1915)

Word count: 801

1. Romance de l'Exilée [sung text not yet checked]

Quand vous me montrez une rose
Qui s'épanouit sous l'azur,
Pourquoi suis-je alors plus morose ?
Quand vous me montrez une rose,
C'est que je pense à son front pur.

Quand vous me montrez une étoile,
Pourquoi les pleurs, comme un brouillard,
Sur mes yeux jettent-ils leur voile ?
Quand vous me montrez une étoile,
C'est que je pense à son regard.

Quand vous me montrez l'hirondelle
Qui part jusqu'au prochain avril,
Pourquoi mon âme se meurt-elle ?
Quand vous me montrez l'hirondelle,
C'est que je pense à mon exil.

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  • ENG English (Emily Ezust) , "Why?", copyright © 2012

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Pourquoi mon âme est rêveuse [sung text not yet checked]

Blanche sous sa robe blanche,
Blonde entre les blonds épis,
L'œil bleu comme la pervenche,
Le front pur comme les lis...
- Pourquoi mon âme est rêveuse,
Me demandez-vous encor ?
- Elle a glané, la glaneuse,
Mon cœur dans sa gerbe d'or!

Pieds nus sur la grève nue,
Pure auprès du pur ruisseau,
Des jardins d'amour venue,
Comme les zéphyrs, sur l'eau...
- Pourquoi mon âme est rêveuse,
Me demandez-vous encor?
- Elle a péché la pêcheuse,
Mon cœur dans son filet d'or! 

Rose dès l'aube rosée,
Fleur à sa fenêtre en fleur,
Hirondelle au toit posée,
Cigale au foyer conteur...
- Pourquoi mon âme est rêveuse, 
Me demandez-vous encor?
- Elle a filé, la fileuse,
Mon cœur dans sa trame d'or!

Authorship

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3. Ritournelle [sung text not yet checked]

Dans la plaine blonde et sous les allées,
Pour mieux faire accueil au doux messidor,
Nous irons chasser les choses ailées,
Moi, la strophe, et toi, le papillon d'or.

Et nous choisirons les routes [tentantes]1,
Sous les saules gris et près des roseaux,
Pour mieux écouter les choses [chantantes]2 ;
Moi, le rythme, et toi, le chœur des oiseaux.

Suivant tous les deux les rives charmées,
Que le fleuve bat de ses flots [parleurs]3,
Nous vous trouverons, choses parfumées,
Moi, glanant des vers, toi cueillant des fleurs.

Et l'amour, [servant]4 notre fantaisie,
Fera, ce jour-là l'été plus charmant,
Je serai poète, et toi poésie;
Tu seras plus belle, et moi plus aimant.

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  • ENG English [singable] (Anonymous/Unidentified Artist) , "Ritournelle"
  • ENG English (Michael Berridge) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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1 Severac: "charmantes"
2 Pierné: "charmantes"
3 Severac: "jaseurs"
4 Severac: "suivant"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Stuart Price

4. Coquetterie posthume [sung text not yet checked]

Quand je mourrai, que l'on me mette,
Avant que de clouer mon cercueil,
Un peu de rouge à la pommette,
Un peu de noir au bord de l'oeil.

Car je veux, dans ma bière close,
Comme le soir de son aveu,
Rester éternellement rose
Avec du khol sous mon œuil bleu.

Pas de suaire en toile fine ;
Mais drapez-moi dans les plis blancs
De ma robe de mousseline,
De ma robe à treize volants.

C'est ma parure préférée :
Je la portais quand je lui plus ;
Son premier regard l'a sacrée,
Et depuis je ne la mis plus.

Posez-moi sans jaune immortelle,
Sans coussin de larmes brodé.
Sur mon oreiller de dentelle
De ma chevelure inondé.

Cet oreiller, dans les nuits folle,
A vu dormir nos fronts unis,
Et sous le drap noir des gondoles
Compté nos baisers infinis.

Entre mes mains de cire pâle,
Que la prière réunit,
Tournez ce chapelet d'opale
Par le pape à Rome bènit.

Je l'égrènerai dans la couche
D'où nul encor ne s'est levé.
Sa bouche en a dit sur ma bouche
Chaque Pater et chaque Ave.

Quand je mourrai, que l'on ne mette,
Avant que de clouer mon cercueil.
Un peu de rouge à la pommette
Un peu de noir au bord de l'oeil.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Judith Kellock) , "Posthumous coqetry", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Ingrid Schmithüsen) , "Posthume Koketterie", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Judith Kellock

5. Harmonie du soir [sung text not yet checked]

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
-- Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige ;
-- Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ;
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Harmonie večera"
  • ENG English (Peter Low) , "Evening harmony", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Evening Harmony", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Esti harmónia", written 1920
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Harmonia wieczoru", Kraków, first published 1911
  • ROM Romanian (Română) (Alexandru I. Philippide) , "Armonie în amurg"
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "Armonía del atadecer", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 101-102. Note: this was number 43 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but 47 or 48 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

6. Le Matin [sung text not yet checked]

  Moriturus moriturae !

Le voile du matin sur les monts se déploie. 
Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ; 
Et déjà dans les cieux s'unit avec amour, 
Ainsi que la gloire à la joie, 
Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.

Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore ! -
Tu verras, si demain le cercueil me dévore, 
Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, 
Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore, 
Sur mon tombeau muet et noir !

Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie. 
L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité. 
Au matin de l'éternité 
On se réveille de la vie, 
Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité.

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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]