La Vie de Marie

Song Cycle by Paul Hindemith (1895 - 1963)

Original language: Das Marienleben

1. Geburt Mariä [sung text checked 1 time]
O was muß es die Engel gekostet haben,
nicht aufzusingen plötzlich, wie man aufweint,
da sie doch wußten: in dieser Nacht wird dem Knaben
die Mutter geboren, dem Einen, der bald erscheint.

Schwingend verschwiegen sie sich und zeigten die Richtung,
wo, allein, das Gehöft lag des Joachim,
ach, sie fühlten in sich und im Raum die reine Verdichtung,
aber es durfte keiner nieder zu ihm.

Denn die beiden waren schon so außer sich vor Getue.
Eine Nachbarin kam und klugte und wußte nicht wie,
und der Alte, vorsichtig, ging und verhielt das Gemuhe
einer dunkelen Kuh. Denn so war es noch nie.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "La naissance de Marie", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Nascita di Maria", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
1. La naissance de Marie
Oh, comme il a dû leur en coûter, aux anges,
de ne pas se mettre à chanter tout de suite, comme on sanglote,
dès lors qu'ils savaient : dans cette nuit allait naître
la mère de l'Enfant, l'Unique, qui devait bientôt se manifester.

Tout frémissants, ils faisaient silence, indiquant la direction
où se trouvait, isolée, la ferme de Joachim.
Ah, ils ressentaient le pur recueillement, en eux et tout autour,
mais aucun d'eux ne pouvait s'approcher.

Le couple cependant était dépassé devant la tâche à accomplir.
Une voisine est venue, bien embêtée, ne sachant trop quoi faire,
tandis que le vieux, perplexe, s'en est allé calmer 
une vache noire. Car il ne s'était encore rien passé de tel.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 12
Word count: 118

2. Die Darstellung Mariä im Tempel [sung text checked 1 time]
Um zu begreifen, wie sie damals war,
mußt du dich erst an eine Stelle rufen,
wo Säulen in dir wirken; wo du Stufen
nachfühlen kannst; wo Bogen voll Gefahr
den Abgrund eines Raumes überbrücken,
der in dir blieb, weil er aus solchen Stücken
getürmt war, daß du sie nicht mehr aus dir
ausheben kannst: du rissest dich denn ein.
Bist du so weit, ist alles in dir Stein,
Wand, Aufgang, Durchblick, Wölbung - so probier
den großen Vorhang, den du vor dir hast,
ein wenig wegzuzerrn mit beiden Händen:
da glänzt es von ganz hohen Gegenständen
und übertrifft dir Atem und Getast.
Hinauf, hinab, Palast steht auf Palast,
Geländer strömen breiter aus Geländern
und tauchen oben auf an solchen Rändern,
daß dich, wie du sie siehst, der Schwindel faßt.
Dabei macht ein Gewölk aus Räucherständern
die Nähe trüb; aber das Fernste zielt
in dich hinein mit seinen graden Strahlen -,
und wenn jetzt Schein aus klaren Flammenschalen
auf langsam nahenden Gewändern spielt:
wie hältst du's aus?

Sie aber kam und hob
den Blick, um diese alles anzuschauen.
(Ein Kind, ein kleines Mädchen zwischen Frauen.)
Dann stieg sie ruhig, voller Selbstvertrauen,
dem Aufwand zu, der sich verwöhnt verschob:
So sehr war alles, was die Menschen bauen,
schon überwogen von dem Lob

in ihrem Herzen. Von der Lust
sich hinzugeben an die innern Zeichen:
Die Eltern meinten, sie hinaufzureichen,
der Drohende mit der Juwelenbrust
empfing sie scheinbar: Doch sie ging durch alle,
klein wie sie war, aus jeder Hand hinaus
und in ihr Los, das, höher als die Halle,
schon fertig war, und schwerer als das Haus.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Knut W. Barde) , "The Presentation of Mary in the Temple", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "La présentation de Marie", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La presentazione di Maria al Tempio", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
2. La présentation de Marie
Pour bien saisir comment elle était alors,
il te faut d'abord te représenter un lieu
dont les colonnes te font impression ; où une arche dangereuse
enjambe les abimes de cet espace
encore vide en toi, mais qui s'est rempli
de moellons tels que tu ne peux les hisser
hors de toi : tu n'as pu en venir à bout.

Pour ce qui te concerne, tout en toi est pierre,
mur, pente, fenêtre, voussure --, essaye donc
de tirer un peu à deux mains
le grand rideau devant toi : 
alors vient de tout là-haut une clarté
à perdre le souffle et le toucher.
Dessus, dessous, palais sur palais,
balustres s'élargissant de plus en plus,
et se perdant là-haut pour former une balustrade pareille,
si bien que, quand tu vois cela, tu en es tout étourdi --

Puis un nuage qu'exhalent des encensoirs 
trouble tout alentour ; mais ce qui vient du plus loin
te pénètre de ses précieux rayons --,
et lorsque l'éclat des flammes claires 
se met à jouer sur les parures qui s'avancent lentement  :
comment le supporterais-tu ?

Mais elle, elle vint, et leva
les yeux pour contempler tout cela.
(Une enfant, une fillette au milieu des femmes).
Puis elle affronta tranquillement, vraiment sûre d'elle,
ce luxe, à ce moment hors de propos : 
ainsi en a-t-il été de tout ce que construisent les hommes,
déjà surpassé  par la louange
dans son coeur. Tous les signes intérieurs
de la joie qui se répand : 
les parents pensaient qu'elle serait transportée,
l'Intimidant à la poitrine constellée
l'accueillant, apparemment : mais elle passa outre,
toute petite, hors d'atteinte,
selon son destin, plus haut que les portiques,
et déjà accompli, plus grave que simplement quotidien.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 38
Word count: 285

3. Mariä Verkündigung [sung text checked 1 time]
Nicht daß ein Engel eintrat (das erkenn),
erschreckte sie. Sowenig andre, wenn
ein Sonnenstrahl oder der Mond bei Nacht
in ihrem Zimmer sich zu schaffen macht,
auffahren -, pflegte sie an der Gestalt,
in der ein Engel ging, sich zu entrüsten;
sie ahnte kaum, daß dieser Aufenthalt
mühsam für Engel ist. (O wenn wir wüßten,
wie rein sie war. Hat eine Hirschkuh nicht,
die, liegend, einmal sie im Wald eräugte,
sich so in sie versehn, daß sich in ihr,
ganz ohne Paarigen, das Einhorn zeugte,
das Tier aus Licht, das reine Tier.)
Nicht, daß er eintrat, aber daß er dicht,
der Engel, eines Jünglings Angesicht
so zu ihr neigte: daß sein Blick und der,
mit dem sie aufsah, so zusammenschlugen
als wäre draußen plötzlich alles leer
und, was Millionen schauten, trieben, trugen,
hineingedrängt in sie: nur sie und er;
Schaun und Geschautes, Aug und Augenweide
sonst nirgends als an dieser Stelle -: sieh,
dieses erschreckt. Und sie erschracken beide.

Dann sang der Engel seine Melodie.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Annonciation", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "L'annunciazione di Maria", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
3. Annonciation
Elle ne s'est pas effrayée de ce qu'un ange
soit entré (disons-le). Pas plus que d'autres
ne sursautent quand un rayon de soleil ou,
la nuit, un éclat de lune s'insinue dans leur chambre--,
ne s'est pas d'avantage indignée 
de la façon dont l'ange se déplaçait ; 
Elle n'imaginait guère à quel point c'est difficile
pour un ange, une affaire pareille. (Oh, si on avait su
comme Elle était pure. Il n'y avait pas la biche
qui un jour, couchée dans la forêt,  l'a regardée
et par son regard sur elle, et d'elle sur Elle,
de façon sans pareille a engendré la Licorne,
animal de lumière, animal de  pureté--.)
Ce n'est pas qu'il soit entré, mais que lui,
l'ange, ait penché tout près d'Elle son visage
d'adolescent ; que son regard à lui et celui
avec lequel Elle le regarda s'entrechoquèrent
comme si soudain le vide s'était fait alentours,
et que, ce que des millions d'êtres ont regardé,
entrepris, porté, s'était incarné en Elle : rien qu'Elle et lui ;
regardant et regardé, vision et ravissement, 
nulle part ailleurs que là --: hein ! c'est affolant.
Et affolés, ils le furent tous deux.

Et puis l'ange entonna son cantique.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 24
Word count: 199

4. Mariä Heimsuchung [sung text checked 1 time]
Noch erging sie's leicht im Anbeginne,
doch im Steigen manchmal ward sie schon
ihres wunderbares Leibes inne, -
und dann stand sie, atmend, auf den hohn

Judenbergen, Aber nicht das Land,
ihre Fülle war um sie gebreitet;
gehend fühlte sie: man überschreitet
nie die Größe, die sie jetzt empfand.

Und es drängte sie, die Hand zu legen
auf den andern Leib, der weiter war.
Und die Frauen schwankten sich entgegen
und berührten sich Gewand und Haar.

Jede, voll von ihrem Heiligtume,
schützte sich mit der Gevatterin.
Ach der Heiland in ihr war noch Blume,
doch den Täufer in dem Schooß der Muhme
riß die Freude schon zum Hüpfen hin.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Visitation", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Visitazione di Maria", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
4. Visitation
Au début, cela lui sembla facile à porter,
mais plusieurs fois déjà, dans la montée,
elle avait senti en elle le merveilleux fardeau,--
alors elle s'arrêta, pour souffler, sur les hauteurs

des monts de Judée. Ce n'était pas le paysage,
mais sa propre plénitude qui s'élargissait autour d'elle ;
elle sentait cela en marchant : impossible d'être
au-delà de cette immensité qu'elle sentait alors en elle.

Et elle avait grande hâte de poser la main
sur l'autre corps, plus alourdi que le sien.
Et les deux femmes tanguaient l'une vers l'autre,
se touchant les vêtements et les cheveux.

Chacune, tabernacle de son dépôt sacré,
cherchant la protection de sa commère.
Ah ! Le Sauveur en elle n'était encore que prime fleur,
cependant que, dans le sein de sa vieille cousine,
l'exultation faisait déjà tressaillir le Baptiste.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 17
Word count: 136

5. Argwohn Josephs [sung text checked 1 time]
Und der Engel sprach und gab sich Müh
an dem Mann, der seine Fäuste ballte:
Aber siehst du nicht an jeder Falte,
daß sie kühl ist wie die Gottesfrüh.

Doch der andre sah ihn finster an,
murmelnd nur: Was hat sie so verwandelt?
Doch da schrie der Engel: Zimmermann,
merkst du's noch nicht, daß der Herrgott handelt?

Weil du Bretter machst, in deinem Stolze,
willst du wirklich den zu Rede stelln,
der bescheiden aus dem gleichen Holze
Blätter treiben macht und Knospen schwelln?

Er begriff. Und wie er jetzt die Blicke,
recht erschrocken, zu dem Engel hob,
war der fort. Da schob er seine dicke
Mütze langsam ab. Dann sang er lob.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (John Glenn Paton) , "Joseph's suspicion", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Pierre Mathé) , "Joseph le soupçonneux", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Suspicion de Joseph", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Il dubbio di Giuseppe", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
5. Joseph le soupçonneux
Et l'ange se donna du mal
et parla à l'homme qui serrait les poings :
Mais ne vois‑tu pas à chacun de ses traits
qu'elle est fraîche comme le matin de Dieu ;

Pourtant l'autre le regarda d'un air sombre,
murmurant seulement : pourquoi a‑t‑elle tant changé ?
Alors l'ange s'écria : charpentier,
ne vois‑tu pas que c'est l'œuvre du Seigneur ?

Tandis que tu fais des planches, dans ton orgueil
veux‑tu vraiment lui demander des explications,
Lui qui simplement du même bois
Fait pousser des feuilles et jaillir des bourgeons ?

Il comprit,et comme maintenant, tout étonné
il levait les yeux vers l'ange,
celui-ci était déjà parti. Alors lentement
Il ôta son épais bonnet. Puis il chanta et rendit grâce.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2009 by Pierre Mathé, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2009-01-28
Line count: 16
Word count: 121

Translation © by Pierre Mathé
6. Verkündigung über den Hirten [sung text checked 1 time]
Seht auf, ihr Männer. Männer dort am Feuer,
die ihr den grenzenlosen Himmel kennt,
Sterndeuter, hierher! Seht, ich bin ein neuer
steigender Stern. Mein ganzes Wesen brennt
und strahlt so stark und ist so ungeheuer
voll Licht, daß mir das tiefe Firmament
nicht mehr genügt. Laßt meinen Glanz hinein
in euer Dasein: Oh, die dunklen Blicke,
die dunklen Herzen, nächtige Geschicke
die euch erfüllen. Hirten, wie allein
bin ich in euch. Auf einmal wird mir Raum.
Stauntet ihr nicht: der große Brotfruchtbaum
warf einen Schatten. Ja, das kam von mir.
Ihr Unerschrockenen, o wüßtet ihr,
wie jetzt auf eurem schauenden Gesichte
die Zukunft scheint. In diesem starken Lichte
wird viel geschehen. Euch vertrau ichs, denn
ihr seid verschwiegen; euch Gradgläubigen
redet hier alles. Glut und Regen spricht,
der Vögel Zug, der Wind und was ihr seid,
keins überwiegt und wächst zur Eitelkeit
sich mästend an. Ihr haltet nicht
die Dinge auf im Zwischenraum der Brust
um sie zu quälen. So wie seine Lust
durch einen Engel strömt, so treibt durch euch
das Irdische. Und wenn ein Dorngesträuch
aufflammte plötzlich, dürfte noch aus ihm
der Ewige euch rufen, Cherubim,
wenn sie geruhten neben eurer Herde
einherzuschreiten, wunderten euch nicht:
ihr stürztet euch auf euer Angesicht,
betetet an und nenntet dies die Erde.

Doch dieses war. Nun soll ein Neues sein,
von dem der Erdkreis ringender sich weitet.
Was ist ein Dörnicht uns: Gott fühlt sich ein
in einer Jungfrau Schooß. Ich bin der Schein
von ihrer Innigkeit, der euch geleitet.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Annonce faite aux bergers", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "L'annunciazione ai pastori", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
6. Annonce faite aux bergers
Eh, vous, hommes, regardez vers le haut,
hommes autour du feu, qui connaissez le ciel sans limites,
qui donnez sens aux étoiles, venez par là ! Regardez, 
je suis une nouvelle étoile qui monte. De tout mon être
je brûle et brille si fort, j'étincelle si formidablement
que le firmament sans fond ne me suffit plus. Que mon éclat
soit en vous ; oh, les regards sombres, 
les sentiments sombres, les noirs desseins
qui sont en vous ! Bergers, comme je suis seule
au milieu de vous. Tout à coup, l'espace devient mien.
Ne soyez pas surpris : le grand arbre porteur de pain 
a étendu son ombre. Oui, cela est arrivé par moi.
Soyez sans crainte, oh, si vous saviez, 
comme à présent, sur vos visages extasiés,
ce qui advient resplendit ! Au coeur de cette illumination,
il va s'en produire, des choses. Je me fie à vous, car
vous êtes taciturnes ; ici, vous déchiffrez tout,
humbles croyants. La fournaise et la pluie racontent,
le vol des oiseaux, le vent et ce que vous êtes vous-mêmes,
rien ne prévaut ni se pousse en vanité
bouffie. Vous ne retenez pas
les choses dans votre for intérieur
pour qu'elles vous tourmentent. Autant sa félicité
ruisselle d'un ange, autant votre affaire à vous,
c'est le terre à terre. Mais quand un buisson d'épineux
s'est enflammé d'un coup, c'est à travers lui
que l'Eternel vous a conviés ; les chérubins, 
s'ils ont bien voulu accompagner votre marche
près de vos troupeaux, vous ne vous en êtes pas étonnés :
vous êtes tombés tête la première
en prière, et c'est devenu quelque chose de terrestre.
C'est comme ça que  ça s'est passé. 

Maintenant, un renouveau doit advenir,
par quoi le monde entier va s'élargir, péniblement.
C'est cela, notre épineux : Dieu s'incarne
dans le sein d'une jeune fille. C'est moi qui vous ai guidés,
témoin de ce qui s'est passé  en vous.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 37
Word count: 319

7. Geburt Christi [sung text checked 1 time]
Hättest du der Einfalt nicht, wie sollte
dir geschehn, was jetzt die Nacht erhellt?
Sieh, der Gott, der über Völkern grollte,
macht sich mild und kommt in dir zur Welt.

Hast du dir ihn größer vorgestellt?

Was ist Größe? Quer durch alle Maße,
die er durchstreicht, geht sein grades Los.
Selbst ein Stern hat keine solche Straße.
Siehst du, diese Könige sind groß,

und sie schleppen dir vor deinen Schooß

Schätze, die sie für die größten halten,
und du staunst vielleicht bei dieser Gift -:
aber schau in deines Tuches Falten,
wie er jetzt schon alles übertrifft.

Aller Amber, den man weit verschifft,

jeder Goldschmuck und das Luftgewürze,
das sich trübend in die Sinne streut:
alles dieses war von rascher Kürze,
und am Ende hat man es bereut.

Aber (du wirst sehen): Er erfreut. 

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Naissance du Christ", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Nascita di Cristo", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
7. Naissance du Christ
Si tu n'avais  pas part à l'innocence, comment aurait pu
t'advenir ce qui pour lors illumine la nuit ? 
Vois, le Dieu qui  récriminait contre les nations,
s'adoucit et par toi vient au monde.

Te l'es-tu imaginé plus grand ?

Qu'est-ce que la grandeur ? A travers l'infinitude
qu'il parcourt, s'accomplit son propre plan.
Même une étoile n'a pas un tel destin.
Vois-tu, ces rois sont grands,

et ils déposent devant toi

des présents qu'ils estiment les plus grands pour toi,
et tu t'en étonnes peut-être--:
mais regarde dans les plis de ton voile,
comme Il est dès maintenant au-dessus de tout.

Tout l'ambre qu'on apporte de si loin,

cet or et cet encens
qui trouble les sens :
tout cela fut bien éphémère
et, pour finir, on en revient.

Mais (tu verras) : Lui, il apporte la joie.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 20
Word count: 139

8. Rast auf der Flucht in Ägypten [sung text checked 1 time]
Diese, die noch eben atemlos
flohen mitten aus dem Kindermorden:
o wie waren sie unmerklich groß
über ihrer Wanderschaft geworden.

Kaum noch daß im scheuen Rückwärtsschauen
ihres Schreckens Not zergangen war,
und schon brachten sie auf ihrem grauen
Maultier ganze Städte in Gefahr:

denn so wie sie, klein im großen Land,
- fast ein Nichts - den starken Tempeln nahten,
platzten alle Götzen wie verraten
und verloren völlig den Verstand.

Ist es denkbar, daß von ihrem Gange
alles so verzweifelt sich erbost?
und sie wurden vor sich selber bange,
nur das Kind war namenlos getrost.

Immerhin, sie mußten sich darüber
eine Weile setzen. Doch da ging -
sieh: der Baum, der still sie überhing,
wie ein Dienender zu ihnen über:

er verneigte sich. Derselbe Baum,
dessen Kränze toten Pharaonen
für das Ewige die Stirnen schonen,
neigte sich. Er fühlte neue Kronen
blühen. Und sie saßen wie im Traum.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Repos pendant la fuite en Egypte", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Sosta durante la fuga in Egitto", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
8. Repos pendant la fuite en Egypte
Ceux-là, encore hors d'haleine,
venaient de fuir le massacre des Innocents :
oh, quelle invisible grandeur leur était échue
au cours de leur périple.

A peine dissipée leur terrible angoisse,
par un craintif regard en arrière,
que déjà, sur leur mule grise,
ils représentaient un danger pour des villes entières ;

ainsi, dès que, tous petits --presque rien--
dans l'immense pays, ils approchaient des temples majestueux,
toutes les idoles, comme trahies, s'effondraient,
n'ayant plus aucun sens.

Peut-on croire que, sur leur passage,
tout s'est ainsi désespérément enflammé ?
alors qu'eux, ils avaient si peur pour eux.
Seul l'Enfant était indiciblement serein.

Ils durent tout de même s'assoir
un moment. Et voilà ce qu'il advint--
Voyez : l'arbre qui les abritait doucement
comme un serviteur au-dessus d'eux,

s'inclina. Cet arbre-là,
dont les couronnes paraient depuis toujours
les fronts des pharaons défunts,
il s'inclina. Il sentit de nouvelles couronnes
fleurir. Et ils s'assirent comme en rêve.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 25
Word count: 154

9. Von der Hochzeit zu Kana [sung text checked 1 time]
Konnte sie denn anders, als auf ihn
stolz sein, der ihr Schlichtestes verschönte?
War nicht selbst die hohe, großgewöhnte
Nacht wie außer sich, da er erschien?

Ging nicht auch, daß er sich einst verloren,
unerhört zu seiner Glorie aus?
Hatten nicht die Weisesten die Ohren
mit dem Mund vertauscht? Und war das Haus

nicht wie neu von seiner Stimme? Ach
sicher hatte sie zu hundert Malen
ihre Freude an ihm auszustrahlen
sich verwehrt. Sie ging ihm staunend nach.

Aber ja bei jenem Hochzeitsfeste,
als es unversehns an Wein gebrach, -
sah sie hin und bat um eine Geste
und begriff nicht, daß er widersprach.

Und dann tat er's. Sie verstand es später,
wie sie ihn in seinen Weg gedrängt:
denn jetzt war er wirklich Wundertäter,
und das ganze Opfer war verhängt,

unaufhaltsam. Ja, es stand geschrieben.
Aber war es damals schon bereit?
Sie: sie hatte es herbeigetrieben
in der Blindheit ihrer Eitelkeit.

An dem Tisch voll Früchten und Gemüsen
freute sie sich mit und sah nicht ein,
daß das Wasser ihrer Tränendrüsen
Blut geworden war mit diesem Wein.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Sur les noces de Cana", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Le nozze di Cana", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
9. Sur les noces de Cana
Mais pouvait-elle être autrement que fière de lui
qui était l'ornement de son extrême simplicité ?
La nuit elle-même, dans sa vertigineuse immensité,
ne s'était-elle pas comme ouverte lorsqu'il était apparu ?
 
Et n'allait-il pas de façon inouïe vers sa gloire
lors même qu'il allait à sa perte ?
Les plus avisés n'ont-ils pas échangé oreilles et
bouche ? Et la maison

n'a-t-elle pas été rénovée par sa voix ?  Ah
sûrement plus de cent fois, 
a-t-elle refréné sa joie devant son rayonnement.
Elle le suivait, éblouie.

Cependant, par imprévoyance,
durant cette noce le vin manqua,--
elle s'en aperçut et d'un geste elle le pria
et elle ne comprit pas qu'il s'en offusquât.

Et puis il le fit. Plus tard, elle réalisa
combien elle l'avait brusqué dans ses voies :
désormais il était sans conteste le faiseur de miracle
et tout le Sacrifice était engagé,

irrévocablement. Oui, c'était écrit.
Mais lui, était-il prêt à ce moment-là ? 
Elle : elle, l'avait  bousculé,
dans l'aveuglement de sa fierté.

A la table, couverte de légumes et de fruits,
elle se réjouit avec les autres et ne vit pas
que l'eau de ses larmes à elle
était devenue sang avec ce vin.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 28
Word count: 199

10. Vor der Passion [sung text checked 1 time]
O hast du dies gewollt, du hättest nicht
durch eines Weibes Leib entspringen dürfen:
Heilande muß man in den Bergen schürfen,
wo man das Harte aus dem Harten bricht.

Tut dirs nicht selber leid, dein liebes Tal
so zu verwüsten? Siehe meine Schwäche;
ich habe nichts als Milch- und Tränenbäche,
und du warst immer in der Überzahl.

Mit solchem Aufwand wardst du mir verheißen.
Was tratst du nicht gleich wild aus mir hinaus?
Wenn du nur Tiger brauchst, dich zu zerreißen,
warum erzog man mich im Frauenhaus,

ein weiches reines Kleid für dich zu weben,
darin nicht einmal die geringste Spur
von Naht dich drückt -: so war mein ganzes Leben,
und jetzt verkehrst du plötzlich die Natur.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Knut W. Barde) , "Before the Passion", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Avant la Passion", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Prima della passione", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
10. Avant la Passion
Tout ça, c'est toi qui l'as voulu, mais tu n'aurais pas dû
prendre vie dans le corps d'une femme : 
les sauveurs, il faut les chercher à la montagne,
là où de la dureté naît la dureté.

ça ne te fait pas mal de désoler ainsi
ta vallée chérie ? Vois comme je suis faible ;
je n'ai rien qui me soit doux--que des ruisseaux de larmes,
mais toi, tu as toujours été dans l'excès.

Tu m'as été annoncé si magnifiquement.
Où m'as-tu entraînée qui ne soit déchirement ?
Si tu as besoin de tigres pour te déchirer,
pourquoi m'a-t-on appris chez les femmes

à tisser pour toi un vêtement sans tâche et bien douillet
sans la plus petite couture qui puisse te gêner--:
ce fut ça, ma vie,
et voilà que d'un coup tu bouleverses l'ordre des choses.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 16
Word count: 139

Jetzt wird mein Elend voll, und namenlos
erfüllt es mich. Ich starre wie des Steins
Inneres starrt.
Hart wie ich bin, weiß ich nur Eins:
Du wurdest groß -
... und wurdest groß,
um als zu großer Schmerz
ganz über meines Herzens Fassung
hinauszustehn.
Jetzt liegst du quer durch meinen [Schooß,
jetzt kann]1 ich dich nicht mehr
gebären.

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Pieta", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Pietà", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Burghardt: "Schoß. / Jetzt kann"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
11. Pieta
Maintenant, ma détresse est à son comble, indicible,
et me submerge. Je suis  pétrifiée, comme est pétrifiée
la pierre.
Momifiée comme je le suis, je ne sais qu'une chose :
tu as grandi --
....et grandi
jusqu'à m'infliger la pire douleur,
bien au-delà de ce que mon coeur pouvait
supporter.
A  présent, te voilà tout en travers de mon sein,
mais à présent, je ne peux plus te 
donner vie.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 12
Word count: 69

12. Stillung Mariä mit dem Auferstandenen [sung text checked 1 time]
Was sie damals empfanden: ist es nicht
vor allen Geheimnissen süß
und immer noch irdisch:
da er, ein wenig blaß noch vom Grab,
erleichtert zu ihr trat:
an allen Stellen erstanden.
O zu ihr zuerst. Wie waren sie da
unaussprechlich in Heilung.
Ja sie heilten, das war's. Sie hatten nicht nötig,
sich stark zu berühren.
Er legte ihr eine Sekunde
kaum seine nächstens
ewige Hand an die frauliche Schulter.

Und sie begannen 
still wie die Bäume im Frühling,
unendlich zugleich,
diese Jahreszeit
ihres äußersten Umgangs.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Sérénité de Marie auprès du Ressuscité", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Consolazione di Maria con il Risorto", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
12. Sérénité de Marie auprès du Ressuscité
Ce qu'ils perçurent alors : 
n'est ce pas le plus doux des mystères
et cependant terrestre :
encore un peu pâle,
du tombeau il vint vers elle,
rayonnant :
debout pour l'éternité.
Oh, vers elle en premier. Ils se tenaient là
muets, comme convalescents.
Oui, ils guérissaient, c'est cela. Sans nul besoin,
de le toucher vraiment lui-même.
A peine une seconde il posa
sur l'épaule de la femme
sa main bientôt éternelle.
Alors ils commencèrent
dans la paix comme arbres au printemps,
ensemble,
l'éternelle saison
de leur formidable action commune.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 19
Word count: 90

13. Vom Tode Mariä I [sung text checked 1 time]
Derselbe große Engel, welcher einst
ihr der Gebärung Botschaft niederbrachte,
stand da, abwartend daß sie ihn beachte,
und sprach: Jetzt wird es Zeit, daß du erscheinst.
Und sie erschrak wie damals und erwies
sich wieder als die Magd, ihn tief bejahend.
Er aber strahlte und, unendlich nahend,
schwand er wie in ihr Angesicht - und hieß
die weithin ausgegangenen Bekehrer
zusammenkommen in das Haus am Hang,
das Haus des Abendmahls. Sie kamen schwerer
und traten bange ein: Da lag, entlang
die schmale Bettstatt, die in Untergang
und Auserwählung rätselhaft Getauchte,
ganz unversehrt, wie eine Ungebrauchte,
und achtete auf englischen Gesang.
Nun da sie alle hinter ihren Kerzen
abwarten sah, riß sie vom Übermaß
der Stimmen sich und schenkte noch von Herzen
die beiden Kleider fort, die sie besaß,
und hob ihr Antlitz auf zu dem und dem...
(O Ursprung namenloser Tränen-Bäche).

Sie aber legte sich in ihre Schwäche
und zog die Himmel an Jerusalem
so nah heran, daß ihre Seele nur,
austretend, sich ein wenig strecken mußte:
schon hob er sie, der alles von ihr wußte,
hinein in ihre göttliche Natur.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Knut W. Barde) , "From the Death of Mary", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Sur la mort de Marie I", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Morte di Maria I", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
13. Sur la mort de Marie I
Le même archange, celui qui naguère
lui annonça l'enfantement,
se tenait là, attendant qu'elle lui prêtât attention,
et il dit : c'est le moment que tu paraisses.
Alors, comme naguère, elle fut effrayée, puis à nouveau,
se proclama Servante, consentante, absolument.
Lui cependant rayonnait, et se rapprocha très près,
comme absorbé par son visage -- puis il pria
ceux qui avaient reçu mission e prêcher au loin
de se réunir dans la maison sur le versant,
la maison de la Cène. Ils arrivèrent, graves,
et entrèrent angoissés : elle reposait là,
sur sa couche étroite, dans le mystère
de sa transmutation prédestinée,
parfaitement intacte, comme toute neuve,
attentive au chant des anges.
Alors elle les vit tous, en attente derrière leurs cierges,
elle s'arracha à l'émerveillement
des voix, et leur fit présent de bon coeur
des deux vêtements qu'elle possédait,
fixant son visage sur l'un puis l'autre...
(O, source originelle de flots de larmes sans nom).

Elle gisait dans sa faiblesse
et tirait les cieux vers Jérusalem,
les rapprochant tant que son âme qui s'envolait
n'avait que peu à parcourir :
déjà l'élevait dans sa nature divine,
Celui qui d'elle connaissait tout.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 28
Word count: 191

14. Vom Tode Mariä II [sung text checked 1 time]
Wer hat bedacht, daß bis zu ihrem Kommen
der viele Himmel unvollständig war?
Der Auferstandne hatte Platz genommen,
doch neben ihm, durch vierundzwanzig Jahr,
war leer der Sitz. Und sie begannen schon
sich an die reine Lücke zu gewöhnen,
die wie verheilt war, denn mit seinem schönen
Hinüberscheinen füllte sie der Sohn.

So ging auch sie, die in die Himmel trat,
nicht auf ihn zu, so sehr es sie verlangte;
dort war kein Platz, nur Er war dort und prangte
mit einer Strahlung, die ihr wehe tat.
Doch da sie jetzt, die rührende Gestalt,
sich zu den neuen Seligen gesellte
und unauffällig, licht zu licht, sich stellte,
da brach aus ihrem Sein ein Hinterhalt
von solchem Glanz, daß der von ihr erhellte
Engel geblendet aufschrie: Wer ist die?
Ein Staunend war. Dann sahn sie alle, wie
Gott-Vater oben unsern Herrn verhielt,
so daß, von milder Dämmerung umspielt,
die leere Stelle wie ein wenig Leid
sich zeigte, eine Spur von Einsamkeit,
wie etwas, was er noch ertrug, ein Rest
irdischer Zeit, ein trockenes Gebrest -.
Man sah nach ihr; sie schaute ängstlich hin,
weit vorgeneigt, als fühlte sie: ich bin
sein längster Schmerz -: und stürzte plötzlich vor.
Die Engel aber nahmen sie zu sich
und stützten sie und sangen seliglich
und trugen sie das letzte Stück empor.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Knut W. Barde) , "From the Death of Mary", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Sur la mort de Marie II", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Morte di Maria II", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
14. Sur la mort de Marie II
Qui s'était avisé, jusqu'à ce qu'elle y entrât,
que le Ciel entier n'était pas tout à fait rempli ?
Le Ressuscité y avait pris place,
mais près de lui, depuis vingt-quatre ans,
il y avait un siège vide. Et déjà on commençait
à s'habituer à ce vide immatériel,
qui était comme cicatrisé, car 
le Fils le remplissait de sa magnificence.

Ainsi, lorsqu'elle entra au Ciel,
elle ne vint pas à Lui, si ardemment qu'elle l'eût désiré ;
il n'y avait pas de place, Lui  seul était là et rayonnait
avec une splendeur qui lui fut douloureuse.
Alors tout de suite, silhouette bouleversante,
elle se joignit aux nouveaux bienheureux
et, sans tapage, lumière de lumière, elle se tint là,
et de son être effacé émanait
une lueur telle,  que l'ange qu'elle illuminait,
aveuglé, s'écria : mais qui donc est-elle ?
Stupéfaction générale. Alors tous purent voir comment
Dieu le Père, là haut, en usa avec Notre Seigneur,
si bien que, dans la douceur d'un jeu d'ombres,
la place vide apparut, comme une douleur légère,
un reste de solitude,
comme quelque chose qu'Il aurait encore à subir, un vestige
du temps passé sur terre, une froide incongruité--.
On la regarda ; anxieusement, elle levait les yeux,
profondément penchée, comme si elle sentait : je suis 
sa douleur infinie-- : et soudain elle s'affaissa.
Alors, les anges, la soutenant, la menèrent à Lui,
la chantant bienheureuse, 
et lui firent franchir la dernière étape vers le plus haut.

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 31
Word count: 244

15. Vom Tode Mariä III [sung text checked 1 time]
Doch vor dem Apostel Thomas, der
kam, da es zu spät war, trat der schnelle
längst darauf gefaßte Engel her
und befahl an der Begräbnisstelle:

Dräng den Stein beiseite. Willst du wissen,
wo die ist, die dir das Herz bewegt:
Sieh: sie ward wie ein Lavendelkissen
eine Weile da hineingelegt,

daß die Erde künftig nach ihr rieche
in den Falten wie ein feines Tuch.
Alles Tote (fühlst du), alles Sieche
ist betäubt von ihrem Wohl-Geruch.

Schau den Leinwand: wo ist eine Bleiche,
wo er blendend wird und geht nicht ein?
Dieses Licht aus dieser reinen Leiche
war ihm klärender als Sonnenschein.

Staunst du nicht, wie sanft sie ihm entging?
Fast als wär sie's noch, nichts ist verschoben.
Doch die Himmel sind erschüttert oben:
Mann, knie hin und sieh mir nach und sing.

Authorship:

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Knut W. Barde) , "From the Death of Mary", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • FRE French (Français) (Stéphane Goldet) (Pierre de Rosamel) , "Sur la mort de Marie III", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Morte di Maria III", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
by Rainer Maria Rilke (1875 - 1926)
15. Sur la mort de Marie III
Alors, avant l'apôtre Thomas, qui arriva
quand c'était trop tard, l'ange, naguère impétueux,
mais cette fois sans hâte, fit son entrée ;
c'est lui qui, au Sépulcre, avait ordonné :

roulez la pierre. Veux-tu savoir
où elle est, celle qui bouleverse ton coeur : 
regarde : elle a reposé là un instant
comme un coussin de lavande, 

pour que la terre en soit à jamais imprégnée
dans tous ses replis comme une étoffe de choix.
Toute mort (sens-tu cela), toute infirmité
est anesthésiée par cette odeur suave.

Regarde ce tissu : où aurait-on pu le blanchir
pour le rendre si aveuglant sans qu'il rétrécisse ? 
La lumière émanant de ce corps
l'a rendu plus éclatant que l'éclat du soleil.

Tu ne demandes pas comme elle l'a quitté en douceur ?
C'est presque comme s'il était encore là. Rien n'est dérangé.
Mais les cieux, eux, sont ébranlés :
à genoux, homme, fais comme moi, chante !

Authorship:

  • Translation from German (Deutsch) to French (Français) copyright © 2013 by Stéphane Goldet and Pierre de Rosamel, (re)printed on this website with kind permission. To reprint and distribute this author's work for concert programs, CD booklets, etc., you may ask the copyright-holder(s) directly or ask us; we are authorized to grant permission on their behalf. Please provide the translator's name when contacting us.
    Contact: 

Based on:


This text was added to the website: 2013-04-10
Line count: 20
Word count: 155

Total word count: 2558